‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 67 sur 471 · CANNIBALISME RELIGIEUX · texte numérisé non relu

CANNIBALISME RELIGIEUX

notamment aux Fidji, à la Nouvelle-Zélande, à Tahiti, chez les Gonds de PInde. Les Vitiens dépeçaient et mangeaient leurs adversaires par un souci religieux, pour trouver, dans la vie future, un bon accueil auprès de leurs dieux. Un chef de Raki-Raki se glorifiait d’avoir à lui seul dévoré 900 personnes, et un chef brésilien, d’après Chevet, 5000 prisonniers !. Les Maories se nourrissent de leurs semblables non par gourmandise, mais par désir de s’assimiler leur courage, leurs vertus. Aussi préfèrentils aux jeunes gens aux formes potelées, aux tendres jeunes filles, les corps des chefs les plus célèbres, quelque vieux et coriaces qu'ils puissent être. Ils croient avoir une position d'autant plus élevée dans l’autre monde qu'ils ont avalé un plus grand nombre de cadavres en celui-ci?. Maintes peuplades tuaient en certaines occasions leurs esclaves pour les consommer en l’honneur des dieux. On peut dire que partout où Pacte de manger de la chair humaine est entouré de formes et de cérémonies, c’est un acte religieux.

Il existe même une forme plus répandue de cannibalisme religieux, ou plutôt divin : celui où Les dieuæ, et non plus les hommes, mangent la victime ou bien participent au festin. Gertaines divinités veulent se repaître de chair humaine, ou bien demandent des sacrifices, ou bien, ce qui revient à peu près au même, se réjouissent de l’extermination des infidèles. On peut done rapprocher des guerres cannibales toutes les guerres religieuses où l’on croit faire œuvre agréable à Dieu en lui immolant ses ennemis. Au premier rang, il faut citer le célèbre dieu aztèque des combats, Huitzilopotchli. € Le quinzième mois du calendrier mexicain (Panquetzalitéli) lui était consacré. On se préparait à sa fête par un long jeûne *.. » Pour lhonorer selon ses goûts et se concilier sa bienveillance, dispensatrice de la victoire, il lui fallait sans cesse de nouvelles victimes ; on devait lui amener jusqu’à 20 000 hommes par an. Pour se les procurer, il fallait attaquer les peuples voisins, qui furent ainsi absorbés (au sens littéral). Les prêtres poussaient constamment à la guerre; au besoin, ils prenaient les enfants des Mexicains eux-mêmes. € Le sacrificateur ouvrait la poitrine des victimes à l’aide d’une pierre tranchante et se hâtait d’en arracher le

4. H. Spencer, Morale évolul. (Letourneau, L’évol. pol. p. 491). — Lombroso,

tb., p. 56. ; 2. Sir John Lubbock, L'homme préhist., 1876, p. #17.

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