H. Spencer, Sociologie, t. III, p. 400 s
2. Loria, Bases éc., p. 296 : la guerre de Trente Ans a précipité, en Allemagne, la dissolution de la propriété féodale et sa conversion en propriété bourgeoise ;
les victoires de Napoléon ont aidé à l'émancipation des paysans prussiens, la guerre de Crimée à l’abolition du servage en Russie.
aussi sévir sur un régime dont la fatblesse est celle de la jeunesse et non de la décrépitude. Il ne manque pas d’ailleurs d’autres signes susceptibles de dessiller les yeux d’une nation sur les causes de son état anorinal, ni de curatifs capables dy porter un remède moins chirurgical.
En résumé, la propriété étant fondée, la guerre n'a plus lutilité de créatrice. Quant aux modifications, aux atténuations, elles viennent en réaction contre la rigueur que la propriété tirait originairemernt de son mode brutal d'établissement : on ne saurait done les attendre de la guerre, mais d'une évolution coutumière ou d’une élaboration systématique.
— Le régime de la production, reprennent les apologistes, n’a pas une importance moindre que celui de la propriété, et c’est encore la guerre qui en créa, conserva et développa la plus ancienne forme : l'esclavage, source de toute division du travail. «€ Pour que les hommes s'élèvent au-dessus de l’état animal, dit à peu près Gumplowiez !, il faut que certains d’entre eux soient soustraits par le travail des autres aux soucis les plus absorbants... Jamais la séparation des branches professionnelles ne s’est accomplie librement et à l’intérieur, partout elle s’est produite par la force, sur des étrangers et a été conservée par la contrainte : la domination n’est pas autre chose qu’une division du travail réglée par la supériorité de force. » — L’esclavage sans doute fut le plus souvent lié, soit comme résultat, soit comme but, à la guerre; mais, sans compter le surplus de combats qu’il occasionna en devenant un but, fut-1l bien indispensable, sous cette forme, au progrès économique ? L’exploitation est née aussi de luttes individuelles et la division du travail a été imposée par les différences de sexe, d’âges, d’aptitudes, de besoins et de goûts, antérieures à toute lutte collective. Le mâle adulte domestiqua sa femme et les siens avant d'aller chercher des serviteurs parmi les « tribus hétérogènes ». La chasse, aussi bien que la guerre, nécessita, pendant qu'une fraction du clan était occupée à sa préparation ou à ses opérations, emploi de l’autre aux travaux domestiques. Si même on admet que Pœuvre de carnage ait rendu autrefois un service analogue, elle ne le rend plus aujourdhui et ce ne serait plus un service. Bien au contraire, elle met obstacle au libre échange et à la division du travail, tant nationale qu’internationale, en obligeant tous les individus
4. Lutle des races, p. 216, 233 s. — Spencer, Soc., t. III, p. 393 s.