Philoctète, v. 435; Ajax, v
4. Dicéopolis : O paix, ai-je pu ignorer si longtemps combien tu es bonne! — Pierron, Litt. grecque, 11e éd., p. 328; Rev. d’éc. pol., 1904, p. 61.
5. Deus nobis hæc oltia fecit. — Anchise regarde avec complaisance la couronne d’olivier de Numa et invite ses successeurs à déposer leurs armes fratricides (Br, vi, 835, 852). Le sage Drances invite Turnus à vider lui-même sa querelle avec Enée (361).
la douceur de mourir pour la patrie !. Ovide chante la divine paix et lui prédit une gloire supérieure à celle du carnage. Lucain s’écrie : € Heu! miseri qui bella gerunt. » Juvénal s’emporte contre les hommes, plus féroces que les bêtes et se moque âprement des privilèges des porte-glaive.
Au moyen-âge, Dante traite avec dureté les guerriers et les tyrans. Charles d'Orléans (114 Ballade) médite sur les € grands maux et destructions » qu’ils occasionnent :
Guerre ne sert que de tourment.
Je la hais, pour dire le voir.
Bannie serait pleinement S’il en était à mon vouloir.
« Guerre, qui tout gaste et destruit, prend sa nourrechon en trois vices diaboliques, assavoir orguel, vaine gloire et convoitise », dit l’Znstruction du jeune prince pour bien gouverner, destinée au comte de Charollais (Charles le Téméraire), et elle ajoute que le meilleur remède est de gouverner par raison et justice et de présenter les querelles à des juges raisonnables et indifférents, avant qu’on € parviengne aux horribles et cruels tourments de guerre ». Barrois et Kervyn attribuent ce livre à Ghastelain. Il n’en est pas moins vrai que ce dernier en son Livre de Paiæ appelait Dame Paix, entre les mains de qui pend «€ toute la chrétienté désolée ».
Le facétieux mais profond curé de Meudon * estimait que les batailles étaient iniquité et folie et qu’autant valait se reposer avant qu'après. € Quant à la guerre, qui est la science de nous entre-défaire et entre-tuer, de ruyner et perdre notre propre espèce, elle n’a pas beaucoup de quoy se faire envier aux bêtes qui ne Pont pas » : tel était le langage tenu, un peu plus tard, par le seigneur de Montaigne (1. IT, ch. 12). En son traité De la ser-vitude volontaire, La Boétie, son ami, plaignait ces € nations opinitres en leur mal et aveugles en leur bien », que le maître «mène à la boucherie » comme les exécuteurs de sa vengeance, et laissant € emporter le plus clair de leur revenu, piller leurs champs, voler leurs maisons et meubles anciens et paternels ». A son tour, Michel Cervantès, dans son drame intitulé Numance, esquissait le tableau de la guerre, à la suite de laquelle € marchent la faim, squelette pâle, la maladie qui se traine sur des bé-
1. Dulce et decorum pro patria mori; Bella matribus deteslata (Ode 1; Ep., un).
2: Gargantua, xxxin; Pantagruel, m1, 1. — Stapfer, Idées de Rabelais sur la op Bibl, univ. et rev. suisse, nov. 1888.