‹ Le Rôle de la Médecine dans la Rationalisation du Travail industrielChapitre 25 sur 59 · LUN · texte numérisé non relu

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de nature mécanique et des conditions intérieures de nature physiologique ; il sait donc tenir compte à la fois des lois mathématiques et des lois biologiques, mais 1l porte son jugement toujours par le même procédé et c'est en réalité avec la préoccupation constante d'écarter la fatigue que nous réglons notre fonctionnement ». C’est donc le sentiment de la fatigue, ou de l'effort, qui règle la dépense du moteur humain, qui mène au travail le plus économique à l'adaptation aux meilleures conditions de travail, etc. Ainsi, nous devons rechercher les effets du travail sur l'organisme et étudier la fatigue que nous devons éviter dans notre travail volontaire comme l'animal l’évite d’instinct. En outre, le travail industriel moderne, avec ses nombreuses machines, a allégé le travail des gros muscles au détriment des petits qui demandent moins de dépense et de flux d’excitation. C’est ainsi qu'on a pu dire que le principe des petits muscles était à la base de l’évolution du travail. Mais encore, l'homme ne travaille plus que très rarement comme un moteur, mais de plus en plus comme un appareil psycho-physiologique. Le problème du travail industriel ne peut donc être traité comme une branche de la mécanique appliquée aux sciences naturelles ; il sy mêle un élément psychique dont l'importance croissante doit déplacer l’axe des recherches dans le domaine psycho-physiologique. Quant au rôle phylactique de la fatigue, nous savons que ce sont les mouvements impropres, mal adaptés qui fatiguent le plus. La fatigue, comme toutes les autres défenses psychiques, est sujette à des oscillations, à des illusions, elle peut être insensibilisée, développée outre mesure, ete. Elle est, en outre, sous la dépendance des conditions du travail. En conséquence, la sensation de fatigue ne nous

Le Rte

apparaît pas pouvoir servir de test pour préciser le moment d'apparition vraie de cette fatigue, et jouer le rôle de régulateur du travail optimum. Il faut trouver un autre critérium. Nous avons en vue les recherches scientifiques sur les conditions même du travail, les mesures de la fatigue non seulement subjectives, mais encore objectives. Ainsi, en sachant apprécier le moment où cette fatigue va intervenir, soit consciemment, soit inconsciemment, nous tendrons vers la solution optima qui est d'obtenir de l’homme, à chaque instant, un rendement toujours un peu au-dessous de la limite d'effort qu'il pourrait atteindre, comme le souhaite notre maître, M. le Professeur LECLERCQ, quand il traite de l’utilisation physiologique de l’ouvrier.

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