‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 392 sur 471 · J.-B. Say, Cours complet d'éc. pol., t. 11, p · texte numérisé non relu

J.-B. Say, Cours complet d'éc. pol., t. 11, p

la France. Quant aux effets indirects, sir Francis d’Ivernois ‘en fait le tableau lamentable (mais non toujours sûr) dès les premières années de la lutte : accroissement des impôts, renchérissement des frais d'exploitation, avilissement du prix des terres, rareté des bras, décadence de l’agriculture, misère des campagnes, dépérissement des manufactures, abus du papier-monnaie..

Pour le reste du xix° siècle, les données sont plus certaines. On estime à à milliards le coût des expéditions française et autrichienne en Espagne et en Italie, de la guerre turco-russe de 1828. de l'émancipation de la Grèce et des guerres de 1848 *. — Les dépenses publiques de {a guerre de Crimée furent de 8.500 millions au moins ?; toute importation et exportation russes furent arrêtées; la levée de 300.000 serfs équivaut à une perte de 300 millions. L’Occident dut se passer du blé russe. — En un peu plus de deux mois, la campagne d'Italie coûta, aux trois Etats participants et à la Prusse, 1.500 millions. — M. Vigo-Roussillon estimait les frais de la guerre de Sécession à 25 milliards ; M. P. Leroy-Beaulieu donne le chiffre de 23.500 millions pour le Nord seul. « Tout ce qu’il y avait de capitaux roulants ou mobiliers dans les Etats du sud fut presque entièrement absorbé par les hostilités #, » 3 millions de travailleurs furent transformés en soldats ; d'immenses étendues des terres les plus riches furent ravagées, les usines fermées, la marine presque anéantie, le coton perdu. Le contre-coup s’étendit parmi les neutres jusqu’en Europe : Pimportation moitié moindre et l'élévation des prix du coton réduisirent 100.000 ouvriers au chômage pendant trois ans et diminuèrent les salaires d’un nombre triple ou quadruple. Et pourtant, à raison de 1000 par tête d’esclave, dit M. Horn, 4 milliards eussent suffi pour abolir lesclavage ». — L’expédition du Danemark coûta à ce pays 180 millions ; les pertes finan-

1. Réfl. sur la q., Londres, 1795; Tableau des perles, Londres, 1799, p. 46-149, 183-269, 358 s. — Thiers, {ist. de la Rév., t. IL, p. 21.

2.0 Le Foyer. R'unt.s0c., 1001 ep 3070-1419. 0p. 6. — JNdes EC MST). 40e p. 173$, 292 : la révolution de février coùta 10 milliards (?).

3. Détails des chiffres suivants dans : Leroy-Beaulieu, 1b., p.22 s, 44 s, 62, 80. — Ses évaluations sont très modérées, — Comple gén. des dép. de la g. d'Orient, 1859 (J. des Ec., 1888, t. 4%, p. 422) : 1.722 millions pour la France seule (M. Leroy- Beaulieu écrit : 1.660 millions.) —.M. Mulhall, Hist. of prices : 9 milliards; Le Foyer, ib. : 10 milliards. — Hausner, Statistik; Kolb, Statislik.

4. GC. de Varigny, 1b., p. 16 s : la dette passa de 1.415 millions à 44 milliards; le Sud était ruiné. — Kolb, p. 397, porte le total à 45 milliards ; A. de Foville, Ec. fr. sept. 1880, à 50 milliards; E. Reclus (t. XVI, p. 810; cité inexact. par Novicow, Gasp., p. 161, et Féd., p. 585) et le J. du Commerce de New-York (J. des Ec., 1898, t. 34, p. 165), à 60 milliards, en comptant le déficit de la production jusqu’en 4890 suivant l’un, ou les arrérages jusqu’en 1898 selon l’autre.

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