CONFIANCE DANS LES MOYENS
flits d'intérêt dynastique ‘. La France puisait dans l'énergie de ses principes, € dans le grand intérêt simple qui Panimait, des passions, c’est-à-dire des éléments de force, jusqu'alors inexploités, qui donnaient à ses actions une allure déchaînée ? ». Napoléon finit par la contre-épreuve.
L’intensité de la volition relative aux moyens dépend d’une seconde condition : la croyance en leur adaptation au but, la confiance en leur efficacité. (Supra : Syllogisme téléologique.) On ne s’attache pas avec la même ardeur à une entreprise qu’on suppose devoir échouer qu’à celle qu’on espère voir couronnée de succès. Aussi conseillait-on, dès le temps de Végèce, de n’engager une affaire générale que si le soldat se promettait la victoire *. L’espoir du succès contribue à donner le succès, la méfiance à entraîner la défaite, et réciproquement la réussite ou la défaite engendrent normalement la confiance ou le doute.
Le secret de la grandeur des Romains consiste pour partie en ce qu'ils n’ont € jamais désespéré de leurs affaires, ni quand Porsenna les affamait dans leurs murailles, ni quand les Gaulois, après avoir brülé leur ville, imondatent tout le pays, ni quand Pyrrhus les effrayait par ses éléphants et mettait en déroute toutes leurs armées, ni quand Annibal, tant de fois vainqueur, tuait, à Cannes, leur meilleure milice { ». Inversement, le défaut d'assurance, dans la bataille antique, amenait à bref délai les soldats du premier rang à rentrer dans la masse pour démasquer leur suppléant : d’où, pression vers le centre, désordre et fuite. Des faits analogues se présentent jusqu’au xvr® siècle. Plus tard, sous des manifestations différentes, se retrouve le même effet : la démoralisation de l’un des partenaires donne le succès à l’autre ÿ. On sait ce qu’a coûté à la France la tendance à supposer la trahison des chefs, par suite d’indécisions, d'ordres et contre-ordres.
4. Comte, Phil., t. VI, p. 350 ; Borde, La g., p. 91; Guize, Le militar., p. 50.
2, Clausewitz...; Foch, tb., p. 28 : l’emploi des tirailleurs rend douteuse la réus: site si le soldat n’a pas un intérêt direct à la guerre. — Goltz, Rosbach el léna, élat phys. et intell. de l'armée pruss., p. 400; La Nation armée, p. 12 : On croyait que la guerre était affaire d’art, de méthode, de savoir, de théorèmes, de règles, plus que de cœur, de tempérament, de coups d’estoc et de taille. Scharnhorst disait, peu avant Iéna : « Nous en sommes venus à mettre l’art de la guerre au dessus des vertus militaires : cela fut de tout temps la perte des nations. »
3. M., La g., p. 150 : la confiance est la foi dans le succès; elle en est le plus sûr garant. — Dragomiroff, ib., p. 88, exagère : Le désir de se battre est dû à la confiance dans la victoire. — Une diminution de confiance peut être compensée par une augmentation de désir, etc.