LA GUERRE, INSTRUMENT DE PROGRÈS : HEGEL, COUSIN 4G
incomber qu’une fois. € Contre le droit absolu, qui est le sien, d’être le représentant du degré présent de développement de l'esprit-du-monde, les esprits des autres nations n’ont aucun droit et ils ne comptent plus dans l’histoire, car leur temps est passé. » Les quatre puissances qui, selon cette loi, se sont successivement partagé l’empire historique du monde, sont: lorientale, la grecque, la romaine, la germanique !. — Si cette dernière phrase nous rappèlle quelques réalités positives. d’ailleurs contestables, la première partie de l'exposé nous échappe. Le philosophe jongle avec des fictions dont Pobscurité n’est pas de nature à convaincre. Lui-même confessait un jour, à un disciple qui prétendait pouvoir suivre ses raisonnements : € Vous êtes plus heureux que moi. » Nous ne chercherons à le comprendre mieux qu’il ne s’est peut-être compris lui-même. Quelques-uns de ses disciples ont tenté de traduire sa logomachie en un langage plus intelligible. L'esprit métaphysique qui rapproche Proudhon de Hegel lui a fait concevoir la guerre comme une € catégorie de notre raison » (p. #1); le côté positif de sa doctrine le rapproche, par contre, des Grecs : toute action suppose la lutte, la guerre, qui est la mère du monde actuel. Les mêmes idées se rencontraient déjà chez Cousin ?, qui, à un certain moment, avait adopté la philosophie de Hegel: « La guerre, comme la diversité des éléments est nécessaire à la vie... (combats des partis, parlementarisme, au dedans; guerre, au dehors.) Les luttes des peuples d’une époque entre eux constituent la vie de cette époque ; nulle ne s’est écoulée sans guerre, nulle ne le pouvait... La guerre a sa racine dans la nature des idées des différents peuples, qui, étant nécessairement bornées, partielles, exclusives, sont nécessairement hostiles, agressives, tyranniques : donc elle est nécessaire. » Il ne faut pas s’en plaindre, car c’est par elle que le progrès s’accomplit. € La guerre n’est pas autre chose qu’un échange sanglant d'idées *, à coups d'épée et à coups de canon, et une bataille autre chose que le combat de l'erreur et de la vérité. La victoire et la conquête ne sont pas autre chose que la victoire de la vérité du jour sur la