‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 57 sur 471 · A. de Lamartine, Hist. des Girondins, p · texte numérisé non relu

A. de Lamartine, Hist. des Girondins, p

4. Chr. de Chiffontaine, Chreslienne confutation du point d'honneur... 1579. — Sur le point d'honneur : Ch. Sumner, Addresses on war, p. 60 s.

5. Cité par F. Passy, L'ulopie de la paix, p. 8; Gh. Richet, Les g., p. 61.

6. Nous n’admettons pas que la dignité et l’honneur de l’Etat sont des préjugés (Ch. D. Vosz, Politik, IV, p. 492) ni qu’une nation doit céder devant une attitude hostile ou a fortiori accepter les menaces et les outrages, même si elle sait que son effort sera inefficace, Il y a des concessions qu’on doit ne pas faire volontairement, mais seulement se faire arracher après résistance. L’Espagne n’est blàmable pour avoir résisté aux Etats-Unis que parce qu’elle voulait par là perpétuer un joug odieux sur Cuba,

pensé ainsi, Ils ont attaché la dignité et honneur nationaux à des questions de préséance, à de vaines susceplibilités. On à vu la guerre résulter de faits minimes dus à la maladresse d’un diplomate, du style d’une dépêche, d’incidents de frontière, de la pétulance d’un journaliste, d’une simple parole, même dun sourire !. Quelques exemples montreront comment on concevait autrefois la dignité et comment quelques-uns persistent à l’entendre aujourd’hui.

Guillaume le Conquérant était devenu obèse, après la cessation de ses luttes avec Philippe I". Celui-ci se prit à dire : € Quand est-ce que ce gros homme fera ses couches? — Je ferai bientôt mes relevailles, et Philippe me verra avec mes luminaires », répondit l’autre, à qui la plaisanterie était parvenue. Dès qu’il put monter à cheval, il courut à la tête de son armée jusqu’à Paris, ravageant et brûlant tout sur son passage ?. — La guerre de 1672 entre la France et les Provinces-Unies eut comme prétexte, sinon comme mobile, des médailles jugées offensantes pour Louis XIV et par conséquent pour la France. La description qu’en donne Pabbé de Saint-Pierre montre bien la futilité de Poccasion. La première, frappée en 1668, représentait la république des Provinces-Unies sous les traits de Pallas; Louvois, en 1671; la rappela au roi, faisant remarquer que la république s’attribuait à elle seule honneur de la fin de la guerre de 1667. Sur une autre, portant ces mots: La paix signée à Aïx-la-Chapelle en 1668, — Josué arrêtait le soleil. Le portrait, observa Louvois, ressemblait à Josué van Benningen; le soleil était le symbole du «grand roi »; donc la Hollande se vantait d’avoir négocié la triple alliance à la Haye pour mettre un terme aux conquêtes de Louis XIV. Grotius, ambassadeur des Hollandais en France, fit offrir des satisfactions par son pays; la guerre suivit pourtant : elle coùûta, dit Saint-Pierre, 350 millions de livres et 80,000 soldats... * — Les plaisanteries que subit Bonaparte de la part des journaux anglais Pinelinèrent à rompre la paix

1. Nous avons rencontré, dans un auteur peu connu, Antonius Petilius (Princeps pacis, 1641, p. 482 s.), une preuve de l’importance de ces bagatelles sous la monarchie. 11 établit ainsi sa grande division des guerres: celles qui naissent 1° des paroles, 2° des choses. « Quam ob rem oriatur? Gemina illi radix. Ex verbis radix prima. Os lubricum (incertain, dangereux) operatur ruinas. Risus causa prægrandem luctum (un désastre colossal) non raro allulit, » Gauses frivoles, puisque la parole peut mal servir la pensée : ( multa fibi verba surripuisse linguam nolenti el invilo. »

2, Garaude, La q., p. 32.

3. Laurentie, Hist. de Fr., dans Garaude, 1h. ; P. Larroque, De la g.; p. 50 ; G. de Molinari, L'abbé de Saint-Pierre, p. 326.

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