On peut noter aussi la résistance des prix des salaires
la coutume, une force de résistance qui peut s'opposer à la hausse (»u à la baisse des prix qu'exigeraient les besoins de la balance des comptes (1).
Il nous faut rappeler aussi, à cette place, une observation qu'il nous avait paru nécessaire de faire au début de ce chapitre : l'application qui est faite dans la théorie qui nous occupe de la doctrine quantitative omet l'influence possible des variations dans la demande de monnaie. Même en n'envisageant que de courtes périodes il serait tout à fait téméraire de considérer comme négligeables les variations de la demande qui peuvent diuiiiiuer ou accroître les variations du rapport entre la demande d'une part et d'autre part l'ofîre, exprimée par les mouvements du stock métallique : l'expérience montre au contraire que, dans l'espace de quelques mois, l'intensité des affaires et la hausse des prix, résultat de la spéculation peuvent faire naître un besoin considérable de moyens de
1. Prenons encore un exemple clans les pays à monnaie dépréciée, les seuls où la monnaie internationale ait certainement une valeur supérieure à celle qu'elle a dans les autres pays. En Italie c( malgré la baisse dv l'agio sur l'ur, les prix ont été maintenus par la coutume » constaleM. Magliani, ministre des finances. Discours à la (Miamhre italienne. Bolto, iHS'2.
paiement (1) et partant, dans une plus ou moins grande mesure, d'espèces métalliques. A plus forte raison, si nous envisageons de longues périodes pendant lesquelles ont pu s'accumuler les excédents d'importation ou d'exportation de numéraire, leur influence peut être atténuée ou au contraire renforcée par un accroissement de demande lié au développement de la population (2), ou des aff'aires, ou diminué par une cause telle que le progrès des institutions de crédit.
Enfin ceux-là môme qui attribuent au stock métallique une influence sur les prix ne méconnaissent pas que des variations de prix soient concevables, même avec une mesure invariable des valeurs, et qu'elles sont possibles en dehors de toute influence du stock métallique. Et en eff'et, les mouvements inégaux ou inverses que l'on constate dans le prix des marchandises, on ne les explique généralement pas par une inégale influence du stock métallique, mais par des variations entre l'offre de chacune d'elles et
1. Stôruiigen itn deutschen Wirtscliaftsleben, 1900-1901, t. VI, article de K. Ilelfîerich.
2. Il suffît de comparer l'accroissement net du stock métallique et la proportion de cet accroissement par tète d'habitant pour saisir riiiipurtance de la dilîérence, voir le Report of the dirertj»' uf the tuint. 1902 p. i4.
(^('llo dos aiitros niarcliaïKliscs. Le iimins (juc Ton puisse admettre est donc que des variations dans les prix peuvent se produire indépendamment de celles que provoqueraient les lluctuations de la circulation métallique : et nous en trouvons des exemples dans les mouvements durables que l'on [)cul atli-ibiior aux [)rogrès techniques (1), ou dans les oscillations qui résultent de l'activité réelle des affaires ou des efforts delà spéculation (2).
Enfin, il y a toujours une catégorie (I(> pi-ix — et l'une des plus importantes par son inlluence -sur les autres — qui ne peut, si l'on admet l'action exercée par le stock métallique d'après la théorie, varier qu'en sens inverse des autres : c'est ce que l'on appelle dans la langue des affaires « le prix de l'argent ». En effet, sans aller jusqu'à voir, comme semblent l'admettre certains auteurs une relation nécessaire entre les mouvements du st(K'k iii(''lalli(jiie et ceux du marché des capitaux llottants, il est bien certain que, dans la mesure où les variations de ce stock peuvent influencer le marché financier, l'aug-
■1. Sur ce point, voir Arnauné, Levasseur, de Foville, Oj). cit. — Mulhail. //is/orij af l^rices — Tooke-Xowmaicli. //is/onj of Prici'S. — Niciiolson, Moneij. — Nasse, dans le Hdndhuch de Schônberg.