‹ Le role de la monnaie dans le commerce international et la théorie quantitativeChapitre 22 sur 44 · Conirn's int. val. mob., t. III · texte numérisé non relu

Conirn's int. val. mob., t. III

de l'actif dans le compte des valeurs mobilières revient aux intérêts et celle du passif aux titres étrangers souscrits ou achetés, par conséquent aux capitaux exportés. Et, en tenant compte des divers éléments mentionnées, il y a là un moyen d'apprécier approximativement l'étendue des deux courants auxquels donnent lieu les transactions sur les valeurs mobilières.

Mais notre but est de déterminer non pas l'importance des valeurs mobilières comme élément delabalance des comptes, mais leur rôle comme monnaie internationale. Et nous n'avons abordé la première question qu'en vue d'élucider la seconde.

Si nous nous reportons aux comparaisons de la balance commerciale et de la balance iTtétallique indiquées plus haut pour divers pays, nous constatons que, si elles ne nous apprennent pas quel est le montant des valeurs mobilières qui figurent dans la balance des comptes, elles nous indiquent non seulement quel est le solde annuel de ce compte, mais aussi s'il figure au passif ou à l'actif.

Or, il semble que, dans la plupart des cas, un pays que sa balance commerciale rendrait créancier de l'étranger est rendu débiteur par le solde de son compte de valeurs mobiliè-

res, tandis que les pays fini oui iinr balance commerciale défavorable sont rendus créanciers grâce au chapitre des valeurs mobilières : ainsi l'antinomie de ces deux comptes semble tendre àéquilil)rerle bilan international.

Cependant, de ces consi(l(''rali(Uis, il n'y a pas lieu (le conclure, sans autre oxplicalion, ([iic le rôle des valeurs iinihilières dans le cnniinerce international est de redresser la balance des comptes : nous n'avons jusqu'ici considéré dans les valeurs mobilières qu'un élément du bilan dont les (|uantités à l'actif et au passif ne dépendent que du libre jeu des intérêts particuliers : s'il se trouve, actuellement, que, souvent, le compte des valeurs mobilières tend, en fait, à corriger celui des marchandises, nous ne sommes pas autorisés à en conclure que ce soit là son rôle.

Pour que les valeurs mobilières soient considérées comme jouant dans le commerce international le rôle d'une monnaie, il ne suffit pas que les transactions auxquelles elles donnent lieu, à un moment donné, se soldent par un excédent (le nature à compenser celui ([ui i't''sull(> des auti'es (''l(''meiits (je la balance des eouiiilcs : il ne suffit pas, {)ar exemple, si la balance coiuiueiciale a fait perdre à la l'i-ance 600 uM'lIioiis, (|ue les transactions sur les valeurs nxibiliéres se

soldent par un excédent à peu près égal en sa faveur, pour que l'on puisse affirmer que les titres ont fait fonction de monnaie ; car on pourrait aussi bien dire que, les transactions sur les valeurs mobilières ayant fait pencher la balance des comptes de 600 millions en faveur de la France, l'étranger a dû payer la différence, en envoyant pour 600 millions de marchandises : ce seraient donc des marchandises qui auraient servi de monnaie. Une conception aussi vague n'éclaircirait pas le problème. Si ces deux comptes, celui des marchandises et celui des valeurs mobilières, se sont établis simultanément et indépendamment l'un de l'autre, on ne peut dire d'aucun des deux qu'il a corrigé l'autre. Ainsi le besoin de trouver des placements chez les capitalistes des Etats-Unis amène une hausse des cours, qui provoque le rapatriement des titres émis autrefois sur le continent ; et les créances qui résultent de ce rapatriement nous dispensent de payer l'excédent d'exportations des Etats-Unis en or. Mais cela ne prouve pas que les titres soient ramenés aux Etats-Unis par l'état de la balance commerciale et fassent office de monnaie.

Pour que' les valeurs mobilières soient une véritable monnaie, il faut que, postérieurement à

rétahlinsenient du bilan iuteriuilnuudj elles soient employées à rendre le passif èyal à l'actij'. Supposons, à un nionienl donné, l'Anglelerre dél)itrice des Etats-Unis : ronsemble des élémenls du commerce international, y compris certaines transactions sur les valeurs mobilières, ont abouti à une balance défavorable qui se nuinifeste par la cherté du change ; il y a un ejucèdent de dettes arrivées à échéance qu'il Jaut payer. Nous nous trouvons donc en présence d'une balance déterminée, d'un bilan arrêté. Dans ces circonstances, les vcdeurs mobilières pourrontelles être employées au règlement^ comme le seraient les métaux précieux'^

On a vu des Etats vendre des titres sur les marchés étrangers, dans le seul but de payer une dette extraordinaire sans trop appauvrir la circulation métallique (1) ; des gouvernements peuvent aussi contracter des emprunts à l'étranger pour rendi-c leur pays créancier du montant de l'émission et faire bénéficier la balance commerciale de cette créance momentanée. — Il arrive aussi que des commerçants, débiteurs d'une place étrangère, y envoient des coupons pour les y faire toucher ou des titres pour les y faire vendre au profit de leurs créanciers :

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