LES MÉFAITS DU DESPOTISME MILITAIRE
couragement donné, par ses pires ennemis, au socialisme d'Etat.
Pour être parmi les plus réelles, ces conséquences de la guerre sur lautorité sont-elles plus heureuses? À vrai dire les mœurs belliqueuses ont développé surtout la partie de Porganisation gouvernementale «€ qui a pour résultat une coopération efficace contre les autres sociétés ! ». Elles n’expliquent point les fonctions de juge et d'administrateur. Ce qui est né de la guerre ne répond point aux exigences nouvelles de lPindustrialisme et des travaux de la paix. L’Etat constitue une organisation impropre aux tâches économiques; bien plus, il y met obstacle : c’est le € status », l’immobilité. La prolongation de la paix diminue Vautorité et parfois même renverse la monarchie. Lorsqu’elle a lieu par des procédés violents, la lutte assure, au contraire, la prédominance d'une élite d'individus énergiques et égoïstes qui subjuguent le peuple, traitant PEtat comme leur propriété, et qui gouvernent dans l'intérêt de leur caste et non dans celui de la collectivité. Il n'y a là rien dont puisse s’enorgueillir la guerre.
Si le militarisme et le césarisme sont deux fléaux inséparables, ils ne se présentent pas toujours dans cet ordre : souvent ils ont une cause commune ou se prêtent un appui mutuel?, ou bien la relation est renversée, et c’est le despotisme qui engendre la guerre. Les gouvernants poussent aux hostilités parce qu’ils ont un pouvoir absolu ou afin de lacquérir ?. Les guerres de diversion ou de dérivation sont apparues chaque fois que des dirigeants intelligents et habiles en ont éprouvé le besoin à raison de leur faiblesse. À Athènes, la politique de Cimon considérait la lutte contre les Perses comme le moyen le plus sûr de rapprocher les Etats grecs sous une domination commune. Périclès engagea le pays dans la guerre du Péloponèse dans le but d’affermir son autorité. À Rome, le Sénat eut recours aux diversions extérieures pour dominer les exigences de la plébe et se débarrasser de lopposition des tribuns. Dans les temps modernes, en 1789 et 1790, l'hypothèse fut envisagée par le conseil du roi et même par certains membres de l’Assemblée. M. de Montmorin ne concevait «qu’un moyen de rétablir la paix au dedans, c’était de porter la