Aug. Comte, Cours de phil. posit., t. V, p
2. Le mot de Letourneau (La q., p. 61) est plus saisissant qu’exact : « Les captifs ont cessé d’être des denrées alimentaires, dès qu’ils ont été considérés comme des marchandises. »
3. Ce fut l’œuvre d’une multitude d’impressions ou de calculs individuels, qui le firent abandonner dans des cas particuliers, comme cela avait eu lieu, à son origine pour l’épargnement des prisonniers, et non l’œuvre systématique « des plus intelligents », comme le croit G. de Molinari (0p. cit., p. 36). Personne ne décréta dès l’abord de le supprimer dans son ensemble, pas plus que de l’instituer.
4. Spencer (Soc., t. III, p. 392 s.) donne une autre explication : l’institution de l’esclavage se rattache à l’usage de la guerre, puis l’absence de divisions nettes de classes, à l’habitude de la paix. L’esclavage existerait donc dès l’origine ? Ce serait une forme de « coopération » ? Et d’où viendraient la guerre, et la paix, et le passage de l’une à l’autre ? — A. Comte (Phil., t. V, p. 138 s.) établit ces correspondances : le fétichisme correspond à l’extermination habituelle des prisonniers, le polythéisme à l’esclavage et le monothéisme à l’affranchissement des serfs (et des prisonniers de guerre). L’explication est subtile : « Le fétichisme est une religion trop individuelle et trop locale pour établir, entre le vainqueur et le vaincu aucun lien spirituel susceptible de contenir suffisamment, à l’issue du combat la férocité naturelle; tandis que le monothéisme est au contraire tellemen! universel qu’il tend à interdire, entre les adorateurs du même vrai Dieu, une aussi profonde inégalité, » En un mot, l’un et l’autre, pour des raisons inverses, sont incompatibles avec l’esclavage et impropres à la conquête (le monothéisme ne l’est pas absolument.) « Les deux âges extrêmes n’expliquant pas lPesclavage, il faut bien que ce soit l’âge intermédiaire, (?) Quant à l’esclavage,