Les querres et la paix, p
3. [b., p. 222; Cam. Flammarion, Une planèle exlravag., 1872.
4. J. Bastide (Larrieu, Guerre à la g., p. 85) a calculé que si on empilait l’un à côté de l’autre tous les soldats morts pour qu’on puisse élever la colonne Vendôme, ils formeraient une pyramide dont la base couvrirait tout le sol de la place, et la statue aurait 120 mètres de cadavres par dessus la tète. Voilà la rançon de la gloire
leurs proportions, de plus en plus violentes, de plus en plus meurtrières !, alors même que diminuerait le pourcentage par rapport au chiffre sans cesse croissant des combattants ou des nationaux ou de la population du globe. Même si la tuerie était plus restreinte que par le passé, elle serait encore trop grande.
Les hommes qui survivent, en nombre réduit, deviennent-ils du moins, de ce fait, plus heureux ou plus riches ? La généralité voit son bien-être limité, car la guerre diminue souvent les ressources plus que proportionnellement à la réduction de la population. La précarité de la condition et la privation d'êtres qui ne sont plus font souvent regretter de n’avoir pas subi le même sort.
Plus facilement mesurables que les préjudices moraux, ces pertes matérielles le sont moins que la consommation de vies humaines. Les richesses ne sont pas, ou sont peu exactement recensées. L’estimation du dommage ne peut, comme pour les individus, se borner à un chiffre d’unités semblables frappées, totalement ou partiellement. La destruction, sans doute, est apparente, mais la nature et Phomme les reconstituent au plus vite ou du moins effacent les {races des dévastations. Quant aux documents écrits, les officiels cachent le prix réel des fautes gouvernementales, et les historiques, qui se fondent sur les premiers, ne tiennent compte que des pertes facilement mesurables. L’addition, dont on se contente parfois, des emprunts de guerre est doublement inexacte : le montant n’est pas toujours absorbé par la guerre et plus souvent encore il s’y adjoint une hausse ou une création d'impôts. L'étude directe des budgets avant et pendant la lutte, chez les belligérants et les neutres qu'elle oblige à armer, et, dans les fédérations, chez les Etats particuliers, ne donnerait que le total des dépenses publiques. Les particuliers, dans certains cas, y ajoutent des dons et des subsides et, partout, sont induits en des dépenses inaccoutumées.
On n'aurait qu'une idée très insuffisante du passif si, à ces
1. Sans suivre toutefois les progrès de l’armement, car, le nombre des tués dépend moins des moyens matériels que des dispositions psychiques, et notamment de la volonté de résister. Sauf si on visait l’extermination et si on réalisait les procédés de mort en masse d’armées ou de villes entières, les hostilités cesseraient des que l’un serait assuré d'atteindre son but et que l’autre cesserait de l’espérer. — J. de Bloch, tout en proclamant impossible la prédiction en cette matière (L. V, p. 223), prédit que les pertes s’élèveront à 63 0/0. Les canons nouveaux causeront une perte de 180 0/0 (sic). — Cette exagération provient de ce qu’il ne tient compte que des éléments matériels : poudre sans fumée, fusils. (T. V, p.294; L’évol. de la q., t. 11; Imposs. d’une gq., 1, p. 106.) — Certains statégistes croient que le pourcentage diminuera,