Sur ce point, voir .Iii:^lar. h's crises cunii/ieniti/cs
mentation fera baisser le (( prix de l'argent » et la diminution le fera hausser; en d'autres termes les variations du « prix de l'argent » seraient en sens inverse de celles des autres marchandises. Or, une augmentation de l'intérêt des capitaux, du taux de l'escompte, par exemple, est bien souvent une manifestation de l'activité des affaires, d'une production abondante qui, peut-être fera baisser les prix; mais elle n'en est assurément pas la cause : le renchérissement d'un des éléments de la production ne peut, semble-t-il, que faire augmenter le prix des marchandises.
De même, la diminution du taux de l'escompte, conséquence de Vabondance du numéraire, ne peut que tendre à le faire baisser.
Aussi y a-t-il lieu de se demander si c'est l'action directe sur les prix, que la théorie attribue aux variations du stock métallique, ou l'action indirecte, qu'elles exercent par les oscillations du taux de l'escompte, qui est prépondérante. Et il semble que cette influence indirecte agisse à rencontre de la première.
Cependant, M. Bastable (1) l'explique différemment. Considérant l'élévation du taux de l'escompte, qui résulte de la rareté du numé-
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rairc, il y voit un facteur tendant non à faire hausser les prix, mais à ralentir les affaires : elle provoque donc, selon lui, une crise, du moins une mévente, qui, en faisant baisser les prix, stimule rexportation. On peut se demander si la baissL' du t;uix do l'escompte c{ui résulterait au contraire de l'abondance du numéraire, en suscitant des entreprises nouvelles, ne serait pas un meilleur stimulant à l'exportation.
Le professeur Marshall explique d'une façon différente l'influence indirecte qu'un accroissement du stock métallique exerce sur les prix par l'intermédiaire du marché des capitaux : « Cet accroissement, dit-il, agirait immédiatement sur Lombard Street, et inciterait le public à prêter davantage; les dépôts et ouvertures de crédits s'enfleraient, et permettraient ainsi d'accroître la spéculation avec le capital emprunté ; ainsi l'augmentation du stock monétaire ferait croître la demande des marchandises et hausser les prix. » '
D'après cette conception, l'action indirecte que les variations du stock métallique exerce sur les prix à travers le marché des ca[)itaux, renforcerait l'action directe que lui attribue la théorie, au lieu delà contrarier; mais l'auteur ne tient pas compte des variations du taux i\q l'escompte.
Que faut-il conclure de ces déductions divergentes, tirées des mêmes prémisses ? Elles expriment probablement des influences complexes, diverses, souvent contraires, d'un même phénomène sur un autre phénomène. Chaque auteur considère comme prépondérante celle qui convient à sa thèse.
Il faudrait, dans chaque circonstance, une recherche particulière pour savoir laquelle l'est en fait. Mais il suffît à notre objet de constater cette complexité et cette incertitude pour pouvoir conclure : indépendamment de l'action que d'autres facteurs exercent sur les prix^ et en admettant celle que la théorie quantitative attribue aux variations du stock monétaire, la relation qui existe, en fait, entre les variations du stock monétaire et les prix est trop complexe et trop incertaine pour êt/'e ramenée à la conception unique de la théorie ricardienne.