Colonel Rousset, 1b., p
2, Ch. Renouvier, Philosophie analytique de l’histoire, &. IV, p. 726.
3. Foch, tb., p. 33 s. — Jomini, Gr. opér., t. III, p. 357. — Marselli, &b., t. Il, p. 28. Les molles guerres de l’ancien régime traînaient en longueur ; leur abréviation (Journ. sc. mil., 1882, I, p. 284) n’est pas contradictoire avec leur vitalité.
4. Reichenau, Einfluss der Kultur auf Krieg, p. 18 s, 48, Verschärfung der Friktio-
nen : la culture fournit des armes terribles, rend la concurrence plus dure, mais accroît aussi la tendance à la paix,
intérêt véritable à faire déclarer la guerre, tout le monde au contraire, une fois qu’elle est déclarée, a intérêt à obtenir la victoire, qui sans réaliser un gain positif, épargnera du moins une plus grande perte.
La violence ne trouve pas un aliment seulement dans la nature des problèmes, mais dans la façon de les envisager, dans les sentiments et les passions qui président à leur débat et à leursolution. Il y a, depuis plusieurs siècles, comme un retour à la spontanéité, en matière de guerre. La haine d’ailleurs n’est pas purement instinctive et se mêle d’intérêts relatifs à la puissance et à la prépondérance ! (Réforme, mercantilisme). Non seulement les désirs sont appréciés comme vitaux et exclusifs de ceux des voisins, mais, par une croyance erronée, on attribue à ces voisins des desseins encore plus malveillants qu’ils ne le sont en réalité.
La naissance des nations modernes et le développement de la conscience nationale ont coïncidé avec une renaissance de cette agressivité et de cette méfiance. Les peuples jeunes sont impulsifs comme des enfants. Leur constitution à été inséparable d’un puissant sentiment d’individualité qui en fut à la fois la cause et le résultat et qui aboutit facilement à l’égoïsme ?. Peut-être intervient-il ici une loi biologique, appliquée par Tarde à la sociologie en ces termes : € Le composé social, même le plus parfait, présente un type d'organisation en général plus bas que celui de ses éléments. » Le groupement serait inférieur à ses membres. Cette observation s'applique surtout à la foule, qui même formée de gens civilisés, serait toujours € une sauvage ou une faunesse, moins que cela, une bête impulsive et maniaque, jouet de ses instincts », ou encore, suivant le D' Fournial, un être non frontal, à peine occipital, ou plutôt spinal ». Ses gestes sont réflexes. Or la nation moderne tendrait, suivant Tarde *, à devenir une grande foule complexe. Les états psychologiques se fortifiant mutuellement par leur conformité, « ce qui
1. Von der Goltz, La Nation armée, p. 133 : la guerre de 1810 a été due à un « long et durable froissement » de cette espèce plus qu’à la candidature Hohenzollern.
2. La grandeur nationale est souvent inséparable de l’égoïsme national (Von der Goltz). — « La nation d'aujourd'hui est un être passionné, au cerveau duquel le moindre accident fait affluer le sang avec violence. Les guerres de notre temps sont terribles en comparaison de celles du passé. Une politique de fer et de sang a remplacé la diplomatie ancienne avec ses coquetteries et ses malices. On se contentait jadis de s’égratigner, aujourd’hui on se dévore le cœur. » (Ed. A. Freeman, Hist. gén. de l’Eur. par la géogr. pol., Préf. de E. Lavisse, p. Lxv.)
3. Essais, p. 66, 9 : Senatores boni viri, senatus autem mala bestia.