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I -- Le Moteur Humain

A la suite de recherches primordiales de CHAUDEAU et de MaREy, une école française est née, qui s'efforce, en tenant compte de la constitution et du fonctionnement du moteur humain, d'en obtenir le maximum de rendement tout en évitant à l’ouvrier la fatigue et ses conséquences. Un disciple de cette brillante école, Jules AMAR, nous apprend dans son livre sur « Le Moteur humain et les bases scientifiques du travail professionnel » que :

1° La dépense d'énergie est proportionnelle à l'effort de contraction des muscles, à sa durée et au degré de leur raccourcissemient ;

2° La dépense d'énergie, pour produire un travail déterminé, diminue à mesure que la vitesse des contractions augmente ;

3° Il existe un effort et une vitesse optimum pour réaliser le maximum de travail avec la moindre fatigue.

On sait d'autre part que le rendement du moteur humain est de 25 % environ, tandis que le meilleur rendement industriel est au maximum de 16 %. J. Amar a tenté d'évaluer la puissance du moteur humain et il nous donne les chiffres de un septième à un huitième de cheval vapeur. Les intéressants travaux de cet auteur auquel nous ne pouvons que renvoyer le lecteur lui ont

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permis des conclusions que nous devons reproduire In-extenso :

« 1° Le travail, comparé au simple soutien d'une charge, nécessite une dépense énergique supérieure, dans le même temps ; et le travail moteur, toutes choses égales, est plus dispendieux que le travail résistant ;

2° On réalise une économie sur la dépense en travaillant vite, comme en fractionnant les charges et en prenant des repos courts et fréquents ; |

3° Les mouvements de grande amplitude sont plus écoromiques que ceux de petite amplitude et plus souvent répétés ; :l existe un rythme pour le meilieur effet jourralier ;

4° Dans un temps donné, on produirait un travail maximum, si la résistance à vaincre allait en diminuant progressivement, en un mot, si la sensation de fatigue réglait elle-même l'effort des muscles ;

5° L'alimentation hydrocarbonée conduit à une économie de 4,5 pour 100 par jour de la dépense d'énergie, comparativement à un régime d’albuminoïdes ;

6° Le muscle revient d'autant plus vite à son état de repos que son travail à été plus rapide.

Telle est la loi qui permet de déterminer la durée des intervallés de repos, des haltes, au cours de la journée ouvrière et dans l'exercice de tel ou tel métier ; cette loi est capitale, mais son étude n'est pas encore avancée.

L'application des six lois précédentes à l’organisation scientifique du travail professionnel doit permettre à l’homme d'utiliser le mieux possible sa force musculaire, sans préjudice de sa capacité intellectuelle toujours d’un très grand prix ; elle lui évitera, à coup sûr, de franchir les limites physiologiques d’une activité normale. »

Madame IoTEYKO, envisageant également cette question du moteur humain, dit dans son livre sur « La Science du Travail et son organisation », qu'il n’est pas

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impossible, dans les limites infranchissables de la loi de la conservation de l'énergie, d'imprimer au moteur humain une activité qui favorise le dégagement de telle forme de l'énergie plutôt que de telle autre. Le travail statique est souvent stérile, se convertissant intégralement en chaleur et déterminant une fatigue intense. Il faut faire le triage des mouvements les plus appropriés, les plus adaptés au but que l'on se propose ; ils sont quelquefois fatigants et peu productifs, parce que exécutés avec trop grande lenteur, ou avec un effort disproportionné au résultat acquis, mal localisés, devant s’'accomplir avec telle articulation plutôt qu'avec une autre, etc... Elle en déduit la nécessité d'étudier les modes de fonctionnement de l'organisme et de trouver les meilleures conditions de travail, de dépister la fatigue et de poser les bases scientifiques du travail industriel. Envisageant le mode de fonctionnement économique de l’organisme, Madame IOTEYKO rappelle les études de Mosso, la loi de Listing pour les mouvements du globe oculaire, qui sont les plus économiques, etc. HAUGHTON a montré que la forme des muscles est strictement adaptée au genre de travail à exécuter et J. AMAR, que les masses motrices sont réparties dans tout le corps animé sous la loi du minimum de place. Les antagonistes, d’après IMBERT, réduisent la dépense et augmentent le travail, et il ajoute : « Dans les actes mécaniques de même que dans la consommation de l'énergie interne des muscles, on reconnaît sûrement la préoccupation inconsciente et constante de réduire au minimum la dépense d'énergie et la réalisation volontaire des conditions mécaniques qui correspondent à la dépense minima. L'organisme apparaît ainsi comme apte à apprécier l'influence des conditions extérieures

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