Ibid.,t. III. Rapport de Neymark
3. Cf. Valeurs mobilières cotées à Paris sur les marchés en Banque. Statistique de la Chambre syndicale des Banquiers en valeurs au comptant.
à la fois sur [)liisieurs places, leur revenu est évalué à la fois dans la monnaie des divers pays où elles sont négociées, ou bien il est simplement évalué en or, monnaie internationale. A la bourse de Vienne, à la fin de 1899, sur 11.647 millions de llorins, 3.061 millions étaient cotés en or. Ces valeurs sont [»arliculièrement propres au trafic entre les divers marcbés, malgré les différences de système monétaire. Elles donnent accès aux pays à monnaie dépréciée sur les places des nations à étalon d'or.
Ainsi, tandis que les titres des principaux états se négocient indifféremment sur le marché national et sur les marchés voisins, les états pauvres émettent leurs emprunts sur les grandes places : dételle sorte que tous les pays commerçants sont reliés entre eux par tous les grands marchés de valeurs.
Cette importance du marché international des valeurs mobilières va toujours croissant : ainsi la seule cote officielle de la bourse de Paris présente le tableau suivant (1) :
EnlSoO :28 valours étrangt'res
» -1869 69 » » (dont 4 industrielles)
31déc. 1899 ^73 » » (dont 1 '23 industrielles)
1. Congrt'S international des valeurs iin)bilières, t. II, E. Théry. Les culeAirs mobilières en France.
Ainsi les cotes de bourse donnent une idée assez exacte de l'étendue du marché international des valeurs mobilières ; mais elles ne nous renseignent pas sur la quantité des valeurs étrangères souscrites ou achetées par les nationaux d'un pays ; et par conséquent elles nous laissent ignorer le montant des capitaux exportés et des intérêts importés par les transactions sur les valeurs. Car elles figurent simultanément sur chacun des marchés pour le montant total de leur émission.
Les statistiques fiscales fournissent des indications un peu plus précises à certains égards. Car les sociétés ne soumettent leurs titres à l'impôt d'un pays que s'ils sont souscrits, ou du moins s'ils ont de grandes chances d'être souscrits. En France, de 1884 cà 1898, 19.560.561 titres, représentant 14.899.712.568 francs (valeur nominale) pour 44 pays étrangers, ont été souscrits à la Bourse de Paris (1). Mais, outre que certains titres échappent au timbre (par exemple, en France, les coupons de fonds d'Etat étrangers), le titre une fois timbré, circule, d'un pays à l'autre, un nombre de fois indéfini. Et ainsi les
1. Congrès des valeurs mobilières, t. III. Rapport de Jobit, voir aussi t. IV, rapport de Fernand Faure.
iiîouvcniciils iiiloriialittnaiixclo lilros qui comme nous allons le voii-, iui|»t>i-|(Mil le plus à la sdlution de notre problème, nous échappent.
Sur certains titi-os nous avons des renseignements particuliers (jui permettent de suivre leurs transferts d'un pays à l'autre. Ainsi, pour la l'ente italienne, la slalish([n(> suivante du direcloui- do la dette pul)li(pi(' ilalicune, iiidi(|iio un courant prcsijue cnnlinu de i'(''iiiiportation :
ANNÉF.S
PAIK.MKNTS NETS
elTeclués en Italie
PAIE.MEMS .NETS
effectues à l'olranger
milliers de lire 253.242 307. 8G0 307.795 344.752 361.297 365.720 371.974 381.048 391.464 396.307
milliers de lire 192.113 159.849 102.339 1U2.540 105.331 106.GÛ7
Les iiid ira lions les plus adfMpiales à in ilrc sujet ressorleiil des (''\aluali< iii< (pii oui r\r l'allés par divers économistes d'après des d(''p(iiiillciiieiits de portefeuilles de di\erses eal(\L:t>i-ic<, eliojsis
comme échantillons. Ils donnent des indications concordantes avec celles des cotes des bourses sur le développement des valeurs internationales et permettent de préciser les évaluations des capitaux prêtés et des intérêts dûs à l'époque actuelle.
L'évaluation de la proportion des titres étrangers dans les portefeuilles français, pour différentes époques, donne les résultats suivants :
En 1871 de 10 à 12 milliards d'après Léon Say.
» 1880 de 12 à 15 » » Paul Leroy-Beaulieu.
» 1888 de 18 d'après de Foville à 20 d'après Neymark.
» 1897 26 d'après R. G. Lévy.
31 déc. 1899 27 d'après E. Théry (1).
Actuellement sur un total de 88 milliards de valeurs mobilières qui seraient entre les mains de porteurs français, 26 ou 27 milliards seraient composés de valeurs étrangères dont le revenu est évalué à 1.200 millions environ (2). Et, par contre, un dixième des titres français seraient aux mains de porteurs étrangers.
En comparant les indications qui ressortent de ces évaluations avec celles que fournit la balance
1. Congrès desvaleurs mobilières. II, E. Théry, Les valeurs mobilières françaises.
2. Bulletin de l'Institut international de statistique, 1900. Rapport de Neymark sur les valeurs mobilières et E. Théry. Ibid.
coniineirialo, on a pu essayer de mesurer la somme des transactions sur les valeurs mobilières qui affeelent l'actif et le passif du l)ilan annuel [)ar le raisonnement que voici : « Entre 1895 et 1899 dit M. Limousin (1), l'écart entre le montant des ex[)ortations et celui des inipoi-lations en France a été en moyenne de 477 millions pai- an ; or, nous avons à recevoir en moyenne 1 milliard. Qu'est devenue la difîérence ? Faut-il penser qu'elle nous a été payée en or ? Ce n'est pas vraisemblable ; car notre encaisse or ne s'est pas, pendant cette période, accrue de 267 millions. Ici encore, nous retrouvons les valeurs mobilières. Cette différence a été vraisemblablement représentée par l'introduction de nouvelles valeurs (étrangères) dans les portefeuilles ».
Ce raisonnement appelle quelques réserves sur la part qui revient à d'autres éléments invisibles de la balance des comptes (frets, etc.) et même à certaines transactions sur les valeurs mobilières : ventes de capitaux français ou rapatriement de capitaux pai- IN'I ranimer, intérêts des capitaux français appartenant aux porteurs étrangers. Cependant, étant domu'' que la France est un pays surtout créancier, la part principale