‹ Le rôle économique du port de DunkerqueChapitre 12 sur 45 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

Saint-Pol-sur-Mer et Dunkerque est un grand port d'importation de pétrole. Signalons aussi une raffinerie de soufre qui traite du soufre brut venant de Sicile et qu’elle expédie ensuite dans toute la France et principalement dans la région des vignobles du midi.

Une fabrique de borax importe des borates de la Turquie d'Asie, du Chili et de la République Argentine et les réexpédie, après raffinage, dans tous les pays d'Europe, au Japon et dans les Républiques Sud-Américaines.

Il convient de ne pas oublier de nombreuses briqueteries, fabriques d'engrais, cartonneries, tuileries, etc.

S II. -- L’arrière-pays.

La fonction locale ne joue qu’un très faible rôle dans l’activité du port de DUNKERQUE ; c’est grâce à la proximité de la plus importante région industrielle de France que DUNKERQUE a pris une place de premier plan parmi les ports français.

Nous examinerons rapidement les données numériques de cette production et nous étudierons quelles sont ses relations avec le port de Dunkerque au point de vue importation et exportation.

L'industrie sidérurgique tient une place très importante. En 1934, la production de la fonte était en milliers de tonnes, pour la France entière, de 6.155 et pour le Nord de 784, soit une proportion de 12,5 %; pour l’acier fondu brut, le Nord venait en tête avec 1.059, soit 17,1 %, la production de la France entière étant de 6.174. Cependant, à cause de la dévalorisation monétaire dans nombre de pays et de la pratique généralisée du dumping, les exportations, en 1934, sont réduites de 60 à 75 % par rapport à l’année

Dans le Haïnaut et le Douaisis se trouvent de nombreuses manufactures de matériel roulant, des tréfileries, des câbleries, chaudronneries, fonderies de bronze et d’acier, des usines d’emboutissage, fabriques de charpentes métalliques, matériaux de mines, etc.

Dans la région de Lille, les principales spécialités sont les suivantes : constructions métalliques et serrureries, fonderie de fer, d'acier et de cuivre, en particulier robinetterie pour les chemins de fer et la Marine, mécanique générale, chaudronnerie de cuivre matériel de sucrerie, raffineries, brasseries et distilleries, fabriques de locomotives et de matériel roulant, matériel électrique et accessoires, machines agricoles, matériel textile.

Quelques chiffres mettent en valeur l'importance de l’industrie houillère pour les bassins du Nord et du Pas-de-Calais :

à F Proportion du Nord 1930 1934 pour l’ensemble de la production française

Extraction .... 35 millions 30,5 62,8 % de tonnes Fabrication du 3.330.000 81,3 % Caron taie tonnes 60,1 % Agglomérés .... 3.903.000 Semi-coke et combustibles semi-distillé.. 394.000

Cette industrie occupe près de 148.000 ouvriers. Des essais d’expédition vers les côtes de l'Ouest ont été tentés et en 1934, 320.000 tonnes avaient été transitées par DUNKERQUE et Calais. Par contre, aux colonies où la concurrence joue à plein, le charbon anglais gagne partout du terrain.

Voici quelques chiffres relatifs aux exportations des mines du Nord et du Pas-de-Calais, pour tous combustibles décomptés en houille.

1929 1934 Total des exportations en tonnes. 2.350.000 520.000 dont pour les colonies françaises. 207.000 79.000 lNRÉTiqUerS TU CNE Ier 1.648.000 265.000 ÉRRSR LT ON PEN AE TE 271.000 164.000 À EEE LR PR RS APT AR RNCS 139.000 14.000

Les industries textiles sont les plus importantes de toutes les industries du Nord. Tous les textiles, lin, coton, laine, jute, chanvre et leurs succédanés, ramie, sisal, soie artificielle, etc... sont travaillés dans cette région.

L'industrie de la laine est la plus ancienne et la plus complète, quelques chiffres préciseront l’importance du matériel employé : il comprend 2.800 peigneuses, 2.330.000 broches de filature de laine peignée, 680.000 broches de filature de laine cardée, 60.000 métiers à tisser; et plus de 200.000 ouvriers sont employés dans ces usines.

Cet outillage représente approximativement 6 % du matériel mondial pour les peigneuses; 11,5 % pour les broches à filer et 12,5 % pour les métiers à tisser.

Le centre de Roubaix et Tourcoing est le royaume des tissus de toute nature : habillement, robes et draperies, tapis, ameublemeni

(55 % de la production nationale), bonneterie, couvertures, vêtements, teintures et apprêts.

Pour le coton, on distingue 2 centres nettement distincts, l’un autour de Lille qui traite surtout des cotons d'Egypte, l’autre autour de Roubaix, Tourcoing, où l’on travaille des colons américains. 10.172.000 broches à filer, 1.500.000 broches à retordre, près de 00.000 métiers mécaniques à tisser, 285 machines à imprimer placent, au point de vue outillage, l’industrie cotonnière française au 3° rang dans le monde.

Le groupe de Lille comprend 55 filatures avec 1.680.000 broches à filer et Soo.000 broches à retordre tandis que le groupe Roubaix- Tourcoing a 36 filatures et 1.250.000 broches à filer, 280.000 broches à retordre. Plus de 230.000 ouvriers sont employés dans cette industrie. Signalons que le marché métropolitain absorbe à lui-même 60 à 65 % de la production, et nos colonies 20 à 25 %.

Dans le monde, l’industrie française de la filature du lin occupe le 2° rang après l'Angleterre, et elle est presque tout entière concentirée dans l'arrondissement de Lille. Elle représente 570.000 broches et occupe 22.000 ouvriers pour la fabrication de toutes les sortes de toiles et de fil.

Citons, en outre, les filatures de jute, les fabriques de toile d'Armentières, les rubanneries de Comines et de Wervick, les magasins de confections, les fabriques de tulle et broderie de Calais et de Caudry, etc... Le Nord possède aussi des industries secondaires de toutes sortes. Industries alimentaires : sucreries, distilleries, raffineries, brasseries, usines de produits mélassés, vinaigreries, meune ries, etc..., des industries se rapportant aux bâtiments, ciments Portland de Boulogne, briqueteries, faïenceries et céramiques, usines de produits réfractaires, marbreries.

Industries de la verrerie : verre à vitre, à bouteille (63 millions de bouteilles sur une production totale de 320 millions pour toute la France).

Industrie du cuir.

Nombreuses usines de produits chimiques et de fabrication

d'engrais superphosphatés (production du Nord en 1934 : 164.000 tonnes).

Après cette description plus que sommaire de l’activité industrielle du Nord, étudions quels sont les éléments de trafic soit à l'importation où à l’exportation que ces industries peuvent fournir aux ports de la région et en particulier à DUNKERQUE.

Etant donné la densité des populations dans la France du Nord, les industries agricoles de cette région quoique portées à un haut

Page 1