‹ Le role de la monnaie dans le commerce international et la théorie quantitativeChapitre 35 sur 44 · Aupetit, Tln'ttrit' f/iméralc (le la inoniiaie, p · texte numérisé non relu

Aupetit, Tln'ttrit' f/iméralc (le la inoniiaie, p

2. Il y a une difTt'Tence de 15 millions à rim|)orl;iti(m en 18!)i et (le 2(i à rcxportation en IcS'.IT pcmi' \\<\- seul entre la statistique des douanes et celle du ininistrie du ((immerce. Cf. (^arlo Verrans. /iullelin (/r l'Insiitiil lnln-uiiliinnil de slatislique 1887 et le llapjiiirl de l' ml inuiislralian des mnnnaii's el nii'ilailles .

3. iV)iir Ter et l'ar-ent. Et aussi entre 1886 et 1898 pour \\n\ (jii.int à j'arirt-nt, il v a eu une rrinipDitafinn en 18*,(3.

tistiques de France ou d'Angleterre peuvent être envisagés comme indiquant non le volume mais, du moins, la direction du courant des métaux précieux; quant aux oscillations de faible amplitude, on ne peuty voir qu'une manifestation d'un état général d'équilibre, sans qu'il soit permis de tenir compte du sens qu'indique la balance annuelle.

Le cours du change peut indiquer les périodes d'entrée ou de sortie du numéraire métallique, mais non les quantités importées ou exportées. Aussi, à moins que le change n'ait été, pendant le laps de temps envisagé, toujours audessus ou au-dessous des points d'or, on ne peut affirmer a priori que, pendant une courte période, l'excédent d'exportation ou d'importation n'a pas été plus considérable que l'excédent inverse pendant une période plus longue. Le cours du change ne peut donc, à lui seul, donner un renseignement certain non seulement sur l'importance mais même sur la direction des mouvements internationaux de métaux précieux.

Les encaisses des grandes banques ne nous donnent des informations sur ce sujet que dans la mesure où l'on s'adresse à elles pour l'exportation et où elles connaissent la destination des espèces qui leur sont demandées. Des rele-

vés statistiques (1) semblent indiquer que l'encaisse des banques est souvent mise à contribution pour effectuer les paiements à l'extérieur : il est en effet généralement plus commode et plus économique de demander de l'or à leurs guichets. Cependant il y a des circonstances où les espèces peuvent être empruntées à la circulation : ainsi la Banque de France, en usant du droit, que lui confère notre bimétallisme boiteux, de payer en pièces de cinq francs d'argent, et en ne donnant de l'or que moyennant une prime, a pu déterminer, dans diverses circonstances, les débiteurs de l'étranger à trébucher les pièces de la circulation. Il peut arriver aussi que des lingots soient réexportés, avant ou après leur débarquement, ou du moins sans avoir séjourné dans les caves de la banque centrale. Ce n'est donc que dans des cas particuliers et en vertu de renseignements détaillés (2) que l'on peut considérer l'état de l'encaisse métallique comme l'expression des mouvements de numéraire avec l'étranger. Tout au plus peut-on constater dans

1 . Voir le rapport de l'aclministration des monnaies et médailles et aussi Jahrhtlrlier fiir Xationalœkonomit' und Staiistik. 2" série, XX, p. 413.

2. De 1883 àl89l les encaisses des banques italiennes avaient perdu 434 millions, et M. Bodio pouvait évaluer l'exportation à 300 millions environ. liulleliii stalislif/Uf ronijK, 1891, p. (iT3 et sq.

certains cas une corrélation entre son niveau et des excédents continus d'exportation.

Examinons maintenant ce que vaut la statistique des frappes pour déterminer les variations du stock de monnaie métallique. Cette statistique a la valeur d'une constatation directe et rigoureuse d'un phénomène tout à fait certain. Bien qu'elle ne corresponde qu'assez grossièrement à la somme des importations de métaux précieux, elle semble avoir, outre sa précision, l'avantage d'enregistrer la partie des importations qui est consacrée aux usages monétaires : elle paraît donc être la plus propre à faire connaître ce que gagne le stock de monnaie métallique ; mais elle exclut nécessairement les monnaies étrangères et les lingots, qui conservés dans les caves des banques, peuvent être représentés par des lîillcts ou des certificals, dont les coupures équivalent à un monnayage. Kn outre, elle ne saurait nous faire connaître l'accroissement réel du stock, car elle est impuissante à mesurer les pertes qu'il subit : celles qui sont dues au frai peuvent être appréciées grâce à la statistique des refrappes ; mais les refontes pour l'usage industriel ne peuvent jamais être l'objet que d'estimations assez arbitraires ; et, lorsque nous envisageons une nation isolément, les

exportations ne relèvent guère que de la statistique douaiiièi'o (Iniil nous avons signalé l'irn- Itoi-fectioii ; d'ailleurs, oUo dislingue, autant ([uc i)ossible, entre les espères monnayées et les lingdts ; mais l'icii ne nous l'ail sa\(iir si les lingots étaient r('[)rés('nl(''s dans la circulalion par des eoupuresde papier ou s'ils étaient en dehors de la cireulalion. Des [)rocédés très ingénieux ont été mis en œuvre — notamment en France pru- M. de Foville (l) — pi^ui- évaluer en bloc les [)ertes subies, pendant des [)ériodes déterminées parle stock de monnaie métallique, tel qu'il serait rcpri-scnh'' pai- Taddiliou des slatisti(|ues successives des rra|){)('s : mais malgré leur grande valeur, le caractère estimatif de ces enquêtes, leur petit nond^re, l'intervalle cpii les sépare lu^ permettent pas de s'en servir pour di'McrnniKM- à tout moment l'augmentation ou la diminution du stock ; d'aillcui-s elles laissent nécessaii-cment de côté les lingots, qui cependant peu \ (Mil être rcpri-scnl/'s daii> la circiilal i( «n, et, par contre, elles sont tro|t eoinpiudiensives |)iHir noii> in(li(|ner >enlenieiil la ([Manlité d'espèces (pie le- vieissitnde< (lu ••( »mnierce extérieu i" l'ont gaiiner on perdi'e an stock national.

I. y i)\v [' h'coiioifiiste fraiirais elle liulh'tin de s/nlisfit/nr rt de li'(jisl<iti(jii cotnparéc, notamment l8Ty. 18!>i. 1808.

La statistique des frappes et refrappes, instrument voisin de la perfection pour son objet propre, ne nous apparaît donc pas ici comme un moyen d'investigation autonome. Indispensable pour évaluer approximativement le montant total du stock de monnaie métallique, elle ne peut fournir que des indications partielles pour mesurer les variations : lorsqu'il s'agit d'un pays producteur, les mouvements de métaux entre ce pays et l'étranger ne sauraient manifestement rendre compte des variations du stock et il faut recourir à un autre élément d'information. Bien plus certaine que la statistique de la production, la statistique des frappes a l'avantage de nous fournir immédiatement la donnée qui nous intéresse : la quantité d'espèces métalliques ; mais il faut cependant faire des réserves sur la refonte possible de pièces de monnaie pour l'usage industriel, qu'il est difficile d'évaluer, et sur l'existence de coupures qui représentent une quantité variable de lingots dans la circulation.

§ 2. — La statistique des prix.

La statistique des prix pose des problèmes plus délicats encore que celle des métaux précieux. Mais quelles que soient les réserves à

faire, il ne peut être question ici, vu la nature de ce travail, que d'utiliser des documents complètement élaborés. Nous nous bornerons à étendre à nos conclusions les réserves que nous croyons devoir faire sur ces moyens d'information. Nous renvoyons donc, pour la liililiographie raisonnée de cette question, au chapitre, remarquable par le nombre et la valeur des informations, que M. Laughlin y consacre dans ses Principlès of Money.

Il y a trois grands pays pour lesquels il nous est possible, grâce à l'existence simultanée d'mdex numbers et de statistiques monétaires satisfaisantes, de comparer, pour des périodes assez étendues, les variations des prix et les mouvements des métaux précieux : la France, l'iVngleterre et les Etats-Unis (1). Nous indiquerons pour chacun de ces pays les sources de nos renseignements.

Rappelons seulement, avant de commencer cet examen, qu'il s'agit de comparer aux variations des prix non pas les vainations réelles du stock monétaire^ mais les variations du stock métallique ; car c'est sur ces dernières qu'est fondée la théorie ricardienne. Pour la France

4 Les index numbers allemands sont relatifs non au territoire de l'union douanière, mais à Hambourg.

et l'Angleterre, la production nationale des métaux précieux étant presque insignifiante, il n'y aura à considérer que les variations du stock auxquelles donne Heu le commerce extérieur. Le problème de l'influence de la production nationale sur les prix sera posé à propos des Etats-Unis.

France.

Les éléments essentiels de la comparaison nous sont fournis, pour les miouvements de métaux précieux par la statistique douanière (1)^ et pour les prix par les indeœ number^ que M. de Foville a établis d'après les deux évaluations successives que fournit annuellement la comimission des valeurs en douane.

Voici les éléments de la compaiaison entre 1848 et 1901 (2) :

1. Nous les employons, sous toutes réserves, malgré leur sérieuse imperfection, comme le seul moyendlnformatidn véritablement adéquat à notre sujet.

2. Pour les index number^, voir de Foville, Economiste Français, 2« semestre 1896. La théorie quantitative et les prix et Bulletin statisl. législ. romp., année 1902. t. 52. p. 525.

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