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horime qui n'était parfois que la manifestation d’une fantaisie irraisonnée.
La manière dont s’effectuait la formation profession nelle du futur ouvrier, n'était pas pour racheter cette erreur initiale : le développement de la grande industrie avait fait presqu'entièrement disparaître l’apprentissage familial : les écoles techniques professionnelles distribuaient Ges connaissances à un état-major industriel : ingénieurs, chefs d'entreprise, et l'éducation de la masse ouvrière se faisait surtout à l'atelier, à l'usine, sans aucune direction rationnelle ; elle était empirique, livrée au hasard. L’apprenti apprenait d’un camarade d'atelier plus âgé les habitudes de travail qu'une expérience plus ou moins fondée avait données à celui-ci.
L'apprenti devenait et restait toute sa vie un ouvrier insuffisant, inférieur à la moyenne, mal considéré, mal rémunéré, d’un rendement faible.
L'orientation professionnelle de l'apprenti, qui commande celle de l’ouvrier, ne doit pas être livrée au hasard. Elle dôit dépendre, pour une certaine part, des conditions pratiques de vie et de milieu dans lesquelles l'ouvrier se trouve. Il s’orientera plus naturellement vers la production dominante du pays. Il faudra tenir compte de « l'amour du métier » exprimé par l'intéressé, car 1l est un facteur important dans l’habileté, l'application et, par conséquent, le rendement du travailleur. Mais la décision, dit M. le Professeur LECLERCQ doit se fonder surtout sur des considérations physiologiques. Le médecin sera là, dit le Docteur G. Paul Box- COUR, avec un examen médical qui présidera à l'orientation de l'apprenti. Il sera d’abord un contre-indicateur quand il s'agira de changer de direction, L'orientation professionnelle s'inspire d'un principe sur lequel tout
li snonde est d'accord et qui énonce que tout sujet doit être dirigé vers le métier où, obtenant un maximum de rendement il n’éprouve qu'un minimum de fatigue et d'usure et notre maître M. le Professeur LECLERCQ à écrit, dans son ouvrage sur « la main-d'œuvre nationale après la guerre » :
« Orienter l'apprenti physiologiquement c'est, en somme, lui permettre un travail plus facile, une production plus grande, un salaire plus élevé; c’est lui assurer, c'est assurer aux siens une plus grande part de bien-être matériel et moral ; c'est aussi, car l’intérêt individuel et l'intérêt social se confondent, intensifier, par l’augmentation du rendement individuel, la production nationale totale. »
En outre, la période de l’apprentissage, qui se situe de 12 à 17 ans, est celle où les forces de l'organisme paraissent tout entières utilisées au développement de l'être humain, l'accroissement annuel moyen de la taille pour les garçons est environ, de 10 à 12 ans, 3%"6; de 13 à 15 ans, 6 " ; de 16 à 19 ans, 2 " 6. L’augmentation de poids suit une courbe parallèle, elle serait de 7 kg. 5 entre 13 et 14 ans, de 8 kg. 7 entre 14 et 15 ans. Le développement du système musculaire ne se produit guère qu'entre 15 et 17 ans. La puberté est l’âge où le périmètre thoracique de vitalité (rapport de la circonférence du thorax à la taille) est minimum. Les apprentis ne sont pas seulement les ouvriers ou ouvrières dont la robuste constitution est utile, au même titre que leur éducation professionnelle, à la production nationale, ils sont aussi, ils sont surtout les pères et les mères de demain dit notre maître M. le Professeur LECLERCQ qui conclut :
« L'orientation professionnelle du débutant doit se
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baser sur ses aptitudes physiologiques ; son éducation professionnelle reposera sur des bases physiologiques et l'instruction technique en sera le complément indispenseble ; la potion de la vulnérabilité de l'organisme jeune devra présider à cette éducation ; l'intervention d’un ré"ecin doit être constante, au cours de l'apprentissage ; l'établissement d’une fiche médico-physiologique est indispensable. » Et la thèse du Docteur VIELLEDENT, travail du Laboratoire, développe cette opinion.
L'orientation et la sélection professionnelles s’effectuent actuellement dans de nombreux laboratoires perfectionnés et utilisent des mcyens de recherches psychophysiologiques appelées tests par Mac KEEN CATTELL en 1890, épreuves servant à révéler et à mesurer une aptitude ou disposition naturelle, motrice ou mentale, chez un individu. KRAEPELIN, STERN, BINET et TOULOUSE, DECROLY, DE SANCTIS, ROSSOLIMO, HEYMANS, SPEARMAN, THOMSON, BROWN, CLAPARÈDE, MUNSTERBERG, LAHY, etc. se sont efforcés d'établir des tests, qui, au point de vue qui nous occupe, peuvent se subdiviser en :
1° Tests psychologiques, destinés à révéler et mesurer diverses aptitudes psychologiques simples (acuité auditive) ou complexes (aptitude au dessin) et se divisant en tests’ d'intelligence générale et tests d’aptitudes spéciales ;
2° Tests professionnels, destinés à révéler et mesurer l'aptitude à exercer une profession déterminée. Ce sont les plus importants pour nous. Ils se présentent géné-
ralement sous l’une des quatre formes suivantes :
1° Tests synthétiques bruts, qui reproduisent dans sa complexité l’acte même de la profession envisagée ;
2° Tests synthétiques analogues, qui reproduisent une
invilation plus où moins lointaine de l'opération professionnelle envisagée ;
3° Tests analytiques, établis en décomposant la profession en opérations élémentaires ;
4° Tests quelconques, dont on établit la corrélation avec telle ou telle profession.
Le fonctionnement d'un centre d'orientation et de selection professionnelles exige d'abord la connaissance parfaite des travaux professionnels et leur classification par rapport aux aptitudes exigées puis la connaissance des aptitudes naturelles de l'homme (sensations, aptitudes motrices et psycho-motrices, l'intelligence au sens le plus étendu) et la pratique des métohdes psychotechniques. Un autre facteur vient d'être introduit dans ces organismes, il s'agit de connaître les professions qui sont marquées par une pléthore et celles qui manquent d'éléments et de diriger au mieux des exigences du marché du travail les apprentis vers les professions qui leur permettront un meilleur mode d'existence.
Chaque institut fonctionne à sa manière. Il en est de remarquables, en Allemagne, en Allemagne, en Belsiaue, en Angleterre, à Zurich, ete. Chez nous, l'Ensei- £nement technique à créé de nombreux offices d'oriention professidnnelle, Nous citons le fonctionnement du laboratoire de psychologie professionnelle de l'Inslitut d'orientation professionnelle de Barcelône, publié dans les annales de l'Institut Lannelongue. Dans cet Institut, la classification des travaux professionnels par rapport aux aptitudes exigées a été envisagée d'une manière plus générale que les classifications faites par les auteurs allemands (Piorkowski, ete.). On a considéré que tout travail exige : 1° Un certain nombre de connaissances ; 2° Un certain désir ou intention intérêt) de
SL éd: à 2.
Le faire ; 3° Un certain degré d'activité pour pouvoir l’accomwplir. Etant donné que ces trois conditions sont sous l’intime dépendance de l'intelligence, du tempérament et du caractère des sujets, on y a pris ces facteurs comme base de classification.
1° L'intelligence générale est déterminée par les tests suivants : « définitions, associations opposées, preuve des Pes (Mira), test d'Ebbinghaus (ces tests ont pour but de déceler l'intelligence verbale), Railway test, test du cube (Knox), test de la palanque (intelligence mécanique), Différenciations, syllogismes, situations complexes (intelligence abstraite). »
2° Par rapport au tempérament, les investigations se basent sur les points suivants : 1° Résultat de l'examen médical et physiologique ; 2° Résultats de l'examen des réflexes (cutanés, tendineux et surtout vasomoteurs) ; 2° Résultats de l’investigation de l’'émotivité ; 4° Résultats des tests de monotonie ; 5° Résultats de l’investigation de la mobilité attentive,
Grâce à cet examen, les expérimentateurs ont pu considérer deux sortes de dicotomies du ternpérament : 1° Temmpéraments enclins aux émotions exallantes et tempéraments encliné aux émotions dépressives (cette dicotomie résulte des trois premières investigations susdites). Tempéraments autornatisables et tempéraments non autorutisables (on établit cette division suivant les résultats des deux dernières investigations), Aux tempéraments automatisables conviennent les travaux déterminés (dans lesquels les actes ne varient pas en fonction du temps) ét aux non automatisables les travaux variables.
3% Par rapport au caractère, les travaux professionnels ont été divisés en trois groupes . à prédominance
perceptionnelle, à prédominance réactionnelle et perceptoréactionnelle.
Les moyens dont les auteurs se sont servis pour distinguer, sur un individu donné, lequel de ces groupes est le plus en accord avec ses aptitudes, sont :
1° Les données de la fiche scolaire (pédagogique) ;
2° Les données de la fiche physiomédicale (sanitaire);
3° Les données de la fiche individuelle, c'est-à-dire, du questionnaire hétérointrospectif auquel est soumis le sujet (vocationnel) ;
4° L'investigation des {emps de réaction et d’exécution ;
5° Le tapping test ;
6° L'étude expérimentale de la fatigue physique et de la fatigue intellectuelle et leur rapport.
Cet institut donne d'excellents résultats pour l’industrie espagnole,
La sélection professionnelle des ouvriers lors de l'entrée dans une usine est souvent, et bien à tort, négligée. De nombreux directeurs d’établissements industriels accordent généralement peu d'attention à l’aptitude de l'ouvrier ; on l'embauche, on lui assigne une tâche sans examen physiologique et psychologique ; de là des pertes de temps et d'argent considérables. L'organisation rationnelle du travail dans l'usine donnera des résultats beaucoup plus appréciables, si elle a été précédée de l'orientation rationnelle des travailleurs, dit le Professeur LECLERCQ, et il apparaît donc nécessaire de compléter la fiche médicale qui constituera lors d’un accident du travail, le dossier de l'état antérieur, par la fiche physiologique qui permettra l'orientation et l’utilisation industrielle de l’ouvrier.
Nous reproduisons le modèle de fighe proposé, il ya
déjà treize ans par notre Maître, le Professeur LECLERCQ, dans $on ouvrage sur l’utilisation physidlogique de l’ouvrier :