‹ Le role de la monnaie dans le commerce international et la théorie quantitativeChapitre 36 sur 44 · DES PRIX PAU RAPPORT A · texte numérisé non relu

DES PRIX PAU RAPPORT A

l'année ANTÉRIEURE

Prix des Prix des importât, exportations

millions de l'r.

millions de fr.

Les prix dont il s'agit de comparer les variations aux fluctuations du stock métallique, telles qu'elles ressortent des statistiques douanières, sont ceux des exportations qui, seuls, peuvent exprimer les prix intérieurs. Mais nous avons conservé la table des piix d'importation fournie par M. de Foville, précisément parce qu'elle donne une indication sur les prix extérieurs, que nous pourrons utiliser ensuite.

Pour que, de cette comparaison, il pût ressortir une présomption favorable à la théorie ricardienne, il faudrait constater une tendance à la hausse des prix, l(>is(|ue les fluctuations du commerce extérieur amènent un accroissement

du stock national, une baisse dans le cas contraire (1).

Or, la première remarque qui s'impose, c'est que le stock métallique s'est accru, dans cette période de plusieurs milliards et les prix sont, en 1901, sensiblement plus bas qu'en 1848.

Suivons à présent, simultanément, les mouvements des prix et ceux des métaux précieux :

De 1848 à 1851, nous constatons un excédent d'importation des métaux précieux continu, et, simultanément, un mouvement ascensionnel des prix (sauf, en 1851, une légère baisse de 1 0/0 par rapport à Tannée précédente) ; on ne peut cependant distinguer aucune corrélation entre la proportion du mouvement annuel des prix et de l'accroissement annuel du stock.

L'année 1852 n'est marquée que par un accroissement insensible, et, cependant, les prix augmentent de 8 1/2 0/0 sur l'année précédente.

L'excédent d'importation d'or et d'argent est de 172 millions en 1853, de 252 en 1854 ;

I . Nous avons tenu compte de l'argent, même depuis la suspension de la frappe libre, bien que les importations d'argent aient surtout servi, depuis lors, aux usages industriels. Ce fait confirme notre observation qu'un métal exporté comme monnaie peut ne pas grossir le stock monétaire du pays où il est importé.

— IcSl —

les prix haussent de 11 0/0, puis baissent de 1 0/0.

En 1855, l'accroissement du stock indique est toutà fait minime(20 millions) ; Icspi-ix baissont.

En 1856, l'accroissement du stock est pbis sensible ; les prix haussent de 7 1/2 0/0 sur l'année précédente.

En 1857, l'excédent d'imporlaliun n'est i^uère moindre, mais les prix baissent de 2 0/0 par rapport à l'année précédente.

En 1858 se produit un énorme accroissement de 473 millions ; en 1859 le stock en gagne encore 368, et 154 en 1860. A ces mouvements du stock correspondent, en 1858 une baisse des prix, en 1859 une hausse équivalente, on 1860 une baisse de 3 12 par rapport à 1857.

En 1861, un brusque déficit de 86 millions dans la balance métallique coïncide avec une baisse de 5 1/2 pai- i'a[)pi)i-l aux [)i'ix de 1860.

En 1862, 1863, 1864, des oscillations assez faibles de la balance métallique laissent les prix sensiblement au même niveau.

Puis, en 1865, 1866, 1867, des excédents d'importations toujours croissants jusqu'au maximum de 600 millions en 1867, puis décroissants, mais notables, jusqu'en 1870, concordent avec une baisse lente et conlinui^ des prix.

La balance déficitaire de 1871 coïncide avec

un très léger relèvement. Aux médiocres accroissements de 1872 et 1873 correspondent une hausse, puis une baisse.

Un excédent d'importation inouï, de 800 millions, en 1874, semble sans aucune action sur la baisse des prix qui continue, presque sans interruption, jusqu'à la fin de la période considérée, malgré des gains de 655, 644, 541, 357 millions jusqu'en 1878 et un excédent moyen d'importation pour la suite - Deux périodes de hausse relative des prix seulement sont à signaler en 1879 et 1880 et entre 1887 et 1890 : or la première période est marquée par des excédents de métaux précieux. En 1888 la hausse commence malgré un déficit ; elle correspond en 1889 à un gain de 216 millions, mais persiste avec une perte d'une centaine de millions en 1890. Un accroissement médiocre du stock est accompagné en 1899 et 1900 d'une forte hausse, en 1901 d'une forte baisse des prix.

La conclusion de cette analyse est simple : sauf pour la période de 1848 à 1850, il n'y a aucune concordance caractérisée entre les variations du stock et celles des prix ; les rares coïncidences qui se présentent, trop souvent contredites par des constatations toutes contraires, ne peuvent avoir aucune valeur comme présomption en faveur de la théorie ricardienne.

Angleterre.

Nous considérerons, pour ce pays, la période qui s'étend de 1858 à 1900. Nous disposons, pour suivre le mouvement des prix, de deux index nurnbers bien connus : celui de Sauerbeck, et celui de l'Economist, pour lequel nous adopterons la correction faite par Bourne jusqu'en 1879. La mesure dans laquelle les courbes de ces deux index coïncident indique le degré de confiance qu'il convient d'accorder à ces évaluations. Des interprétations graphiques de ces deux tables se trouvent notamment dans Laughlin, Principles ofMoney, pages 177 et 186.

Ces deux tables indiquent, quoique dans des proportions tout à fait différentes deux périodes de mouvement ascensionnel des prix, dont les maxima sont en 1864 et 1873, puis une période de baisse presque continue vers 1886, un relèvement dont le maximum est vers 1890, une nouvelle chute, jusque vers 1896 ou 1897, et un nouveau relèvement.

Les statistiques des métaux [irécieux (1) présentent de leur côté : une période d'excédent continu d'importation de 1862 à 1872 dont les maxima sont de 300 millions en 1866 et 250 en 1870,

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