‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 437 sur 471 · LA GUERRE TUERA LA GUERRE. LA GUERRE ENGENDRE LA GUERRE · texte numérisé non relu

LA GUERRE TUERA LA GUERRE. LA GUERRE ENGENDRE LA GUERRE

dangereuses (?). On se heurtera à ses propres torpilles ; on tirera sur ses compagnons d'armes, trompé par l’uniformité des tostumes ou par lobscurité. Car les batailles, souvent, auront lieu la nuit, ce qui les rendra encore plus impressionnantes. Il faudrait être fou pour en prendre l’initiative, ou bien elles rendraient fou !.

D’aucuns souhaitent que le mal empire encore, à la façon dont quelques opposants se réjouissent de voir s’accroitre ce qu’ils appellent le gächis intérieur, appelé selon eux, à perdre le régime. L’absurdité d’un événement ne constitue pas toutefois un obstacle insurmontable à ce qu’il survienne, surtout lorsqu'il ne dépend pas entièrement de nous. Les hommes se sont jusqu'ici rués les uns sur les autres avec si peu de modération, eu égard à leurs intérêts, que l'épuisement amènerait peut-être seulement une trêve : après Napoléon, les peuples, décimés, ne songeaient plus à entreprendre de nouvelles hostilités, et pourtant ils n’ont pas tardé à recommencer leurs rixes. Si l’on supprimait le genre humain, 1l n’y aurait évidemment plus de ces répugnants carnages, mais ce qu’il faut souhaiter, c’est une paix dans la vie et dans l’abondance : or les charges de la paix armée et les désastres consécutifs aux hostilités ne la donneraient nullement, et avant qu’elle ne soit rétablie, des générations se succéderaient qui, n'ayant pas eu le spectacle de la guerre, éprouveraient, comme la nôtre, une moindre appréhension à la déclarer de nouveau. Les leçons du passé ne manquent pas, il faut attendre la pacification d’une sagesse grandissante qui permettra de les mieux comprendre et non pas en souhaiter un sureroit.

Si, au reste, la guerre s’est nui à elle-même, il est au moins aussi exact — comme nous Pavons indiqué à plusieurs reprises — de dire que la guerre engendre la guerre. 1° Loin d’épuiser les passions et les antagonismes qui lui ont donné naissance, chaque guerre les complique de haine et de méfiances de nature à déterminer de nouvelles hostilités. À ce «levain belliqueux » se joignent des humiliations, des froissements d’amour-propre. Ces influences combinées produisent une recrudescence de milita-

4. Laverne, Aré mil., 1805, p. 304; Mauvillon, Infl. de la poudre à canon, 1182, p. 170 : celui qui inventerait un moyen de détruire toute une armée rendrait le plus grand service à l'humanité ; la guerre cesserait, — H. Dumesnil, La qg., p. 185; J. de Bloch insiste beaucoup sur l’impossibilité technique de la guerre future. — DrJ. Wallon, La sc. contre la g., R. des rev., 1899, p. 446: Chose curieuse, les hommes à qui nous devons les engins les plus horribles ont des tendresses pour la paix : Edison, Tesla, Nobel, Maxim, Szczepanik,

risme, et l’accroissement des armées mène à son tour aux conquêtes. 2° Certains résultats tout d’abord non intentionnels, parfois même accidentels, sont devenus des causes ou des buts de guerre : tels la capture des femmes, l’esclavage, l’isolement des peuples, l'institution du gouvernement et de la propriété, la spéculation... 3° L’ensemble des guerres du passé est cause de la survivance des guerres actuelles. Sans les premières, ces dernières seraient une véritable utopie. Si on ne s’était battu, il ne viendrait à l’idée de personne de recourir à un tel procédé pour trancher un différend international. Ce serait, à ce triple point de vue, un cercle tout à fait vicieux, si d’autres influences ne permettaient d'en sortir. Les deux formules : la guerre engendre la guerre, et : la guerre tuera la guerre, sont donc trop exclusives et doivent se compléter et se corriger : si la première était mathématiquement exacte, on verrait les guerres se multiplier ; dans le cas contraire, elles seraient déjà disparues.

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