‹ Le role de la monnaie dans le commerce international et la théorie quantitativeChapitre 40 sur 44 · millions · texte numérisé non relu

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On voit donc que l'accroissement du stock métallique ne s'est pas traduit par un accroissement correspondant de la circulation.

De plus, les importations d'argent alimentent, en grande partie, l'industrie qui en absorbe des quantités toujours croissantes (2).

Ainsi l'on peut s'expliquer aisément que l'influence des variations du stock métallique ne ae fasse pas sentir conformément à la théorie quantitative considérée sous sa forme correcte.

Mais ces observations ne peuvent que démontrer à la fois la faible valeur logique et l'irréalité

1. Congrès international des valeurs mobilières, t. II. Pierre des Essarts Les Banques d'Emission.

:2. Report of the director of the mini. 1901, p. 50 : 225.000 kgr. en 1900.

de la théorie ricardiennc du comnici-ce international.

Encore, s'il étail vrai que la quantité de monnaie exerçât son influence à travers le mécanisme du crédit et fît sentir, toutes choses égales d'ailleurs, son action sur les prix, devrait-on remarquer une hausse des prix dans le pays où se manifeste l'accroissement le plus considérable du stock métallique, et inversement.

Or si nous comparons la courbe des prix d'exportation, c'est-à-dire des prix intérieurs et celle des prix d'importation, qui exprime dans une certaine mesure les prix extérieurs, telles qu'elles ressortent pour la France, des recherches de M. de Foville, les faibles différences entre ces deux courbes ne semblent pas coïncider avec les variations du stock métallique de la France. Ainsi un gain de 600 millions en 1867, de 800 millions en 1874 coïncident avec une baisse sensiblement égale des prix intérieurs et des prix extérieurs ; et si le médiocre accroissement de 200 millions en 1889 coïncide avec une hausse des prix d'exportation, la même hausse se manifeste sur le prix des importations.

Si nous comparons la courbe des prix anglais et américains, la seule hausse très sensible des premiers par rapport aux seconds en 1873, ne

correspond qu'à une importation très normale de moins de il'H millions de francs.

La considération des siaiisiiques^ au lieu de présenter entrée les variations des stock métal ligues et des priœ des concordances favorables à la théorie ricardienne fait ressortir au contraire des discordances qui nous prouvent Vinfluence que d.' autres facteurs exercent sur les pri-x.

Il convient, il est vrai, de rappeler ici quelle est l'imperfection des instruments statistiques dont nous disposons. Les prix enregistrés sont, en effet, du moins pour les index numhers anglais, exclusivement des prix de gros ; mais ne sont-ce pas les prix de gros qui doivent subir le plus sûrement Tint^uence des variations du stock monétaire ? Quant aux statistiques monétaires, celles des frappes et de la production ont atteint aux Etats-Unis un degré de perfection qui permet d'apprécier d'une façon très satisfaisante raccroissement de la circulation : et cependant la même divergence s'y manifeste entre la courbe du stuck monétaire et celle des prix.

Il serait donc vain désormais de rechercher

quelle est la relation entre les mouvements des prix et ceux du commerce extérieur; les deux premières relations qu'implique la théorie

n'ayant pas manifesté leur existence, il est inutile de rechercher la troisième (1).

L'examen, fait dans les trois chapitres précédents, des conditions dans lesquelles peuvent s'établir les trois relations formulées par la théorie ricardienne, entre : 1" la balance des comptes et les mouvements des métaux précieux ; 2° les mouvements du stock métallique et les prix ; 3" les prix et le commerce extérieur, a montré que d'autres facteurs pouvaient détruire l'enchaînement qu'elle suppose entre ces phénomènes. Par conséquent, nous savions que la relation qui peut exister entre ces phénomènes ne dépend pas d'un facteur unique. — Et déjà apparaissait l'inexactitude de la théorie ricardienne.

De la comparaison des données statistiques ressort cette conclusion : le seul facteur que la théorie ricardienne envisage — c'est-à-dire l'action que, sous l' influence de la balance des comptes, les variations du stock métallique exerceraient sur les prix n'est certainement pas prépondérant.

Dès lorSj ce facteur n'exerçant ni une action unique, ni même une action prépondérante^ ne peut, en aucune manière, expliquer les conditions d'équilibre du comtmerce international.

4. D'ailleurs les nombreux graphiques réunis par M. Juglar {Des crises et Du r/iangci ne présent Mit pas la n*lation imaginée par la théorie ricardienne.

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