‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 302 sur 471 · Paulhan, J. de Maistre, p. 143; G. Cogordan, ib., p · texte numérisé non relu

Paulhan, J. de Maistre, p. 143; G. Cogordan, ib., p

attaché à la gloire militaire ».. Pourquoi les nations sont-elles demeurées respectivement dans l’état de nature, sans avoir fait jamais une seule tentative pour en sortir ? € Une loi occulte, el terrible, qui à besoin (?) du sang humain » sy opposait. Ce n’est pas sans raison que le nom du dieu des armées brille à toutes les pages de lEcriture sainte. € Jamais le Christianisme ne vous paraîtra plus sublime, plus digne de Dieu et plus fait pour homme, qu’à la guerre... »

« La guerre est donc divine en elle-même, puisque c’est une loi du monde... La guerre est divine dans la gloire mystérieuse qui l'environne, et dans l'attrait non moins inexplicable qui nous y porte. La guerre est divine dans la protection accordée aux grands capitaines, même aux plus hasardeux, qui sont rarement frappés dans les combats, et seulement lorsque leur renommée ne peut plus s’accroître et que leur mission est remplie. La guerre est divine par la manière dont elle se déclare. Les auteurs immédiats des guerres sont entraînés eux-mêmes par les circonstances... La guerre est divine dans ses conséquences d’un ordre surnaturel tant générales que particulières, dans ses résultats qui échappent absolument aux spéculations de la raison humaine : il y a des guerres qui avilissent les nations, et les avilissent pour des siècles; d’autres les exaltent.…. La guerre est divine par l’indéfinissable force qui en détermine les succès. Nulle autre part, la main divine ne se fait sentir plus vivement à l’homme : on dirait que c’est un département, passezmoi ce terme, dont la Providence s’est réservé la direction, et dans lequel elle ne laisse agir l’homme que d’une manière à peu près mécanique, puisque les succès y dépendent presque entièrement de ce qui dépend le moins de lui. Les batailles ne se gagnent ni ne se perdent physiquement : c’est l’opinion qui les perd et c’est l’opinion qui les gagne t. »

L’occupation est si noble, qu’elle ne peut qu’ennoblir ceux qui s’y livrent ou qui sont censés s’y livrer. J. de Maistre passe facilement de l’apothéose de la guerre à l’apothéose du soldat. «Le métier de la guerre, comme on pourrait le croire ou le craindre si l'expérience ne nous instruisait pas, ne tend nullement à dégrader, à rendre féroce ou dur, au moins celui qui lexerce : au contraire, il tend à le perfectionner .» C’est à Xéno-

1 Soirées de St-Pétersbourg, ou Entretiens sur le gouv. temporel de la Providence, Te entretien ; éd. 1842, Lyon, t. Il, p. 345, 2, 18-23 :0t. I, p. 273s. — Le vicomte Philibert d’Ussel, Essai sur l'esprit public dans l’histoire, lapprouve.

Page 1