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I. La thèse darwinienne. — II. Restrictions

Bons ou mauvais, progressifs ou régressifs, les effets de la lutte pour l'existence, intéressants à la fois comme mobiles éventuels et comme résultats, se rattachent à deux processus bien différents : création et renforcement de certaines aptitudes ou inaptitudes ; ou bien élimination des individus qui présentent certaines particularités et survie de ceux qui ne les présentent pas. La survivance des mieux adaptés ne détermine pas la variabilité, ne fait pas naître les caractères : elle implique seulement € la conservation des variations qui apparaissent chez l’être et qui, dans les conditions où il se trouve, lui sont utiles !. » À la façon des éleveurs, la concurrence vitale effectue un triage de modifications qu’elle a créées elle-même ou qui résultent d’une influence quelconque du milieu ?. Mais elle ne suppose pas

4, Darwin. De l’origine des espèces, tr. Moulinié, p. 89. De même, elle ne détruit pas les inaptitudes, maïs leurs titulaires.

2, Sur la provenance des différences individuelles : usage, hérédité des caractères acquis fonctionnellement, accouplement des sexes, lutte des déterminants intergerminale : Spencer, Probl. de sociol., p. 219-235, 310 s ; Weismann., Essai sur l'hérédité, 1892, ch. vi; et auteurs cités par Vaccaro, La lulle.., p. T; Vacher de Lapouge, Les sél, soc., p. 101-196...

l'intervention d’un être raisonnable qui exercerait un choix, une sélection intentionnelle, ainsi que suffirait à le démontrer l’absurdité de la proposition contraire : € Les animaux et les plantes survivant actuellement sont ceux qui étaient les moins aptes à tirer parti des conditions dans lesquelles ils doivent vivre !. » La réalité. Pautomatisme el la portée du processus ressortent d’ailleurs, d’une manière positive, de ses conditions et de son mécanisme : @ loi de croissance et de reproduction ; loi d'hérédité, presque impliquée dans la précédente ; loi de oariabilit ’ sous Paction directe ou indirecte des conditions extérieures de la vie et de l’usage ou du défaut d'exercice des organes : loi de multiplication des espèces en raison géométrique, qui à pour conséquence la concurrence vitale et la sélection naturelle, d’où suivent la divergence des caractères et leætinclion des formes inférieures ?. » Le père même de la doctrine de lopposition universelle et de Padaptation qui en résulte, Darwin. en a fait Papplication à l'espèce humaine *,

Les simiens les plus aptes, par leur organisation corporelle et motrice, à se procurer leur subsistance ou à se défendre, ont dû fournir la plus forte moyenne de survivants et produire le plus grand nombre de descendants. Par une influence analogue de Pavantage qui en résulte, s'expliquent la différenciation entre les pieds et les mains (locomotion, préhension), la précision des muscles des mains, la tendance des ancêtres de l’homme à se redresser et à devenir bipèdes (d’où élargissement du bassin, courbure spéciale de l’épine dorsale, absence de queue, position et volume de Ia tête). La sélection a, de même, opéré de réels perfectionnements intellectuels : les individus les plus sagaces, pourvus de meilleures armes ou pièges, ceux qui savaient le mieux se défendre...; laissaient la plus nombreuse descendance ; leur tribu devait supplanter d’autres tribus, s’accroître en les assimilant. La taille et la force dépendaient de la nature et de abondance des aliments, done, en partie, de habileté... Les facultés sociales et morales, sympathie, fidélité et courage, étaient indispensables à nos ancêtres pour $’avertir mutuellement du danger et s’entr’aider en cas d'attaque ou de défense. L’obéissance à l’autorité assurait la cohérence... Les tribus victorieuses

1. Spencer (Ed. Perrier, Rev. gén. des sc. pures et appl., ou Rev. int. de soc., 1896, p. 455.)

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