CONFUSION DE LA GUERRE AVEC LA LUTTE
Il y a là une équivoque qu’il convient de dissiper. La paix des cimetières, absolue, sans mouvement, n’est pas possible parmi des vivants. Mais ce qui est fatal, c’est la lutte, et non la guerre. Or la guerre n’est pas l'unique forme de la lutte, et la paix, loin d’être l'absence de combat, se concilie avec les luttes internes à l’individu, ou bien externes, individuelles ou collectives ‘. La guerre n'a pas toujours existé : avant elle, il existait d’autres conflits ; certains, au fur et à mesure de sa disparition. seront appelés à prendre un plus vif essor *. Si Peffort humain restait efficace pour éviter telle ou telle campagne, qu'importerait qu’il füt incapable de limiter la guerre dans son ensemble ? Mais cette dernière hypothèse n’est même pas exacte.
4. G. Tarde, Lois soc., p. 85, 99: leur champ s'accroît (trusts, kartells, partis.) — La récente école géologique répudie les cataclysmes : nalura non facit saltus.
2. Novicow, Féd., p. 259; R. de la Grasserie, Suppr. de la g., p. 26, 81 : oscillation régulière et mécanique entre la guerre étrangère et la civile, I} craint que la disparition de la première ne donne un regain à la seconde,