‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 371 sur 471 · Bossuet (Salières, La g., p · texte numérisé non relu

Bossuet (Salières, La g., p

5. M.., La g., p. 13-141; Lacombe, tb., p. 81, 106 : rôle de l’intimidation.

Ce dernier exemple montre que la confiance ou la défiance ne . È , À x Far S IA sont pas toujours mérilées, ne correspondent pas à une réalité objective; elles constituent alors un simple état subjectif, Inadéquat aux probabilités véritables. Mais étant donné que, même dans ce dernier cas, lespoir augmente les chances de succès ?, les hommes d’Etat et les généraux habiles ont, de tout temps, cherché à faire naître et à développer la foi chez les soldats qui 4 5 4 L A E Ed x ne la possédaient pas spontanément, en même temps qu’ils essayaient de décourager l’adversaire. La fréquence des faits historiques de ce genre (harangues, déclarations...) et Pabsence d’hésitation à y falsifier la vérité montrent bien limportance qu'on yattachait. Aux siècles et dans les pays de superstition et surtout de polythéisme, le soldat voulait avoir les dieux dans son Camp; aussi, (les grands capitaines commandaient aux augures, faisaient les présages et truquaient l’avenir * ». Aujourd’hui intervient la pensée que Dieu favorisera la cause juste *. Le souci de susciter Pespoir est tel, qu’il va jusqu’à conseiller le mensonge et la déloyauté. Le chef doit, en ce but, dit un militaire contemporain, non seulement montrer sa foi en une issue heureuse, faire croire à lPappui divin, à son étoile, à la légitimité du but, déprécier dans une sage mesure la force et la valeur de l’ennemi, et grossir les siennes, — mais encore & répandre habilement, dans le camp adverse, des bruits sur la disproportion des forces opposées. Une campagne de médisances et de calomnies dirigée, à l’aide de la presse, contre le commandement de l’armée combattue est la meilleure des préparations. Quelle merveilleuse fortune si, par quelques pratiques que ce soil. l’on peut provoquer le cri annonciateur et provocateur des défaites : Nous sommes trahis! À bas les chefs de Parmée! # » La nécessité de la confiance explique peut-être un langage

1. Même inexact il tend à devenir exact : c’est un état subjectif, une erreur, qui tend à devenir réalité objective, à créer cette réalité.

2. M.., La g., p. 19 s : Un sacrificateur écrit à rebours sur la paume de sa main et imprime sur le foie de la victime : Les dieux donnent la victoire à Alexandre... — Cromwell : ayez confiance en Dieu et tenez votre poudre sèche. — Carlyle : Les armées qui craignent Dieu sont les meilleures. — Bagehot, p. 83 : la religion, le monothéisme est un facteur de supériorité et un effet par sélection.

3. De Maistre, Veuillot (La g., p. 40) font de ce secours le facteur fondamental, qui peut compenser tous les autres, — L’idée de la justice, qu’on cherche à inculquer, si elle n’augmente pas toujours la confiance, est du moins une idée-force qui accroît le désir.

4. M., La q., 1899, p. 150 S : « Le chef représentera les chefs ennemis à leurs soldats comme ignorants, incapables, paresseux, égoïstes, insoucieux du bienètre et de la vie des soldats, fourbes, làches, cruels, prêts à toutes les défaillan-

ces. » La presse doit être « soumise à des lois draconiennes et presque militarisée » pour obtenir sa collaboration.

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