CHAPITRE 1 LES RESSOURCES DE L’HINTERLAND
Toutefois avant d’entreprendre l'étude détaillée des exportations et importations du port de DUNKERQUE, nous examinerons les ressources du pays et de l’arrière-pays, en insistant plus sur les premières en général trop ignorées et surtout parce que le faible développement industriel de la région de Dunkerque proprement dit est une caractéristique du port et l’oppose fortement à des établissements comme Marseille ou Londres.
$ I. -- La région dunkerquoise.
DunkERQUE, située au débouché de la plaine flamande, forme une agglomération de près de 100.000 habitants, isolée par une riche région agricole des centres industriels de Lille, Roubaix, Tourcoing et Armentières, et des centres miniers du Pas-de-Calais, qui se trouvent à une distance de plus de 80 kilomètres.
C’est une ville assez peu industrielle. Cependant, les facilités que procurent la proximité du port et les nombreuses voies navigables ont amené la création de manufactures et d'industries, surtout agricoles. Mais à l’arrivée de Dunkerque, on est étonné de n’apercevoir que quelques rares cheminées d'usines, contraste d'ailleurs fort agréable au sortir des régions super-industrialisées du Nord de la France.
Dans les industries de l’alimentation, nous citerons d’abord les minoteries assez nombreuses. Quatre usines employant de 20 à 25 ouvriers chacune et possédant un outillage moderne peuvent travailler ensemble une moyenne de 20.000 tonnes de blé par an. DunkERQUE, étant un grand port d'importation de riz indien ou indochinois possède uné grande rizerie-maïserie. L’utillage approprié pour le décortiquage et la mouture des grains permet de tra: vailler de 20 à 25.000 tonnes de riz par an avec un personnel de 5o ouvriers environ.
Les distilleries tiennent une place importante dans l’arrondissement de Dunkerque, et cinq établissements sont outillés pour travailler les betteraves, les grains et les mélasses. Ils peuvent produire ensemble plus de 100.000 hectolitres d’alcool de betteraves par campagne.
Malgré un gros développement de la consommation de vin qui est quatre fois plus forte qu’en 1914, la région de Dunkerque compte encore 140 brasseries avec ou sans malteries, mais ne travaillant pas pour l'exportation.
Le sol du littoral, très favorable à la culture des légumes, a permis l'établissement de plusieurs usines de conserves alimentaires, petits pois, asperges, choux-fleurs et artichauts, etc...
Il existe en outre plusieurs usines de concassage de pois traitant les produits du pays qui ne sont pas consommés à l’état frais et aussi des pois d'importation ; la production annuelle de ces usines est de 16 à 20.000 tonnes.
De nombreux établissements s’adonnent à la fabrication de la chicorée en poudre et assurent la prospérité des cultivateurs et des sécheurs de chicorée très nombreux dans la région.
DuNkERQUE à été un des berceaux de l’industrie textile grâce à M. David Dickson, propriétaire de la première filature française pourvue de métiers mécaniques. Il existe une dizaine d’établissements employant près de 6.000 ouvriers, ce sont des filatures et tissages de jute, de coton et de chanvre et aussi de lin indigène, ainsi que des ateliers de confections de sacs.
L'industrie métallurgique occupe de 6 à 7.000 ouvriers. Elle
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compte nombre de petits établissements, fonderies de fer et de cuivre, aciéries, forges, fabriques de ressorts et, en outre, à Leffrinckoucke sur le canal de Furnes une usine dotée de fours Martin, four à coke, hauts-fourneaux et laminoirs appartenant aux Aciéries de Firminy, mais dont l’activité est actuellement très ralentie.
Il existe en outre plusieurs ateliers de construction de navires qui bénéficient de particularités économiques très favorables : proximité de l'Angleterre où ils peuvent s’approvisionner en appareils ou profils spéciaux qu'il n’est pas possible de trouver en France, proximité des Aciéries de la région du Nord et de l’Est, ce qui permet un approvisionnement rapide, enfin proximité des mines du Nord et des nombreuses usines de fonderies, robinetteries, boulonneries, etc... de cette région.
Les principaux établissements sont :
Les Chantiers des Deux-Synthes spécialisés dans la construction des péniches flamandes à grand port en lourd et des péniches automotrices.
Les Ateliers Béliard-Chrighton et C° et les Etablissements Liegler qui s'occupent de réparation de machines et de construction d'allèges.
Enfin et surtout, les Ateliers et Chantiers de France installés depuis 1900 sur la partie Est de l’avant-port. Ils forment un immense établissement de 170.000 mètres carrés pourvu d'un large bassin de lancement et d’un quai d'armement pour l'achèvement des navires. Ils possèdent 6 cales de lancement sur lesquelles on peut monter des navires ayant de 150 à 196 mètres de longueur et qui sont lancés, en général, tous moteurs montés, prêts à prendre la mer « paquebot Colombie — contre-torpilleur Triomphant ».
Dunkerque possède encore plusieurs établissements qui s’occupent de l’importation des bois du Nord ou des bois coloniaux.
Enfin, les industries chimiques ont à Dunkerque une place de premier plan : ce sont tout d’abord les huileries, où l’on travaille des arachides de Rufisque importées directement et transportées dans leur cosse en parfait état de conservation, tandis que dans les autres centres on utilise les graines de toute provenance et de toutes qualités, ainsi que beaucoup d’arachides décortiquées.
Citons la maison Marchand qui occupe de 3 à 4oo ouvriers et traite 35.000 tonnes de graines oléagineuses et surtout les Huileries et Savonneries G. Lesieur avec 4oo ouvriers et traitant plus de 100.000 tonnes de graines, pour la fabrication des huiles végétales, comestibles et industrielles et des savons de ménage.
Il existe plusieurs raffineries de pétrole sur le territoire de