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travail humain. Taylor put ainsi préciser les règles générales qu'il faut suivre pour ces études :
« 1° Trouver 10 ou 15 hommes, appartenant de préférence à des usines distinctes et originaires de pays différents, entraînés spécialement au travail que l'on désire analyser ;
2° Etudier la série exacte des opérations et des mouvements élémentaires que fait chacun de ces hommes en exécutant le travail considéré et les outils qu'il emploie ; Ù
3° Etudier au compteur à secondes le temps exigé par chacun de ces mouvements élémentaires et choisir le procédé permettant de gagner le plus de temps ;
4° Eliminer tous les mouvements lents et inutiles ;
5° Cette élimination faite, grouper la série des mouvemeñts les plus rapides et les plus efficaces et employer les meilleurs outils. »
LaAHY qui a étudié ce système, en conclut que l’efficacité du système Taylor peut se ramener aux trois causes suivantes :
« 1° La sélection des ouvriers par laquelle débute nécessairement toute application de la méthode ;
2° Le surrendement imposé à l’ouvrier par le chronométrage et le mode du salaire ;
3° L'ensemble des mesures administratives qui règlent dans toute l'usine l’emploi méthodique du temps et l’utilisation des forces mécaniques et hurnaïnes dont dispose l’entreprise. »
I1 faut savoir que Taylor a toujours considéré que l’ouvrier limitait volontairement son travail. Il a sélectionné non pas par la mesure des aptitudes, mais par la comparaison des rendements des divers individus, et semble ainsi ignorer la physiologie du travail.
Au point de vue de la psychologie ouvrière, Taylor ne s'est attaqué qu'à la façon la meilleure de reprendre un ouvrier en défaut. Par ailleurs, il nous dit qu’« il est inexact de croire que l’ouvrier soit un, être stupide, inaccessible à tout raisonnement intelligent, capabie seulement d'absorber les häbleries de ses fiatteurs et qu'avec les méthodes modernes de travail, très perfectionnées, mais aussi très compliquées, il n'est plus possible à l'euvrier de trouver dans chaque cas particulier, les fours de main les plus avantageux ». Un autre résultat très important des études de Taylor concerne le grand avantage du travail à la tache fixe. Ce changement dans l’organisation du travail, dit-il, impose un effort et des dépenses considérables à la direction de l'usine, mais il ne demande en moyenne rien de plus à louvrier ; moins d'initiative d’une part, plus de discipline de l’autre, mais pas plus de fatigue physique. Il donne les trois parties essentielles de l’organisation scientifique du travail :
1° Des études préalables nécessaires peur la fixation de cette tâche :;
2° Des instructions données aux ouvriers pour leur permettre la réalisation de la tâche demandée :
3° Un système de rémunération de nature à pousser les ouvriers à accepter la nouvelle organisation.
H. LE CHATELIER disait en 1915, du système Taylor :
« Il va continuer à se développer d’abord lentement, puis il prendra une marche accélérée. La lenteur actuelle vient de la nécessité de l'accord parfait entre le chef d’entreprise et le chef d'atelier et la probabilité de la rencontre dans une même usine de deux hommes indispensables est infiniment faible. Le système progres-
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sera à Cause de la concurrence qu'il créera, les prix de revient des usines qui l’appliqueront devenant très faibles. »
F. W. TayLoR fit école en Amérique et on peut noter chez ses collaborateurs par exemple, C. B. THoMPsON, les déclarations suivantes
« 1° Un travail bien fait, dans des conditions appropriées, est intéressant et hygiénique pourvu que l’ouvrier soit bien portant et bien nourri. Un ouvrier mal nourri est toujours surmené, même avec une tâche très limitée, Un travail irrégulier, dans des conditions défavorables, provoque une fatigue nerveuse qui détruit la santé de l’ouvrier ;
2° Les hommes diffèrent mentalement et physiquement de façon très variée et il faut chercher pour chacun d'eux l'occupation la plus convenable. On peut toujours s'arranger pour utiliser au mieux leurs aptitudes ;
3° On peut obtenir la collaboration de ses ouvriers, quand on à su les convaincre que leur chef renonce à l’état de guerre, et est disposé à partager avec eux les bénéfices résultant de toutes les améliorations de la fabrication. »
W. ALLINGHAM aussi est convaincu que le temps dépensé dans des discussions avec les ouvriers pour discuter par exemple de l'entretien des machines, de la production la plus économique, du chronométrage, etc., causeries où chacun est traité comme un homme dont les opinions représentent une valeur, est loin d'être gaspillé.
C. B. THoMPsoN reconnaît que le système de Taylor ne résoud pas le problème des salaires ; il définit rigoureusement ce qu'on entend par une bonne journée de travail, mais il laisse la définition d’une bonne journée
de paye. Taylor lui-même ne voulait pas payer les ouvriers au-delà d’une somme fixée arbitrairement, car, disait-il, ils gaspillent leur argent et le dépensent inutilement.
MEeyers. sous la forme d’une série de lois, recommande :
« 1° Avant de commencer tout travail, savoir ce qu'on veut faire, et définir avec précision le but visé ;
2° Préparer les instructions (régler chaque opération, quand, comment, où, en combien de temps, etc...) à remettre à l’ouvrier, et assurer le renouvellement des matériaux ;
3° Se procurer les machines les mieux adaptées à ce genre de travail, réaliser la meilleure disposition pour obtenir la meilleure utilisation et le meilleur entretien;
4° Pour chaque sorte de travail, il est nécessaire de choisir les ouvriers les mieux adaptés à ce genre de travail et de ne jamais les détourner de leur travail principal par des occupations accessoires ;
5° Contrôler l'exécution des ordres. Vérifier la conformité du travail :
6° Etudier continuellement les perfectionnements à apporter aux dépenses, aux méthodes de travail, aux machines, aux outils, aux produits et au travail des ouvriers, etc... »
Il faut lire les publications nombreuses et éparpillées de Taylor pour bien le comprendre ; nous y renvoyons le lecteur, car les collaborateurs de Taylor nous apportent des principes d'organisation du travail qui sont déjà bien modifiés. Mais, remarque importante, tous tendent à démontrer l'influence capitale du facteur humain dans le travail industriel et tous cherchent à