‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 68 sur 471 · Letourneäu, La g.; p. 178, 165, 173 s · texte numérisé non relu

Letourneäu, La g.; p. 178, 165, 173 s

cœur tout vivant. Le grand prêtre en exprimait le sang qu’il faisait couler sur la bouche de Pidole et tous les prêtres mangeaient la chair des victimes *. » Les Tlascaltèques, dit Letourneau, écorchaient vifs leurs captifs et se couvraient de leurs peaux pour adorer leur dieu des armées en cet équipage; les Azièques faisaient de même, ils empaillaient les peaux et les suspendaient dans leurs temples. Get état de choses existait encore à la fin du xv° sièele, lors de arrivée des Européens, mais il a disparu depuis.

La nécessité de sacrifices humains, comme cause de guerre, se retrouve chez plus d’une peuplade sauvage ?, et elle existait, sous une forme parfois adoucie, dans les peuples de Pantiquité. Qu'ils aient nom Zeus, Mithra, Brahma, Jahveh, Allah, les dieux ont toujours été altérés de sang, avides de sacrifices humains et de guerre; leur férocité implacable commandait à chaque tribu la destruction des tribus ennemies et € infidèles ». Des peuples entiers disparurent, victimes de la voracité ou de la vengeance divines ; ainsi les Juifs offrirent à leur Jahveh les habitants de tout le €pays de promission ». Le Moloch juif était un grand dévorateur d'enfants *. Les sacrifices d’Isaac, de la fille de Jephté, d’Iphigénie, des quatre jeunes gens immolés aux mânes de Pallas *, et beaucoup d’autres meurtres, attestent combien Pusage

4. J. de Maistre, Soirées de Saint-Pélersbourg, €. IF, p. 355. — Lombroso, ib., p. 54. (P. 46 : 2,500 victimes par an). — L’anthropophage, créant ses dieux à son image, croyait leur faire plaisir en leur fournissant de la chair humaine. En retour, le dieu aztèque devint pour ses adorateurs «un objet d'alimentation transcendante, encore que ce ne puisse être que figurément » sous forme de gateaux (Renouvier, Phil. anal. de l’hist., L. 1, p. 90 s.) L’eucharistie, la communion, l’hostie, auraient une origine symbolique commune aux gàäleaux pétris de sang humain que les prêtres du dieu Quetzalcoalt donnaient aux fidèles, aux figures de papier brülées dans les cérémonies chinoises, aux statuettes (oscilla) des Romains (Wailz, Wogt, Ferri): ceci est ma chair, ceci est mon sang; elle serait un succédané du cannibalisme mystique, de même que le dogme de la rédemption aurait son origine dans les sacrifices humains.

2. Lombroso, 1b., p. 45 s. Homicides ayant pour cause des sacrifices religieux : à Tahiti, la Lune ; Niger, Dahomey, Vieux Calabar; Indiens Natzchez; dans l’Inde, chez les Gonds, la caste des Pauvas est uniquement adonnée au rapt des hommes et des enfants pour fournir une proie à la déesse de la Terre; îles de la Société ; dans antiquité, sacrifices en Grèce, à Rome, à Carthage, en Gaule, en Germanie. — À Tahiti, les cas de guerre les plus fréquents sont l’enlèvement d’hommes aux tribus voisines pour les sacrifier en holocauste aux dieux, qui demandent sans cesse du sang. (Radiguet, Les derniers sauvages, p. 167.) En Polynésie, Oro, dieu de la guerre, demande des victimes ; aux îles de la Société, les dieux restèrent cannibales après les hommes. (Letourneau, La qg., p. 120, 128.)

3. La circoncision serait un vestige des sacrifices, réduits à leur plus simple expression. (Spencer, Rev. phil., 1878.)

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