Phil. des Rechts, Werke, t. IX, p. 430 s
2, Cours de Phist. de la philos. (1828), 9 leçon, t. I, p. 42 s., 28-37, 435.
3. Cf. Lieber, Manual of pol. ethics, 1. VII, $ 20; Halleck, Elem. of int. law, ch. xiu, $ 27; Ortolan, Règles, t. II, p. 5; et même H. Dumesnil, La g., p. 30 : elle rapproche les peuples, leur permet de se mieux connaître, opère entre eux un fécond échange de pensées et de sentiments... — R.de la Grasserie, Suppr. de la g,, p. 68 : guerre porteuse d'idées. — Critique : Novicow, La Féd., p. 248.
vérité de la veille, devenue erreur du lendemain ‘... Chaque peuple représente une idée ?; or la plus forte idée dans une époque est nécessairement celle qui est le plus en rapport avec Pesprit de cette époque. Quand lidée d’un peuple à fait son temps, ce peuple disparait et il est bon qu’il disparaisse ; mais il ne cède pas la place sans résistance : de là la guerre. Il faut y applaudir et la glorifier.. On parle sans cesse des hasards de la guerre ; pour moi, je défie qu'on me cite une seule partie perdue par l'humanité. De fait, il n’y a pas une grande bataille qui ait tourné contre la civilisation. Le vaincu est toujours celui qui a mérité de l'être ; accuser le vainqueur et prendre parti contre la victoire, c’est prendre parti contre l’humanité et se plaindre du progrès de la civilisation... »
Cousin rend plus claire la pensée de Hegel, il ne Paméliore pas. Sa doctrine nie qu’il y ait une vérité, même relative. S'il existe chez certains une plus exacte concordance entre les idées et la réalité du monde extérieur, ce serait l'apanage plutôt d’une minorité d’affinés et d’intellectuels, que du nombre et de la brutalité. Outre que la pensée personnifiée par le vainqueur n’est pas toujours la meilleure, il n’est mème pas exact qu’elle triomphe parallèlement à ses armes, non plus que le vaincu cesse, comme tel, d’avoir une influence intellectuelle. Les idées françaises ont cours depuis 4870 comme auparavant. — Sa philosophie aboutit, d’un autre côté, à la négation du droit, à lamnistie ou plutôt à la justification de la force brutale : La force est Le criterium et la mesure du droit et de la vérité, elle est le droit et la vérité ; tout ce qui arrive est nécessaire et rationnel (Identification du réel et de lidéal.) Cousin passe facilement de lapologie de la guerre, à celle du succès, puis au fatalisme : « J’ai absous la victoire comme nécessaire et utile ; j’entreprends maintenant de
1. Calvo, (t. IV, p. 7) attribue à Hegel, qui, croyons-nous, ne les a jamais prononcées, ces paroles, ainsi que les suivantes : « L'hypothèse d’un état de paix perpétuel dans l’espèce humaine est l’hypothèse de l’immobilité absolue. Un peuple n’est progressif qu’à la condition de la guerre. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’histoire. »
2. La sociologie a effacé les différences factices que la philosophie de l’histoire établissait entre les génies des peuples, des races, des langues, « véritables entités ou idoles métaphysiques ». — Tarde, Les lois sociales, p. 425 : le génie collectif, impersonnel, est fonction et non facteur des génies individuels.
3. De même, Max Nordau, Paradoxes sociol., p. 164-468, 49 s : « La sentimentalité peut avoir les yeux mouillés en voyant périr un peuple. L’intellectuel reconnaît que ce peuple a disparu parce qu’il n’avait pas la force nécessaire pour durer, et le range parmi les formes biologiques vaincues sur lesquelles a passé Pévolution des mondes. Des peuples barbares ont démoli des Etats amollis el pourris par une haute civilisation. Alors on parle de rétrogradation. A tort. »