‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 305 sur 471 · Paulhan, tb., p. 121, 138. — Cogordan, tb., p · texte numérisé non relu

Paulhan, tb., p. 121, 138. — Cogordan, tb., p

9, 11 accommode la guerre, comme Esope, les langues (La g. el la paix, 1861, t. 11, p. 349) : bien et mal, grandeur et misère, progrès et recul. — Agathon de Potter, Qu'est-ce que la g. et la paix (Examen de l’ouvr. de Proudhon), 1862, p. 9-31 : logomachies, — Ce n’est pas une raison pour l'injurier. Le Prof. Ch. Richet (La paix et l’enseign., p. 148) le qualifie de : aliéné, dégénéré, pauvre égaré, déséquilibré, mattoïde, demi-fou; le livre est un insipide bavardage, et ies arguments, des paradoxes délirants. (Pourquoi ne pas qualifier de même les antinomies de Kant, la dialectique de Hegel et tout raisonnement par l'absurde ?) P. 160 : « Si les soldats seuls décidaient la guerre, nous n’aurions plus ce répugnant spectacle, qui soulève la nausée, de ces femmes de la moyenne bourgeoisie, qu’on sait être sans cervelle... et qui sont aussi lâches qu'elles sont sottes, rèvant la guerre parce qu'elles n’ont rien à risquer, espérant trouver là quelque aliment à (?) l’ennui que donne la bêtise. »

3. Ollivier, L'Empire libéral, t, V, p. 443 s. — Martens, La gq., p. 10.

les castors, ne se font entre eux la guerre : il y à longtemps qu’on a fait de cette remarque une satire de notre espèce. Gomment ne voit-on pas, au contraire, que là est le signe de notre grandeur ; que si, par impossible, la nature avait fait de Phomme un animal exclusivement industrieux et sociable et point guerrier, il serait tombé, dès le premier jour, au niveau des bêtes, dont l'association forme la seule destinée...(?) Vivant en communauté pure, humanité serait une étable. Saurait-on ce que valent l’homme, les peuples, les races, sans la guerre ? Serionsnous en progrès ? Aurions-nous seulement cette idée de valeur, transportée de la langue du guerrier dans celle du commerçant?.. Philanthropes, vous parlez d’abolir la guerre; prenez garde de dégrader le genre humain ‘. » Si elle avait été supprimée, Proudhon eût conclu, comme le firent les Canaques après l’arrivée des Français : € Nous ne sommes plus des hommes, nous ne nous battons plus ?. » — Son idéal, logiquement, est celui des cannibales. D'ailleurs ce titre à l’admiration des hommes, orgueilleux de ce qui leur est propre, ce prestige tiré du monopole qu'ils en auraient, la guerre ne le possède même pas : toutes les espèces animales se combattent, et plusieurs connaissent de véritables guerres, dont les mobiles, peu différents des nôtres, n’ont rien de mystérieux ni de divin : Qils ont des raeines biologiques fort simples, même grossières *. »

Athée, Proudhon croit cependant à un surnaturel qui le rend religieux. Sa métaphysique et son goût de Pabsolu lamènent au même point que Hegel et de Maistre. Soustraite à l’empire de notre volonté, la guerre est impénétrable à notre raison, comme une théophanie. « Chez tous les peuples, elle se présente à Porigine comme un fait divin. J'appelle divin tout ce qui dans la nature procède immédiatement de la puissance créatrice, et, dans l’homme, de la spontanéité de l'esprit ou de la conscience... » (p. 25,34). Elle est initiale, primordiale, elle a son foyer dans les profondeurs de la conscience. (est une catégorie de notre raison (p. #1). Sans elle, la paix ne se comprend pas.

Elle est essentielle à la vie, à la production même de l’homme et de la société, et contient un élément moral qui Pélève au dessus des luttes animales (p. 36). € Salut à la guerre! Cest

1. La q., t. 1, p. 39. — Letourneau, L’évol. pol., p. 504 : un chef de Peaux-Rouges

faisait remarquer que par là les chiens valent mieux que les hommes. — Supra, p. 34.

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