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CHAPITRE II

LES AMENAGEMENTS ACTUELS ET LES POSSIBILITES TECHNIQUES DU PORT DE DUNKERQUE

$ I. -- La rade.

Le port de DUNKERQUE s’ouvre sur une rade particulièrement bien abritée qui s’étend au sud des bancs de Flandre. Ces bancs situés presque parallèlement à la côte, présentent dans leur ensemble la disposition d’un « éventail », dont la poignée serait tournée vers le Pas-de-Calais et dont les branches, formant 6 lignes séparées entre elles par de profonds sillons divergeraient à angles égaux vers la Mer du Nord.

Ainsi abritée contre les tempêtes du large par ces hauts fonds, entre lesquels on trouve un calme relatif, la rade proprement dite de DUNKERQUE s'étend depuis la frontière belge jusque par le travers de Gravelines, sur une longueur de 20 kilomètres et une largeur de 2 kilomètres environ.

Cette rade présente d'excellentes conditions de mouillage avec des fonds de 13 à 20 mètres sous le o des cartes marines. Elle est accessible par 2 passes à l'Est et à l'Ouest, les bâtiments de fort tonnage peuvent y accéder en tout temps et son balisage en rend l'accès des plus surs.

La passe navigable est comprise entre 2 rangées de 7 bouées, la plupart lumineuses, la ligne des bouées noires indiquant les bancs, l’estran étant annoncé par des bouées rouges.

Au large des chenaux d’accès à la rade, 3 bateaux-feux munis de radiophares, le Dyck, le Ruytingen et le Sandettie permettent aux navigateurs de s'orienter en sécurité parmi les bancs. À proximité de ces feux flottants, se tiennent les bateaux pilotes.

Le système de signalisation de l’atterrage de DUNKFRQUE se complète par les feux suivants : le phare construit en 1853, qui comporte une lanterne électrique de 1° ordre à éclats ayant la cadence ci-après : durée totale : ro secondes, soit éclat : o seconde 3,

Aire

éclipse 2 secondes 2, éclat o seconde 3, éclipse 7,2; un feu fixe blanc à l'extrémité de la jetée Ouest où s’indique la hauteur d’eau par une succession d’éclats rouges et verts ; un feu fixe rouge à l’extrémité de la jetée Est; un feu fixe blanc dans l’axe du port d’échouage sur la tour du Leughenaer. Un alignement constitué par 2 feux verts donne l'axe du chenal d’entrée.

& II. -- Description du port.

L'avant-port actuel, par suite du prolongement de 700 mètres de la jetée Est et de la construction de la nouvelle jetée Ouest, longue de 750 mètres, a une superficie de 80 hectares et s'ouvre sur la pleine mer par une passe de 270 mètres de largeur. Le chenal à une lonsueur d'environ 950 mètres et sa largeur qui est de 135 mètres entre les musoirs des jetées s’accroît progressivement pour atteindre 2r0 mètres au droit de la première écluse. Il est orienté vers l'Ouest Nord-Ouest, direction choisie à l’origine pour faciliter l'entrée des navires à voiles. Le chenal, jusqu’en 1878, n’avait été entretenu que par des chasses assez puissantes qui n’avaient pu empêcher la formation à l’entrée du port d’une barre supérieure au zéro.

Actuellement, grâce à l'important matériel dont dispose le port de DUNKERQUE, à savoir deux dragues suceuses à grand rendement, trois dragues à godets, la profondeur de moins 5 mètres est réalisée sur une longueur moyenne de 60 mètres avec de nombreuses zones à la côte (-6). D'ailleurs, la construction de la nouvelle jetée pleine de l’Ouest commence à faire sentir ses effets et permet de maintenir les profondeurs dans le chenal avec un cube de dragage nettement moins élevé.

Les bassins à flots de DUunNkERQUE constituent deux groupes » . . . 3 l’ancien port et les bassins Freycinet.

Les premiers sont situés près de la ville et de la gare. Jusqu'en 1912, ils étaient commandés par l’écluse de la citadelle actuellement comblée. Ces bassins (bassins du Commerce, de la Marine et de l'Arrière-port communiquent par des pertuis avec les bassins Freycinet. Ils ne jouent plus qu'un rôle secondaire et ne reçoivent que des navires d’un faible tirant d’eau, navires assurant des services de cabotage, quelques péniches et aussi des navires de pêche désarmés ainsi que des porteurs, dragues, bateaux-feu, etc... D'ailleurs leur outillage assez ancien et leur faible profondeur les condamnent à un rôle assez effacé dans l’activité du port, malgré leur 900 mètres de quais armés.

Les bassins Freycinet forment 5 darses sensiblement parallèles qui s échelonnent au Nord-Ouest de la ville ; ces bassins sont dis: posés en dents de peigne, cette orientation permettant tout à la fois un accostage rapide des navires ainsi qu’une excellente disposition des voies ferrées.

La facilité de construction des darses dans le sol sablonneux du littoral, ainsi que l’étendue des terrains susceptibles d’être incorporés dans le port, ont permis de réaliser un ensemble qui étonne au premier abord par sa régularité géométrique. Pour celui qui connaît les vieux ports européens construits sur des fleuves où s’enchevêtrent bassins et canaux, sans aucun plan d'ensemble, le port de DunkerQUE semble présenter des qualités exceptionnelles de facilités d'accès grâce à la disposition des pertuis et des nombreuses écluses et aussi par l’organisation des voies ferrées qui ne sont jamais obstruées par le passage des navires. Seul, le port de Marseille en France, le port d'Oran et quelques ports de l’Amérique du Sud présentent une disposition analogue.

Les darses des bassins Freycinet sont groupées deux à deux. La cinquième darse de construction beaucoup plus récente puisqu'elle fut livrée à la navigation pendant la guerre, est encore réunie aux autres darses 3 et 4 alors qu'elle sera, avec la construction de la nouvelle écluse l’amorce d’un 3° groupe prévu dans le programme d'extension du port. Un bassin d'évolution dessert chaque groupe de darses qui sont reliées entre elles par un pertuis. Deux écluses font communiquer ces bassins avec le chenal, l’écluse Guillain pour les darses 1 et 2, l’écluse Trystram pour les darses 3, 4 et 5.

L'ensemble des ouvrages actuellement offerts au commerce présente une surface d’eau de plus de 73 hectares avec environ :2 kilomètres de quais et 95 hectares de terre-pleins; le nombre des places à quais est d’environ 73. Le tonnage maximum des marchandises qui peuvent être déposées sur les terre-pleins découverts, sans encombrement appréciable, est d’environ 100.000 tonnes, les hangars et magasins des quais peuvent recevoir en outre 170.000 tonnes de marchandises.

Nous n’entrerons pas dans les détails techniques sur la cons-

truction du port et l’aménagement des quais. Toutefois, nous donnerons les dimensions des deux écluses existantes :

Cotes Longueur Largeur Hauteur du haut radier entre chambre d’eau relativement de porte utile en mètres au 0 des cartes Ecluse Trystam. 161 m. 70 29 m. 10 m. — 5 m.

» Guillain. Hem. 20 m. 24 7 m. — () m. 85

L'écluse Trystram peut se diviser en deux parties ayant respectivement 107 et 70 mètres, elle est munie de 6 cabestans hydrauliques pour aider les mouvements des navires.

Certes, on ne pourrait plus dire avec un contemporain enthousiaste que l’écluse Trystram était établie dans des conditions telles, qu'elle « rend aisé l’accès du port, à toute marée, pour les plus grands navires connus », mais il faut reconnaître qu'après 4o ans d'existence elle est encore suffisante pour les navires qui desservent DUNKERQUE malgré l’augmentation de leur tonnage moyen. Les écluses sont manœuvrées à chaque marée de jour comme de nuit, depuis 2 heures avant la pleine mer jusqu’à 3 heures après.

Au 1* juillet 1935, la longueur de quais accostables était de 10.273 mètres pour le port proprement dit et 2.017 mètres pour le port d’échouage, environ 8.000 mètres de quais étaient munis d’engins de levage; quelques chiffres relatifs à la répartition de ces quais entre les principales marchandises transitant par notre port nous donneront une idée assez exacte du trafic et de l’activité de DUNKERQUE

Céréales D MURS à 250 mètres ou 2,5 % Testalésd ae en rate 750 » 7,5 % Hvdrocarbures terre 300 » SA Minerais et autres ..... 500 » Ds 02 00 Matières pondéreuses .. 500 » 5, % En Re RL AR MO HAN 600 » GE Lignes régulières ...... 2.990 » 30, % PASSA LOTS VANNES TES 300 » D, LU

Les conditions d'utilisation des quais affectés au commerce sont à DunkERQUE particulièrement intéressantes. Elles ont en effet correspondues en 1931 pour les céréales à près de 2.500 tonnes par mètre de quai et par an, pour les matières pondéreuses à 1.500 tonnes, pour les hydrocarbures à 2.000 tonnes ; pour les textiles particulièrement légers et encombrants à 300 tonnes. Ce dernier chiffre constitue un rendement très élevé si l’on tient compte du tonnage de jauge des navires transportant ces marchandises qui sont pour la plupart de grands cargos ou paquebots mixtes d'Australie pour les laines, des Indes pour le jute et du Golfe pour les cotons. De vastes terre-pleins sont aménagés entre les darses et à proximité des quais pour faciliter le stockage ou le dépôt momentané des marchandises. Ils ont une surface totale de 95 hectares. On évalue à 100.000 tonnes le poids des marchandises qui peuvent être déposées sur les terre-pleins sans qu'il y ait encombrement.

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