‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 431 sur 471 · Examen d'un Essai sur les préjugés, Œuvres, t. IX · texte numérisé non relu

Examen d'un Essai sur les préjugés, Œuvres, t. IX

4. Ueber den Krieg, p. 295, 242-260, 275-292 : Je crois que la guerre a une raison d’être, parce que je crois en Dieu. Elle est voulue par Dieu. Dieu n’a pu vouloir le mal moral? Ce mal est le fruit de la liberté, sans laquelle il n’y aurait ni péché ni vertu, Pourquoi Dieu permet-il le hasard? Si la récompense ou la punition suivaient immédiatement et nécessairement l’accomplissement ou la violation du devoir, il n’y aurait plus de mérite.

5. Hély, Dr. de la q., p. 183. — La guerre durera autant que le monde (Matth., 34, 6-8; Marc, 13, 7-8; Lucas, 21, 9).

6. Soirées, II, p. 30; Vogücé, R. des rev., 1891, IF, p. 78 : on ne pourra la supprimer tant qu’il restera deux hommes, du pain, de l’argent et une femme entre eux,

7. Weltzer et Welte, Dict. encycl. de théol. cath., tr. Goschler, v° Guerre; Wirth, Specul. Ethik, 1842, t. II, p. 366. — R. P. Hyacinthe, Conf. à N.-D. de Paris, 1867. (I1 prononça en 1869 un discours pacifique à l’Assemblée de la ligue de la paix.) — Quandt, Friede, 1867, p. 7-21; Martensen, Christ, Ethik, 1818, p. 280...

manent », une conséquente ou une punition. Des laïcs Fattribuent à la perversité originelle, à la nature dépravée de homme ou à ses mauvais instincts !.

L’admission d’une «idée » de la guerre, au sens hégelien, suppose l'impossibilité complète et absolue de La paix perpétuelle. De même que la vertu implique, aux yeux des théologiens, le vice, de même aux yeux du dialecticien *, la guerre et La paix sont deux expressions corrélatives et on ne peut imaginer lune sans l’autre : elles se soutiennent l'une l’autre. La paix démontre et confirme la guerre, la guerre est la revendication de la paix. € Mais, pas de victoire dernière, pas de paix définitive. » La guerre est dans la nature des choses. (De même qu’elle est dans le monde physique, qui ne vit que par l'opposition, de même elle est dans l’histoire, qui ne se développe que par la lutte *. » Tout ce qui existe, dans lunivers, a son contraire, tout s’oppose, même parmi l’inorganique ; au point de vue physique, les antipodes, le concave et le convexe, toutes les forces; au point de vue psychologique, antithèse du désir et de la répulsion, du plaisir et de la douleur, de Paffirmation et de la négation; au point de vue social, antinomie des croyances, des désirs, représentés par des partis, des armées *.. Z’opposilion universelle naît infailliblement de la multiplicité. Qui dit mouvement dit antagonisme et destruction. La loi de concurrence vitale s’étend à tous les êtres vivants: la terre est un champ de bataille; la vie est un combat ÿ. La paix n’est qu’une chose négative, synonyme d’inertie ou de néant : elle n’existe que dans les cimetières, là où rien ne bouge 5.

4. Phillimore, Int. law, II, p. 67; Heffter; De Roquefort, So. des confl., p. 54.

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