‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 439 sur 471 · RECRUDESCENCE TEMPORAIRE. L'HORIZON INTERNATIONAL · texte numérisé non relu

RECRUDESCENCE TEMPORAIRE. L'HORIZON INTERNATIONAL

en eux à certains moments, et les empêche de conformer leurs actions à ce qu’ils ont délibéré d’avance. Leur éducation, d’ailleurs forcément lente, ne supprimerait pas tous Les conflits vitaux.

Les facteurs politiques et économiques semblent, au premier abord, s’opposer à un avénement prochain d’une paix générale. La situation actuelle de l’Europe et du monde présente des problèmes d’une gravité, d’une complexité et d’une difficulté telles qu’on en à rarement vu de semblables être résolus pacifiquenent !. Les destinées mêmes des peuples et l’avenir de la civilisation sont en jeu. Les « questions » sont innombrables : revendication de lAlsace-Lorraine, rivalité anglo-russe en Europe et en Asie... La question d'Orient n’est pas résolue ? : la Turquie ne se maintient que par la diplomatie de nations qui sont prêtes à se disputer son héritage. Les peuples des Balkans sont divisés, le compromis Austro-Hongrois semble précaire. À côté des nationalités qui se scindent, d’autres, comme les germaniques, anglosaxonnes et slaves, visent à s’étendre aux dépens des tiers. Hors d'Europe, sur un terrain mi-politique, mi-économique. les colonies peuvent susciter des embarras aux métropoles, comme il est arrivé à l'Espagne. Sous la doctrine de Monroë se cachent les ambitions impérialistes des Etats-Unis. L’innombrable population jaune jouit d’une civilisation relative et, depuis que nous lui avons enseigné la puissance de nos armes. elle ne semble pas disposée à subir notre joug. Le théâtre de la lutte semble se déplacer et changer d’aspect : les personnages semblent devoir se rencontrer sur les bords d’un Océan qui n'aurait plus de pacifique que Le nom. Les questions de la politique européenne, même si elles passaient au second plan, n’en resteraient pas moins ir-

l’heure actuelle comme adéquate à la moyenne de notre moralité : peine de mort, duel, sociétés secrètes, guerre civile menaçante, aux violences des colonisateurs, à l'alimentation carnivore qui « nous inocule l’instinct bas et brutal d'animaux inférieurs ».. — V. de Lapouge (Sél. soc., p. 226) prévoit, par suite de la force d’expansion de certaines races, un endurcissement des mœurs, une lutte sans merci où l’on considérera « les hommes comme des primates dont la vie n’est pas en soi plus sacrée que celle du bœuf ou du mouton ». Les ossements du vaincu engraisseront la terre

4. R. Pinon, R. Deux-Mondes, fév. 04, p. 806. — CI. Royer, J. des Ec., 1880, IV, p. 246; Kamarowsky, Causes pol. de g. dans l’Europe act., R. dr. int.,1888, p. 1355; Ch. Benoist, Causes act. de g., Rev. bleue, 9 fév., 16 juil. 1889; X.., Ursachen der Kriege, 1889 ; Scarabelli, Cause di q. in Europa e rimedi, p. 97-133...

2, J. de Bloch (t. VI, p. 244-268) considère ces solutions comme un fait accompli : il cite les discours de François-Joseph..., qui seront prononcés dans les congrès futurs. Il résout avec la même désinvolture les plus graves questions de race, de religion, de commerce... T. V, p. 489-221 : chances de paix.

ritantes. Partout les questions économiques soulèvent de graves préoccupations. On se soucie davantage de favoriser ou d’empé- | cher Pinfiltration des personnes et des produits que de déplacer les frontières administratives: mais si l’on ne sait assimiler les étrangers, on risque d’être submergé par eux, et si l’on interdit l'immigration lente, on risque de ramener les migrations par masses à main armée. Un peu partout les antagonismes de classes menacent de dégénérer en conflits qui déborderaient les limites des Etats.

L’avenir prochain n’est pas rassurant. Les pessimistes le prévoient sinistre. L'Europe et le monde entier, craignent-1ls, va bientôt devenir un Cenfer ». Ils ne conçoivent € aucun terme à la lutte des races ». Il ne faut pourtant point désespérer. 1’imprévu, qui peut entrainer des complications, peut aussi fournir les éléments de solutions inespérées. Nos pères se sont inquiétés de nuages qui se sont dissipés de façon tout à fait inattendue !. Après avoir eu horreur de € ours slave », le coq gaulois s’est allié avec lui; après l’« anglophobie », nous connaissons l’entente cordiale. Aujourd’hui encore règne la méfiance entre différents peuples. Que sera demain ? Nul ne le sait, mais alors même que la guerre serait € nécessitée par les conditions historiques actuelles ? », 11 ne faudrait pas moins s’efforcer de léviter et conserver, Comme une consolation et un encouragement suprèmes, l’espoir en Pavenir.

1. E. de Laveleye (Causes actuelles de q. en Eur. et arb., 1873, not. préface) a passé à côté de questions qui ont surgi peu aprèset s’est arrêté à d’autres qui ont été résolues pacifiquement. — Il en a été ainsi des questions d'Egypte, de Tripolitaine, du Maroc. La scission entre la Suède et la Norwège s’est produite pacifiquement...

2. Holtzendorff, Erob., p. 20 ; Funck-Brentano et Sorel, p. 235... — Tableau récap. des réponses à l’Enquète de L’Humam. nouv., mai 1904, p. 258. —- Les ouvrages intitulés: La g. future, La prochaine g., nécessiteraient une bibliographie spéciale (v. Lorenz, Calal. gén. de la libr., Tables, t, XI s).

Page 1