PROUDHON
de la liberté humaine, mais seulement par rapport à la Providence ! (l’homme s’agite et Dieu le mène), et il a transformé ce déterminisme supérieur en un sombre fatalisme, qui ne juge pas, où plutôt qui approuve tout ce qui advient. Il suffirait d’être entrainé pour être excusé. Cela n’est ni exact ni désirable. L'homme peut échapper à l'impulsion animale et il y échappe ; il est bon qu’il le sache pour lutter contre elle, tandis que si on le persuade de l’inutilité de son effort, il s’abstiendra. — Comme Darwin, J. de Maiïstre à insisté sur l’universalité du mal et de la lutte ; comme lui, ilen fait sortir le bien et le progrès, c’està-dire la régénération, la rédemption ; mais il est moins optimiste en ce qu’il n’aperçoit pas le côté sympathie et amour de l'humanité.
Les idées de J. de Maistre ont été reprises et développées par Proudhon, avec le même mystère dans le fond, la même puissance de langage dans la forme, mais traitées à la façon de Hegel, dont la philosophie lui avait été révélée par Karl Marx : la dialectique, parfois même le sophisme ?, y ajoutent la contradiction à l’obscurité d’un esprit mystique. Proudhon part de l’apologie de la guerre pour aboutir à sa condamnation, après un long cireuit. Il semble perdre d’abord de vue son but, et se diriger en sens inverse, mais finalement il fait sortir la paix de la guerre, comme Hobbes arrive au droit par le non-droit et Hegel à l’Etre par le néant. L'originalité n’est d’ailleurs pas le seul mérite de Pauteur; il a un sens critique développé. que fait valoir l’éloquence des paroles *. Mais ses idées n’échappent pas à toute critique.
Il croit que la guerre est un phénomène particulier à homme, et il voit là une cause de grandeur pour la guerre et pour l'homme : @€ Les loups, les lions, pas plus que les moutons et