CHAPITRE II
Critique des apologies.
I. A raison de leur inexactitude. — II. À raison de leurs conséquences : la guerre comme sport.
€N’a-t-on pas, se demande mainte personne, invoqué quelque raison que j'ignore, n’existe-t-il pas quelque utilité cachée qui milite au profit d’un phénomène si général, si fréquent ? » Et le doute profite à l’accusé. — Eh bien, tous les arguments se ramènent à peu près aux précédents. Is n’ont — on a pu s’en convaincre — rien de mystérieux, sauf en l'esprit d'écrivains mystiques où amoureux de surnaturel. L’obscurité donne une apparence de profondeur à ce qui est incompréhension ou manie : il n’y a, dans les apologies, qu’une des solutions du problème fondamental de la bienfaisance ou de la nocuité de la guerre au point de vue humain. Elles renferment une part de vérité qu’il serait malhabile de passer sous silence. On n’a point d'exemple d’un phénomène universel qui n’ait eu quelque utilité, au moins à un moment donné. Aucune institution n’est exclusivement bonne ou mauvaise. Il serait contraire à la vraisemblance qu’on doive à la guerre tout le mal (ou tout le bien) de l'humanité. Au lieu d’opposer une négation, il vaut mieux expliquer, restreindre, montrer en quoi ont consisté les beaux côtés et pourquoi ils n'existent plus, et prouver que la somme des utilités actuelles est moindre que celle des nuisances et que d’autres voies y donnent accès.
Nous n’avons pas visé à désavantager les idées combattues : n’est-ce pas y avoir participé, pourtant, que de les avoir montrées dans leur nudité ? De multiples affirmations choquent de Jront le sentiment moral ou l'amour de la vérité; d’autres suggèrent d’elles-mêèmes les réflexions qui s’y appliquent. Quant aux auteurs que € charme » le carnage et qui éprouvent une prédi-