Clare. Le marché rnoaétidre anglais
II y a donc deux facteurs qui peuvent agir sur le prix d'une niùme valeur sur deux places différentes : son cours et le cours du change. Dès lors, plusieurs hypothèses sont possibles : l'un de ces deux facteurs agit seul, le change étant au pair, ou la cote étant la même ; les deux facteurs agissent ; et cette hypothèse se subdivise : ils agissent dans le même sens ou en sens contraire.
Or le cours du change tendra toujours à faire transporter les valeurs du pays qui a la balance défavorable (excédent de dettes) vers celui qui a la balance favorable (excédent de créances). 1m i effet, c'est lorsque la balance est favorable que le change est favorable et diminue ainsi le prix des marchandises achetées à l'étranger, — celui des valeurs mobilières parmi les autres. L'influence du change tend donc à accroître les créances du pays qui a trop de dettes, et à accroître les dettes de celui qui a des créances en excès. En d'autres tei'mes, il tend à rétablir l'équilibre, en faisant jouer aux titres mobiliers le rnle de monnaie.
Quant à la cote en bourse, si elle dci)endait uniquement de la relation qu'il y a entre les mouvements internationaux (hi uuuiéraii-e et le marché monétaire d'une [)ai-t et, d'autre pari, le iiiaicht'' uioii(''laire o[ celui des caititaux, elle serait
moins élevée dans le pays auquel une balance défavorable a fait perdre du numéraire ; et par conséquent, c'est ce pays qui exporterait les titres et deviendrait créancier de leur prix. Ce second facteur tendrait donc aussi à faire jouer aux valeurs mobilières le rôle compensateur d'une monnaie. Mais, les influences qui agissent sur la cote de la bourse sont si multiples et contraires que l'on ne peut en déterminer à priori la résultante. Il faut donc admettre que la différence des cotes peut aussi bien contribuer à rompre l'équilibre de la balance qu'à le rétablir.
Il faut remarquer cependant que dans le premier cas l'influence de la cote est contrariée, tandis que dans le second elle est renforcée par celle du change. De plus l'arbitrage, quel que soit le sens dans lequel se produisent les mouvements des valeurs, tend toujours au nivellement des cotes sur les deux places : et dès lors l'influence reste au cours du change.
Enfin, pour que les transferts internationaux de valeurs mobilières se produisent contrairement aux indications du change et aux besoins de la balance des comptes, il faut, entre les cotes, une différence assez sensible pour procurer un bénéfice à l'arbitragiste ; au contraire, lorsque les valeurs mobilières, tendant à rétablir l'équilibre de la balance, jouent le rôle de mon-
naie, il suffit qu'elles soient, pour le commerçant débiteur de l'étranger, un moyen de règlement moins coûteux qu'un envoi d'espèces métalliques ; et, dans ce cas, l'avantage du commerçant se traduira automatiquement pour l'arbitragiste par l'élévation du change qui augmente le bénéfice d'une opération d'arbitrage favorable au redressement de la balance.
Les valeurs mobilières nous paraissent donc jouer le rôle de monnaie dans deux circonstances : 1° lorsqu'elles sont vendues à l'étranger sur l'ordre du débiteur lui-même ; ce cas est exceptionnel ; 2° lorsque, dans certains cas d'arbitrage, provoqués par l'état du change, elles tendent à le redresser automatiquement.
Dans quelle mesure peuvent-elle ainsi se substituer à la monnaie métallique dans le règlement des comptes internationaux ? Aucune statistique ne permet de le dire. Mais si nous nous remémorons l'importance des capitaux et des coupons qui figurent à I actif et au passif du bilan international, nous pouvons nous faire une idée de leur importance croissante dans ce rôle. Et si les statistiques douanières n'indiquent pas d'accroissement (i) pour les mouvements internalio-
i. La sfati-itiijiic an;.Maise indiqut' hion un accioisscnuMil des inouviiiieiils de métaux précieux ; mais il ne laiil |>a> (lulilier
naux du numéraire, malgré le développement du commerce international, ce n'est probablement pas au seul perfectionnement des moyens de compensation internationaux qu'il faut attribuer ce résultat : le rôle monétaire des- valeurs mobilières y a probablement sa part.
Quoi qu'il en soit nous pouvons et devons tirer des considérations qui précèdent la conclusion suivante, qui est suffisante pour le sujet qui nous occupe : on ne peut sans erreur grave considérer les métaux précieux comme la seule monnaie employée dans le commerce internatiofiai ; l'état de la balance des comptes ne donne pas lieu nécessairement à des mouvements d'espèces métalliques ; il peut provoquer l'emploi d'instruments monétaires dont les propriétés peuvent être différentes et exercer une action différente sur l'économie nationale.
que l'Angleterre reçoit les apports des pays producteurs pour les distribuer ensuite aux pays consommateurs.