Gumplowicz, Rassenkampf, p. 194; trad., p
3. Saint-Simon, L'industrie, Œuvres, t. XVIII, p. 36. — Aug. Comte, Phil., t. IV, p. 444 : Dans l’enfance de la société, « les affections sociales demeurent circonscrites à une imperceptible fraction de l'humanité, hors de laquelle tout devient étranger et même ennemi; les diverses passions haineuses restent certainement, après les appétits physiques, le principal mobile habituel de l’existence humaine, »
«€ Quand ils ont acquis une certaine vigueur, les instincts collectifs, vengeance, haine de tribu, de race, de religion, deviennent à eux seuls des causes de guerre, » sans occasion spéciale. La haine porte en outre la fureur des combats aux extrêmes (épisodes des guerres de religion). On la retrouve aussi dans les campagnes où on se bat, sans avoir l’espoir de vaincre où après lavoir perdu, par désir de faire payer à l'ennemi son succès.
La soif de vengeance a ordinairement des effets analogues, parce que, comme dans le cas précédent, la guerre est impulsive et que le moyen s’y confond avec le but : le mal causé à l'ennemi. «L'esprit vindicatif, une fois incarné dans les cerveaux, finit ordinairement par s'affranchir de toute mesure; la vengeance cesse d’être une réparation calculée ‘, elle devient surtout un prétexte pour donner carrière à des appétits cruels, que d’incessantes relations ont fini par développer. On a ses ennemis héréditaires et 1l est beau de les détruire. La guerre revêt alors un caractère d’extermination qu’elle n’avait pas tout d’abord. L'opinion publique ceint d’une auréole la tête du vainqueur par cela seul qu'il a vaincu et indépendamment des motifs de la guerre. Alors une idée tout à fait étrangère aux ancêtres est née, celle de la gloire militaire... La peste et les pires fléaux n’ont pas été moins nuisibles ?. » Talion, haine, extermination, gloire, tout cela est mêlé dans la réalité.
La vengeance de l'individu ou de son groupe à l'égard de l’auteur du mal, même non responsable, ou sur un membre de son clan, est une sorte de choc en retour. Elle fut utile parce qu’elle fut un jour une condition de vie pour l’homme qui se débarrassait ainsi définitivement, après une première lésion, de celui qui aurait pu de nouveau le blesser, ou lui ôtait l’envie de recommencer ?. Cest pourquoi elle fut transmise à la descendance.
Acte spontané originairement, elle prit plus tard dans certaines sociétés un caractère d'obligation régulière, de devoir sacré, particulièrement en cas de mort et afin de plaire au parent
4. La réaction passionnelle de l'individu lésé, contre le mal souffert, a pour trait distinctif l’exagération, fille de la passion : la peine privée doit procurer un « plus » quelconque, un enrichissement, à la victime. (L. Hugueney, L’idée de peine privée, p. 22.)