‹ Le role de la monnaie dans le commerce international et la théorie quantitativeChapitre 33 sur 44 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

Le* iiiouveinoiit des pi'iv ot celui «lu (*(>niinerce ext^rîeui*.

La troisième relalioii (jii'iinpliqiie la lli(Mii-ic ricardienno du coiniucrco iiilcniational csl iino relation ciilro le iiioiivemeiit des prix et celui du conimerre ext(''rieur : si les prix baissent, la valeur des exportalions augmentera, celle des imporlalioiis diiniuuci-a, de telle soi-te (pie la balance tendra à (l('\("nii' favorable ; et Téquilibre, s'il est rompu, pourra se rétablir. Si les [)rix haussent, l'invei-se aura lieu, et rexcédeni de numéraire s'écoulera vers les pays qui en ont besoin. — Pour (pie cette troisième proposition fut exacte, il faudrait (jue le lien ({u'elle siqipose entre les phénomènes IVil iiéeess;ui-c. Or, il ne l'est pas.

L'expérience d(Mnonlre bien, dans cei-tains cas, que la demande d'une niareliandise eit»îl

lorsque le prix de cette marchandise décroît. Mais elle ne nous apprend pas à priori^ de comhiefi la demande augmente pour une diminution de prix donnée. Bien plus, cette constatation n'a pas le caractère d'une loi générale, vraie de toute espèce de marchandise, en toute circonstance Et comme les besoins, malgré leur caractère général d'extensibilité, ne sont pas illimités, il n'est pas évident qu'ils doivent, dans tous les cas, faire augmenter la demande en raison de la possibilité qu'ils ont de se satisfaire. — Si nous nous plaçons d'abord dans l'hypothèse schématique de St. Mill, qui met en présence deux nations et deux marchandises seulement, nous ne pouvons pas affirmer que la marchandise offerte par l'une des nations à un prix réduit sera plus demandée par l'autre nation ; à plus forte raison ne pouvons-nous affirmer que l'accroissement de la demande sera tel que la valeur totale de l'exportation augmentera : le prix de chaque unité vendue a diminué, voilà le seul fait certain ; si la demande n'a pas augmenté, la valeur totale de l'exportation aura diminué ; si le nombre des unités vendues s'est accru, à une cause de diminution s'opposera une cause d'augmentation de la valeur totale de l'exportation ; laquelle de ces deux causes sera prépondérante? Nous ne pouvons que l'ignorer. — Lorsque nous

considérons non plus un [ii-oduit, mais un onscmble de produits, on conçoit que la baisse du niveau général do^ prix ait accru ra|)lihi(lc locale à l'exportation : un plus grand nond^rc de marchandises pourront donc être exportées, et un accroissement de la demande des produits qui précédammont constituaient toute Texportation n'est pas nécessaire pour{[u'iI y ail une tendance au relèvement de la valeur totale de l'exportation, d'abord abaissée par la réduction des prix. Un accroissement du besoin et de la demande en raison du bon marché de l'offre n'est donc plus nécessaire, dans cette hypothèse plus voisine de la réalité, pour accroître le nombre des produits exportés ; il suffira que le pays en question devienne apte à satisfaire d'autres besoins aussi bien ou mieux que ses concurrents pour qu'il puisse accroître la somme de ses exportations, ou du moins réduire la somme de ses importations. — Et comme, d'ailleurs, la baisse des prix à l'intérieur rend les prix étrangers relativement plus élevés, on peut y voir une force tendant à arrêter les importations. — Mais, de combien les exportations seront-elles accrues et les importations diiniiniées par une baisse des prix déterminée 't ou inversement, de combien une haussedes prix donnée réduii-a-t-clle l'exportation et fera-t-elle augmenter l'importation ? La

réponse à cette question ne peut pas plus se déduire de cette hypothèse que de la précédente. La valeur totale de l'exportation, E, étant le produit du prix de chaque marchandise P par le nombre de marchandises demandées D, si nous avons simplement P' < P et D' > D, il nous est impossible de dire que

P' X D' > P X D ni même P D' = P D car nous ne savons ni de combien le premier facteur du premier terme a diminué, ni de combien le second a augmenté ; il est donc impossible d'établir aucune relation entre les deux termes. De même, dans l'hypothèse d'une hausse des prix, si nous avons P' > P et D' < D. Autrement dit, il est impossible de savoir si la somme des exportations ou des importations postérieures à la variation des prix aura tine valeur supérieure,, éfjale ou inférieure à celle des exportations ou des impo/'tations antérieures.

Si l'on admet cependant que généralement les variations des prix doivent tendre à rétablir l'équilibre du commerce international, il faut se demander encore si, en fait, elles ont sur les exportations l'influence qu'implique la théorie.

Et d'abord les exportations seront-elles toujours et exclusivement soumises aux variations de prix que la théorie attril)uc au stock moné-

taire ? Le chapitre précédent a (ItMiioiitri'', croyons-nous, que les prix des marcliandises, et, parmi elles, celles qui sont destinées à l'exportation, dépendent d'inOuences complexes et contraires dont aucune ne saurait être qualifiée à priori de pr(''p()nd(''ranle.

De [)lns, polir ([iif le mouvement des prix dans un pays ait une inlliience sur le commerce ext(U'ieur, il J'ant (jinl ne soit ju/s nciitralisi' juir vu mouvement de prix dans les pays acec les- (///r/s il est en /relation. Assurément les transports des métaux ne peuvent amoindrir le stock d'un pays (|ue pour grossir celui (Tun autre, et inversement ; et, dans la mesure où les variations du stock agiraient sur les prix, la baisse dans certains pays serait nécessairement accompagnée d'une hausse dans d'autres. Mais nous avons constaté que d'autres causes peuvent modifier les prix ; et, de même (jtie dans un pai/s elles peuvent contrarier TinjUience possible du. stock métalli<[uc, elles peuvent à l^extèrieur la neutraliser. Soit une nation dont le stock mélalli(}ue a diminué ; les prix y ont baissé, par liypolhosc ; I(^s ex[)orlalious augmenlcl'ont-elles, je ne dis pas en valeur, mais seulement en nom])re ! Pour (pie 1(^ niv(\ni des prix soit, dans ce pays, relativement inlV'i-ieiir à ce qu'il est dans les aufi-es, il faut qu'il n'y soit

pas accompagné d'une baisse analogue. Or nous avons vu que de nombreux facteurs (1) peuvent avoir cet effet : dépréciation de l'étalon local, demande de monnaie, progrès techniques de toute sorte, a bon marché de l'argent » sur le marché financier, etc ; et il convient d'ajouter ici les droits de douane, dont la qualification fréquente de droits compensateurs indique suffisamment le but et l'effet.

Il n'y a donc pas ^ entre les variations des prix et le commerce extérieur, la relation nécessaire qu'implique la théorie rieardienne du commerce international.

1 . Nous renvoyons au chapitre précédent, pour l'étude de ces faits.

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