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volontaires eux mêmes présentent des manifestations de la tonicité. Ainsi, les muscles rouges sont striés ; mais étant très riches en sarcoplasme, ils se rapprochent par leur fonctionnement des muscles lisses, Chacune de ces substances possède donc une énergie spécifique, et son excitant adéquat, conclut M*° Ioreyko. (La substance fibrillaÿre se contracte sous l'influence des excitations brusques et discontinues venues des centres nerveux, la substance sarcoplasmatique des excitations continues). La théorie de la dualité fonctionnelle du muscle s'éclaire actuellement à la lumière de la chronaxie et Lutembacher entreprend actuellement à nouveau l'étude du mécanisme de la contraction musculaire.
Les contractions musculaires productrices de travail amènent la fatigue musculaire. Moss0 a étudié les courbes de- fatigue musculaire par des ergogrammies, et a constaté que « chaque individu a sa courbe de fatigue qui lui est propre et l'ergographe nous donne l'inscription d’un des faits les plus intimes et les plus caractéristiques de notre individu : la manière dont nous nous fatiguons ».
Mosso a trouvé que l'épuisement de la force était graduel lorsque le muscle travaillait sans participation de la volonté. Il a établi la notion du quotient de fatigue
H Hauteur des soulèvements —— = qui est le
N Nombre des soulèvements rapport entre l'effort musculaire et l'effort nerveux dans un ergogramme ; ce quotient mesure la qualité du travail, et, dans des conditions identiques de travail, il est constant pour chaque individu ; il subit une décroissance progressive dans les courbes ergographiques qui se suivent à des intervalles de temps réguliers, mais
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insuffisants pour assurer la restauration complète d’une courbe à une autre. L'étude mathématique de la courbe de fatigue à été faite par M° IorTeyxo et Ch. HENRY, et elle est représentée par la formule : N=H—at°+bt—ct ; cest une courbe parabolique du troisième degré dans laquelle N représente l'effort à chaque instant, H l’effort maxima initial, t le temps en prenant deux secondes pour unité. L’équation générale restant la même pour toutes les personnes et pour toutes les conditions expérimentales, seules les valeurs des constantes varient et il existe donc une caractéristique mathématique individuelle. Selon Me IotEyKko, le paramètre positif b peut être attribué à l’action des centres nerveux, qui grandit au cours du travail. Le paramètre négatif c peut être considéré comme proportionnel à la perte de puissance due à la diminution du combustible, c'est-à-dire des réserves disponibles d'hydrates de carbone. La constante négative c caractériserait la perte de puissance due à l’empoisonnement local par les toxines.
Dans le travail industriel moderne qui demande des efforts et de l'attention, il faut faire à la fatigue intellectuelle, une place importante à côté de ia fatigue physique.
La fatigue intellectuelle est pour Me Ioteyko un abus de la faculté de l'attention. Elle se manifeste, ditelle, par un retard dans l'exécution du travail si le sujet peut disposer de son temps ou par une exécution moins soignée, défectueuse, du travail, par l'apparition des erreurs, si le temps lui est mesuré ou s’il est exactement le même qu'au début de l'expérience, lorsque le sujet n'était pas encore fatigué.
La faculté de produire un grand travail intellectuel dépend de deux facteurs : éviter la fatigue et ne pas
ématique des phénomènes physiologiques provoqués par le travail
Représentation sch
(d'après M. Frois)
perdre le bénéfice de l'entraînement acquis. G. Voss a mis en lumière des oscillations périodiques de l’attention, c'est-à-dire des tensions et des détentes s’accomplissant avec un rythme de 2 ou 3 secondes. Pour Nayrac, l'attention et la volonté ne sont qu'une seule et même chose et une attention soutenue amène nécessairement une grosse fatigue cérébrale.
Quoi qu'il en soit, le travail intellectuel est soumis aux mêmes lois de fatigue, d'exercice, de réparation, de répos par le sommeil, que le travail physique. On a Cependant remarqué quelques différences. Selon MIESEMER, la fatigue physique a tendance à augmenter l'écriture, et la fatigue intellectuelle à tendance à la diminuer, ce que nous avons souvent vérifié.
Le tableau général de l'influence du travail physique sur les efforts volontaires paraît celui d’une excitation tandis que le travail mental exercerait une inhibition.
Un travail intellectuel de courte durée, produit, grâce à la diffusion de l'excitation à travers tout le système nerveux, des effets dynamogènes qui sont équivalents à une stimulation générale, et, dit M®*° IOTEYKO, durant un travail intellectuel prolongé, les effets de la tonicité musculaire cèdent le pas à une vraie fatigue des mêmes appareils, La fatigue est donc une, comme le disait Mosso. Selon KRAEPLIN, la courbe de la fatigue intellectuelle se trouve sous la dépendance de sept facteurs: l'entraînement, la fatigue, l'habitude, la mise en train, la verve, la perte de l'entraînement et la réparation. La fatigue intellectuelle à une influence très évidente sur la mémoire l'attention, la perception des impressions, leur interprétation, le jugement même, ete.
La connaissance de toutes ces manifestations de la fatigue intellectuelle ont permis la création de métho-
AS
des qui prétendent la mesurer. Citons les méthodes : esthésiométrique de GRIESBACH ; algésimétrique (sensibilité tactile et à la douleur), de Vannop, du travail continu, de KRAEPLIN, des dictées de SIKORSKY, des calculs de BENGERSTEIN, de combinaison D'ELBINGHAUS, du tapping, de l'évaluation du temps, etc. Pour le travail intellectuel comme pour le travail physique, la fatigue croît plus vite que le travail et ces rapports sont inverses de ceux qui existent dans la loi de Weber, dit M: loreyKo. Le docteur AMELINE dit : « les nombres qui mesurent la fatigue intellectuelle sont très sensiblement en progression géométrique, tandis que les nombres correspondants qui mesurent la durée du travail intellectuel sont en progression arithmétique » et la courbe mathématique qui traduit ce phénomène a pour formule : X = M — at + bt? — ct + K = elle est de la même forme que la courbe de la fatigue physique.
Nous pouvons ainsi représenter graphiquement, d'une facon schématique les phénomènes physiologiques provoqués par le travail. La courbe de la fatigue nous est connue. La courbe représentative du pouvoir de réfection de l'organisme au cours du travail, est : positive au début du travail, passe par un maximum (euphorie) et décroit ensuite sous l'influence de la fatigue. Elle à l’allure de la courbe D. B. F. La courbe représentative du pouvoir de destruction est une fonction croissante tant que le travail dure. Elle aura une forme telle que A. B. C. Nous obtenons ainsi le schéma suivant que nous empruntons à M. FRois et qui nous montre que toute la science du travail consiste à faire travailler l'ouvrier dans la zone A. D. B., zone d'activité qu'il faut rendre la plus grande possible, sans jamais
mi
dépasser théoriquement le point B qui est censé representer l'apparition de la fatigue.
Toutes les belles recherches entreprises sur la fatigue physique et la fatigue intellectuelle ont donné d’heureux résultats dans les laboratoires. Les chercheurs se sont ensuite attachés à la vérification et l'application des lois découvertes dans le domaine de la fatigue professionnelle. M° IOTEYK, résumant et appliquant ses travaux, énonce les postulats suivants : :
« 14° Le travail journalier de l'ouvrier, suivant une progression arthmétique, son salaire (comme sa fatigue) devra suivre une progression géométrique. Le coefficient d’acroissement des salaires est à déterminer expérimentalement dans chaque métier en prenant en considération les méthodes de travail employées ;
2° A travail égal, salaire égal. La quantité de travail produit sera établie dans chaque industrie. Ce postulat de la justice basée sur l’égalité de la production n’entrant pas en collision avec celui de la justice basée sur l'égalité des charges ; :
3° Nécessité de déterminer un nombre d'heures maxima pour chaque métier. Par suite de l’usure inévitable, une augmentation exagérée du nombre d'heures ne peut plus être compensée par un accroissement des salaires ;
4° Application au domaine pédagogique ; la difficulté à vaincre ne s'accroissant pas proportionnellement à la quantité de matériaux à étudier, mais beaucoup plus vite (ELBINGHANS). »
Il serait évidemment ridicule de vouloir fixer à priori pour toutes les industries et dans tous les pays, la durée de la journée de travail de façon uniforme. La bonne méthode, qu'emploient LaHy, FRois, etc, consiste à
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