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LES ACCIDENTS DU TRAVAIL ET LES MALADIES PROFESSIONNELLES

L'orientation et la sélection professionnelles, en utiisant l'ouvrier comme il doit l'être, ont encore un autre avantage précieux. Outre qu'elles assurent la stabilité de la main-d'œuvre, elles réduisent dans de fortes proportions la fréquence et la gravité des accidents du travail.

Les accidents du travail sont beaucoup plus fréquents qu'on ne le suppose généralement ; ils sont même si nombreux qu'ils finissent par prélever un lourd tribut, non seulement sur la santé et le bonheur des classes ouvrières, mais encore sur la production économique. M. Fois écrivait l'an dernier : « Par une évaluation toujours très au-dessous de la vérité, on trouve que ces trente millions de journées de chômage (dues aux accidents) coûtent aux ouvriers, aux patrons, à la production, plus de cinq milliards et demi de francs par an » et il réclamait contre cette « plaie sociale » qu'on mit en œuvre tous les moyens dont nous disposons,

Dans toutes les industries on s’est efforcé d'en réduire le nombre et la gravité.

Pour déterminer la méthode la plus efficace de prévention des accidents il est nécessaire d'identifier dans la mesure du possible leurs diverses causes et d'évaluer

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approximativement le degré relatif d'importance qu'il convient d'assigner à chacune d'elles. « La plupart de ces Causes ont, en dernière analyse, une origine humaine » lisons-nous dans les cahiers d'hygiène du Bureau International du travail. L

Le développement de la médecine sociale a amené les experts à mieux étudier les facteurs qui conditionnent l'accident. IMBERT a mis en relief, en 1905, la fatigue conime une des causes importantes de l'accident industriel. PIERAGCINI, deux ans plus tard, attirait l'attention sur d'autres facteurs, tels que l'horaire du travail, le manque de repos au cours de la journée, etc.

Les facteurs qui conditionnent l'accident peuvent être classés comme facteurs « extérieurs » et facteurs « individuels ». On peut comprendre dans le premier groupe : le genre de travail( la modalité des opérations, l'horaire, le travail de nuït, la semaine ou la succession des jours de travail, les conditions météorologiques, la superficie et le cube à la disposition de l’ouvrier, la température ambiante, la ventilation, l'éclairage, le degré hygrométrique, l'intensité du travail, les dangers professionnels inhérents à chaque travail ou à chaque opération, le salaire, etc. Parmi les conditions individuelles on peut comprendre : le liea de provenance de l'individu (race, naissance, etc.), le lieu de résidence, l'âge, l'instruction, le temps de service, la constitution physique, psychique, endocrinienne, etc.

Il est toutefois très difficile de tracer dans la pratique une ligne de séparation nette entre les accidents dus au facteur humain, les accidents dus au facteur mécanique et ceux dus à une combinaison de ces deux éléments. TL est évident que tous les accidents ne dépendent pas du « facteur humain ». Sur 2.678 accidents relevés en

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Illinois en 1910, Bocarpus a troivé que 17,2 pour cent étaient indépendants du travailleur et que le reste, soit 82,8 pour cent, dépendaient de l'absence de mouvements exacts. Sur 100 accidents mortels, FRoïs en a trouvé 25 dus à des causes fortuites et imprévisibles, 32 dus à une protection insuffisante du travail et 43 à une mauvaise adaptation de l'ouvrier (déficience des facultés techniques, 18 ; des facultés physiologiques, 15 ; des facultés psychologiques, 18).

Si l’on examine donc le phénomène « accident » selon les données de la science moderne, on est amené à admettre que les accidents provoqués par des causes imprévues, impossibles à prévoir, sont très rares, et que dans presque tous les cas la vraie cause est l « homme » lui-même, par le fait d’un déséquilibre physique ou psychique (aujourd’hui on doit parler même d'un déséquilibre des fonctions endocriniennes), congénital ou provoqué par des maladies intercurrentes et à l’état latent, dont trop souvent l’homme ne se rend même pas compte.

D'où l'importance de l'examen physiopsychique et de la sélection individuelle. L'hygiène industrielle apparaît aussi comme un facteur qui diminue le nombre des accidents, nous verrons qu'en même temps, elle augrmente le rendement.

La création d’un service spécial d'accidents dans une usine est d’une action réellement efficace. Il suffit pour s’en convaincre de prendre l'exemple des usines Berliet.

Notons l'influence néfaste du travail de nuit qui est “contraire aux lois physiologiques ; l'homme est un animal diurne et non nocturne. Le rythme de la vie est modifié par le travail de nuit et l’ouvrier ne peut béné-

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