LES CROISEMENTS GUERRIERS SONT-ILS RÉELS, HEUREUX
tème, mais assez différents pour éviter que ce système ne prenne immédiatement une structure rigide !. Si ces avantages étaient véritables, les procédés pacifiques seraient, semble-t-il, suffisants pour y atteindre, puisque, par hypothèse, il s'agit de races proche voisines, entre lesquelles la vie moderne multiplie les moyens de communication.
Spencer lui-même à apporté des restrictions à cette bien faisance. Les demi-sang, issus de races trop éloignées et héritant de penchants adaptés à deux systèmes, nesont bons ni pour Fun ni pour lPautre. € Gobineau attribue aux croisements les malheurs des empires et la dégradation des races ; Nott prétend que leur généralisation amènerait l'extinction de l'humanité; Knox et Périer ne font honneur des progrès de la civilisation qu'aux races pures ; M. Dally pense qu’à lutte égale, la supériorité resterait à celles-ci ?, » A l’exemple de Gobineau, Vacher de Lapouge traite de préjugés les opinions sur l’utilité des croisements. Au point de vue morphologique les sang-mêlés sont hétéroclites, laids, vulgaires : ceux des grandes vallées (Rhône, Loire, Seine...) possèdent des membres tellement dysharmoniques, qu’ils nesemblent pas faits pour être ensemble. Ces asymétries ne choquent pas seulement le sentiment esthétique ; elles ont des conséquences désastreuses : celle de l'utérus par la stérilité, celle du crâne par les anomalies psychiques. Les croisements diminuent la vitalité de la race, la longévité et l'énergie des individus, le poids cérébral. Leurs effets sociaux sont pires encores : l'intelligence et le caractère du métis sont incohérents ; lui-même, tiraillé entre divers idéaux, ne possèdeaucun principe directeur, aucun de ces sentiments traditionnels et de ces croyances héréditaires qui sont les soutiens de la nature humaine *.
A. Soc., t. II, p. 249, 162: les Hébreux, Athéniens, Romains et Anglais n’ont progressé que quand ils se furent mêlés à d’autres souches. — Bagehot, (14., p. Tà) voit dans les croisements continuels issus de la conquête « une foule d’expériences sur le mélange des races, semblables à celles qui se poursuivent dans l’Amérique du sud ». Au lieu de rester des « races de clocher » à pensées étroites, les descendants surpassaient les races mères en variabilité, c’est-à-dire en puissance de progrès.
2, D: Topinard, L'Anthropol., p. 395. Bodichon affirme au contraire que l’ère universelle de paix et de fraternité se réalisera par les croisements, et Thévenot, Deschamps, Serres, Waitz et de Quatrefages leur sont favorables. À ses yeux, deux races bonnes donneront un produit meilleur, deux races mauvaises un produit pire ; deux races, l’une bonne, l’autre mauvaise, un produit mauvais relativement à la supérieure, bon relativement à l’inférieure. La loi d’hérédité est d’ailleurs troublée par de multiples circonstances. |
3. Sél. soc., p. 155 s, 326, 183; Bagehot, p. 71. — La solution du débat appartient à l’anthropologie. La théorie qui fait de la pureté des races le criterium de leur
supériorité aboutit toutefois à deux conséquences sociales choquantes : 1° la