StuartMill, Principles, Livre III, Gh. XX
2. Dans les pays à monnaie dépréciée, la prime de l'or ne dépend pas seulement de l'état de la balance.
la circulation : la prime indique une variation de valeur du métal non par rapport aux marchandises, mais par rapport aux autres moyens d'échange.
Nous avons dégagé ce qui, dans les institutions et la pratique contemporaines, permet de dissimuler les variations momentanées de la balance des comptes et donne aux causes profondes d'équilibre l'occasion de se manifester. Les partisans de la théorie ricardienne voient dans le fonctionnement de ce mécanisme une conlirnialion de leur thèse. Cependant nous hvons observé déjà : d'abord, que la conséquence de leur conception serait non un état d'équilibre mais une perpétuelle tendance à l'équilibre, par de perpétuelles oscillations ; puis, que le mécanisme du change ne pouvait se ramener logiquement nii [)i-()cessus inqjliqué par la théorie. Enhii, (le cette possibilité d'éviter les transports de monnaie que nécessiteraient les fluctuations momentanées de la balance des comptes, il est assurément permis de conclure que tout mouvement dans la balance des comptes n'est pas nécessairement suivi d'un mouvement de numéraire et partant qu'il n'existe pas entre ces deux termes de relation constante.
Mais si la relation entre les mouvements de
la balance et ceux du numéraire n'est pas telle que l'on puisse lui attribuer un état d'équilibre, qui s'explique souvent par un mécanisme différent, est-elle, du moins, suffisante pour qu'il soit permis de lui attribuer le rétablissement de cet équilibre lorsqu'il est détruit par le libre jeu des transactions individuelles ? Nous n'avons, en effet, constaté jusqu'ici l'absence de relation constante entre la balance des comptes et les transports de numéraire que lorsqu'il y a, dans l'état des transactions, une cause profonde d'équilibre, lorsque, sur une période plus ou moins étendue, la compensation est possible. Le mécanisme du change n'est pas autre chose qu'un moyen de compensation.
Mais lorsque, en étendant la durée des opérations, l'écart entre les créances et les dettes, au lieu d'être neutralisé, s'accroît, le règlement de la différence s'impose ; c'est alors seulement que doit intervenir à proprement parler un procédé de règlement. Il convient donc de répéter ici la question posée d'une façon générale au début de ce chapitre : les mouvements de la monnaie métallique interviennent-ils toujours dans le règlement des comptes internationaux?
A cette question l'expérience des faits contem-
porains donne une réponse négative. Dans cet aspect particulier de sa fonction, lorsqu'elle est exportée comme une marchandise complémentaire, la monnaie métallique a un substitut dans les valeurs mobilières. Dans quelle mesure l'emploi (le la monnaie métallique est-il diininuc par celui des titres ? C'est ce qu'il est impossible de déterminer directement par la statistique.
Aussi allons-nous essayer d'abord de mesurer l'importance des transactions sur les valeurs mobilières dans le commerce international ; nous indi([uerons ensuite les cas dans lesquels les valeurs mobilières jouent le rôle de monnaie.
Les transactions sur les valeurs mobilières affectent doublement la balance des comptes : les capitaux prêtés rendent débiteur le pays prêteur, créancier le pays emprunteur ; les intérêts à payer agissent en sens inverse. Et si l'on considère que les grands pays se font des emprunts réciproques, on constate entre eux un double courani r(''ciproque de capilaiix cl (rinl(''rêts. Mais, en fait, certains pays jouent surtout le rôle de créanciers, d'autres celui de débiteurs, et l'on a surtout à considérer d'une part le courant des capitaux, d'autre part cehii des intérêts.
Nogaro 7
Une première observation permet de constater l'existence des valeurs mobilières parmi les éléments du trafic international, et de se faire en même temps une idée de leur rôle. La plupart des pays, grands ou petits, dont le développement économique est achevé ont, en effet, une balance commerciale {stricto sensti) défavorable. Ainsi Tannée 1901, prise pour exemple, présente le tableau suivant :
Angleterre (conim. général) AUcniagne (coinm. spécial)
Belgique
Danemark
France
Suède (1900)
Norwège
Suisse