CHAPITRE IV
Sous l’influence de quelles causes certains tuberculeux changent-ils de caractère, deviennent-ils aimables ou détestables, se montrant ardents au travail et produisant en cet état morbide leurs meilleurs œuvres ?
Pour les connaître, il faut noter que d’autres états morbides peuvent à l’occasion produire les mêmes effets.
On l’a reconu notamment pour la syphilis, quand elle donne la paralysie générale. On sait que celle-ci amène une déficience mentale progressive qui aboutit à la folie.
Mais les aliénistes savent que, dans quelques cas, au début de la maladie, l'inverse peut exister. Quelques paralytiques se sentent alors dispos, vigoureux euphoriques, sont ardents au travail et au plaisir, tout comme certains tuberculeux.
L'excitation est à la fois, comme chez ces derniers psychique et physique. Cette forme expansive de la paralysie se traduit psychiquement par le fonc-
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tionnement des processus intellectuels et affectifs, avec hypéridéation, hypermnésie. hyperproduction de pensées, de combinaisons, de calculs, d’inventions, de travaux de poésies, d'œuvres de toutes sortes, avec aussi hyperloquacité. Le sujet est plus éloquent, sa mémoire est meilleure. La sensibilité se développe et se marque par la générosité, il y a hypersensibilité, hypéraltruisme. Physiquement, le surfonctionnement se manifeste par un besoin excessif et incessant d'action, d’où un entraînement impulsif à la marche, aux déplacements, aux excès de boissons et aux excès sexuels, à la voracité, à l’irritabilité, etc.
« À ce moment, le sujet peut paraître encore aussi intelligent, sinon plus qu'auparavant, et réaliser une production supérieure, comme quantité et comme brillant, à celle de son ordinaire activité. Certains individus même peuvent inaugurer leur entrée dans la paralysie générale par une métamorphose heureuse et complète de leur personnalité morale (Régis).
« On a vu des savants, des artistes, dans ces conditions de suractivité, pathologiques, inventer des procédés nouveaux, des combinaisons nouvelles. On a vu des hommes d’affaires s'enrichir d’un coup dans des spéculations aussi ingénieuses que téméraires (Ball).