‹ Le role de la monnaie dans le commerce international et la théorie quantitativeChapitre 13 sur 44 · Trad.-Souv.-Joudan, p. '2'3, note · texte numérisé non relu

Trad.-Souv.-Joudan, p. '2'3, note

exemples. Nous examinerons ensuite la valeur de la théorie de St. Mill.

En ce qui concerne le premier exemple, il ne saurait avoir d'intérêt que si nous savions exactement en quoi consiste la supériorité d'aptitude en question ; s'il ne s'agit que de supériorité physique, elle peut être neutralisée par l'infériorité sociale : manque de bras ou de capitaux, de telle sorte qu'il y ait en réalité infériorité d'aptitude économique.

Quant au deuxième, souvent cité sous diverses formes, il n'a aucune signification pour la question qui nous occupe : quand des terres sont occupées par des cultures maraîchères, elles cessent, par là même, d'être aptes à la culture du blé. Il est donc exact de dire que les habitants de cette île auraient pu produire avec avantage des primeurs ou du blé, et qu'ils ont choisi la culture la plus avantageuse. Mais il est inexact d'affirmer qu'ils peuvent produire des primeurs et du blé. Ils n'ont donc pas la supériorité à la fois dans les deux marchandises considérées, y compris celle qu'ils importent ; et nous sortons de notre hypothèse.

Passons au raisonnement de St. Mill. Il explique fort bien quel serait l'intérêt d'une nation et sa politique, lorsque sa productivité serait inférieure à sa faculté de consommation, si elle était

une personne. La Suède, dans cette hypothèse, aurait encore avantage à obtenir son coton au prix du fer. Mais quel est le commerçant suédois qui irait vendre du fer à perte, en Angleterre ? car nous ne pouvons supposer qu'il se trouverait des Anglais disposés à acheter leur fer aussi cher qu'en Suède, pour lui permettre de se fournir de coton dans des conditions meilleures, ni même pour accroître le bénéfice de l'Angleterre.

Et d'autre part, si les Anglais ont une telle supériorité dans la production du coton, pourquoi seraient-ils obligés d'acheter du fer en 'Suède? Leur supériorité chassera les producteurs indigènes du marché national ; ceux-ci seront réduits à l'émigration ; et le Suède assistera au drainage de son numéraire si rien ne

rétablit l'équilibre des échanges.

Stuart Mill remarque fort justement qu'une émigration en masse serait l'anéantissement de l'économie nationale ; mais il n'y a rien, dans son hypothèse, qui explique pourquoi un commerçant vendra à l'étranger des produits dont le coût de prochictiuii est supérieur dans son pays ; rien, [)ar conséquent, ipii inditpie ce ({ui [)eut empêcher cette émigration en masse.

1! (''vilo, avec soin, dons son argumentation, d'employer la notion de prix : cependant, le

commerçant ne vendra que s'il a un bénéfice, si une différence de valeur des monnaies compense la différence de coût de production. C'est dans ce cas seulement que cette seconde proposition de St. Mill serait concevable.

Tout cet effort de St. Mill, pour donner à la théorie ricardienne une base plus large, en la fondant non pas sur le mécanisme des échangeSj mais sur les conditions primordiales de l'échange est donc vain. Il n'y a rien à retenir, croyons-nous, de cette conception paradoxale, contre-sens d'une interprétation littérale de Ricardo, dans laquelle la fonction de la monnaie consiste à neutraliser les effets de sa propre existence, et à rendre le commerce international aussi identique à un troc que si elle n'existait pas.

Si les conditions primordiales de l'échange ne suffisent pas à justifier la croyance à un équilibre des échanges internationaux, il nous reste à examiner si cet équilibre peut résulter automatiquement du mécanisme par lequel ils s'opèrent en fait, c'est-à-dire de l'intervention de la monnaie.

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