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L'outillage des quais qui allait toujours en se perfectionnant fut concédé en 1888 à la Chambre de Commerce.
Le mouvement commercial accentuait sans cesse sa progression:
1878 : 5.731 navires jaugeant 1.485.232 tonneaux 1881 :150 882000 » 1.801.000 »
Le tonnage moyen passait de 272 tonnes en 1878 à 309 tonnes en 1881. Ce développement constant du trafic obligea la Chambre de Commerce à élaborer un nouveau programme d'extension lié au développement progressif du port. Ce furent ensuite les lois du > décembre 1903 autorisant le prolongement des darses 3 et 4, et augmentant de 1.550 mètres la longueur des quais.
Puis, la loi du 5 février 1910, qui autorisa la construction d’une 5° darse qui fut achevée pendant la guerre.
Ces agrandissements étaient devenus nécessaires par suite de l'accroissement du trafic :
1891 : 6.038 navires Jaugeant 2.609.958 tonneaux 1901 : 5.082 » » 2.864.880 »
$& IV. -- De 1914 à 1918.
Pour terminer cette étude historique, nous allons nous étendre quelque peu sur le rôle joué, pendant la guerre, par le port de DUNKERQUE, qui illustre bien la ténacité glorieuse de ses habitants. Malgré les ravages causés par les bombardements ennemis, ils continuèrent même aux heures les plus sombres à développer les aménagements de leur port et mirent toute leur énergie à la disposition de la Défense nationale.
DUNKERQUE devint, dès le début des hostilités, une base navale de première importance pour les armées alliées. Même aux heures où l'avance allemande le menaçait directement, son trafic ne fut
jamais interrompu. Les bombardements les plus violents par canons et par avions, n'auront pour résultat que de ralentir son activité et les sous-marins allemands n’arrivèrent pas, malgré leur audace, à enrayer son développement.
La Chambre de Commerce ordonna la continuation des travaux en cours et leur achèvement en pleine guerre apportera une aide précieuse au fonctionnement de la base navale.
En 1914, le réseau ferroviaire du port, qui possédait 82 kilomètres de voies n’était rattaché à la Compagnie du Nord que par un groupement de voies traversant une partie de la ville. En rg920, la longueur des voies ferrées du port dépassait 146 kilomètres. Une 2° « sortie » évitant l’agglomération dunkerquoise fut organisée et les trains s’aiguillent désormais directement sur les lignes de Calais, Lille ou Arras, permettant le départ quotidien de 1.400 wagons de 10 tonnes.
Au cours de cette même période, le nombre de grues, d’une force variant entre 1.000 et 1.600 kg., passe de 108 à 164 et la Chambre üe Commerce achève la mise au point de 4 ponts transbordeurs, de 3 élévateurs pneumatiques à grains, d’un rendement de 100 tonnes à l’heure et d’un silo pouvant contenir g00 tonnes de houille. Enfin, l’outillage flottant est renforcé par 2 dragues nouvelles dont une à succion.
La 5° darse, en cours de construction en 1914, a été achevée au début de 1916. Dans cette darse, les Anglais installèrent le service de ferry-boats. La ligne possédait 3 ferry-boats de 3.770 tonnes de jauge qui emportaient à chaque traversée 54 wagons de 12 à 20 tonnes.
Le point d’accostage en Angleterre se trouvait dans le petit port de Tegwel-bay, près de Ramsgate. Les travaux d'aménagement dirigés par le War-Office et la Compagnie de South Estern avaient duré 2 ans. Le premier voyage eut lieu le 14 juin 1918 avec 54 wagons chargés d’obus.
La question de la main-d'œuvre qui s’était posée dès le début de la guerre fut la plus difficile à résoudre. On dut d’abord se contenter du personnel non mobilisé, puis de dockers anglais militaires. Le développement du trafic obligea les autorités militaires à embaucher un personnel chinois qui atteignit jusqu’à 2.000 individus en 1917 et qui se révéla excellent.
Quelques chiffres nous montreront l’ampleur du rôle joué par le port de DuxkerQuE pendant la guerre dans le ravitaillement des populations et des armées.
UT Nes
| | Tonnage ANNÉES ENTRÉES Tonnage ‘de marchandises
ET SORTIES de jauge . embarquées
‘ ou débarquées
10 Tonnes Tonnes
Ainsi done, de 1914 à 1918, le port de DüunkerQuE, le plus menacé par les bases navales allemandes d’Ostende et de Zeebrugge a enregistré plus de 24.560 entrées ou sorties de navires.
Si cette immense flotte commerciale a pu naviguer librement et à peu près en sécurité, c’est grâce à la surveillance et à la protection incessante des destroyers, torpilleurs, chalutiers, patrouilleurs et dragueurs de mines anglais et français.
Pendant la guerre, la Chambre de Commerce fut chargée d’assurer le ravitaillement des populations de sa circonscription et des régions envahies. Une convention fut établie entre le gouvernement et la Chambre de Commerce aux termes de laquelle cette dernière acceptait de constituer les approvisionnements nécessaires et par décret du 1” octobre 1914, un crédit de 5 millions de francs lui fut ouvert à cet effet. Il fut nécessaire de créer des stocks de farine, de café, de sucre, de chocolat, de savon, bougies, conserves, pâtes alimentaires, etc... Cette somme de 5 millions bientôt insuffisante fut portée à 7 millions, puis en 1916 à 17 millions, devant servir à approvisionner, dans un minimum de 200 jours, les 1.360.000 personnes réparties dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme.
Le développement du port de DUNKERQUE après la guerre, les agrandissements prévus par la loi du 22 octobre 1919, appartiennent au présent et vont être étudiés dans le chapitre qui traite les aména: gements actuels de notre port.
DRQY L'EUT