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ils ont été soumis, sont nettoyés de toute moisissure et assurés d’une meilleure conservation.
Le grain est emmagasiné dans huit silos mobiles sur voie ferrée ou dans le silo « Gaston Fichaux », situé sur le terre-plein du fond de la darse V. Ce dernier terminé le 5 juillet 1924, est un vaste bâtiment en béton armé de 42 mètres de hauteur et qui comprend 56 cellules ou caissons cylindriques de 5 mètres de diamètre, et entre celles-ci, 42 cellules carrées. Sa capacité totale est de 15.000 kilogs. On emmagasine dans ce silo 500 tonnes de grains par heure, grâce à quatre transporteurs à tapis roulants établis dans un tunnel de 250 mètres sous le quai Freycinet X. D'autre part, le silo est desservi par tout un faisceau de voies ferrées directement reliées à la gare de triage des Dunes qui se trouve tout à proximité. Les grains emmagasinés jouissent du régime de l’entrepôt fictif et restent ainsi à la disposition des destinataires réels au fur et à mesure de leurs besoins.
$ IV. -- Les magasins et entrepôts.
Les magasins et hangars couverts sont dans un port de commerce une nécessité qui découle de la puissance même de ses engins de manutention et de l’importance de son trafic. Cette nécessité s est faite impérieusement sentir à DUNKERQUE qui est par excellence un port de transit.
Les hangars et magasins sont au nombre de 30 ; ils couvrent une surface de 93.600 mètres carrés environ, tous sont accessibles aux camions et la plupart aux voies ferrées ; des auvents abritent la voie ferrée extérieure pour que les chargements se fassent toujours à couvert. On évalue à 200.000 tonnes environ le poids des marchandises qui peuvent être abritées dans les hangars et magasins.
Divers entrepôts ont été créés, nous allons les étudier sommairement.
1° L'entrepôt réel des douanes possède quatre magasins dont deux à sous-sols et à étages, avec une surface de plancher de 6.187 mètres ;
2° l’entrepôt réel des sucres a été créé par décret du 26 octobre 1895, à la demande de la Chambre de Commerce. Il comprend deux bâtiments divisés en trois compartiments par de grosses murailles pour limiter les dégâts en cas d'incendie ; il y a 36.000 mètres car-
rés de surface de plancher et peut contenir 46.000 tonnes. Des tiresacs hydrauliques servent à la manipulation. Le propriétaire déposant peut se faire délivrer un récépissé warrant ; les marchandises sont assurées par les soins de la Chambre de Commerce ;
3° l’entrepôt des laines livré au commerce depuis mars 1900 est destiné à l’approvisionnement des manufactures du Nord, Dunkerque tenant la première place entre tous les ports français pour l'importation des laines (82.000 tonnes en 1934 contre 131.000 tonnes en 1931. Cet entrepôt d’une superficie de k.45o mètres carrés peut contenir 17.000 balles de laine du format de la Plata;
4° l’entrepôt frigorifique a été installé pendant la guerre à l'extrémité du môle IL. I sert à la réception des denrées périssables telles que viande, graisse, beurre, œufs, fromage, fruits, etc... qui y sont conservés à une température voisine de i est de 3.000 tonnes de viande. L’approvisionnement se fait de la cale des navires et l’expédition a lieu directement par wagons frigorifiques ; on évite ainsi des transbordements préjudiciables à la marchandise.
Les compagnies de navigation trouvent à DUNKERQUE toutes les installations nécessaires pour effectuer les réparations et carénages des navires. Celles-ci comprennent quatre formes de radoub, dont la plus puissante est d’une longueur utile de 185 m. 50, d’un niveau de 2 m. 10 et d’une largeur de 2r mètres à ce niveau ; elle est munie d’une canalisation à air comprimé et d’une grue-tour de 4 à 8 tonnes de puissance.
Ces formes cependant ne peuvent se comparer avec celles du Havre ou de Cherbourg, elles ne peuvent servir qu’à des bâtiments de tonnage réduit, ainsi que le slip-way ou le gril de carénage qui se trouvent dans l’avant-port.
Aussi, le port possède-t-il depuis 193r un dock flottant de 12.000 tonnes, amarré dans l’anse des chantiers de France : long de 152 mètres, large de 24 m. 60, cet engin possède 2 grues électriques de 10 tonnes qui roulent sur chaque caisson. Il rend les plus grands services et le nombre des navires qui y séjournent lui permet de doubler utilement la grande forme de carénage.
Pour éviter les dangers d'incendie que constituent eux-mêmes les pétroliers ou les navires chargés de matières inflammables, en attendant la construction d’un bassin pétrolier prévu dans les travaux d’extension du port, on a aménagé une partie de la darse IV en port pétrolier en l’isolant par un barrage flottant et en créant des stations de pompage et de réchauffage avec canalisations sou-
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terraines par où s'effectuent le déchargement des navires citernes et le refoulement du pétrole aux réservoirs situés hors des installations maritimes. Il est, de plus, interdit de faire du feu à bord et un bâtiment spécial sert de cuisine aux équipages de ces navires. Grâce à cet outillage perfectionné, le port de DUNKERQUE, servi en outre par une excellente main-d'œuvre, est un port de vitesse et quelques exemples montreront quelle célérité peut être obtenue dans les opérations de déchargement de marchandises diverses.
Le 28 octobre 1935, le S/S Harmattan est arrivé au port ayant à y décharger 7.264 tonnes de maïs et graines de lin en sacs; il repartait le 31 ayant mis à quai, en péniches et wagons avec pesage, toute sa cargaison soit 116.767 sacs de graines de lin et 1.521 sacs de maïs, le tout en 3r heures de travail effectif.
Pour l’embarquement du charbon en péniches, un autre exemple : le 7 août 1935 le S/S Hébé arrivé à 8 heures repartait à 19 heures ayant chargé en 8 heures de travail, horaire normal, 2.300 tonnes de charbon pris sur les péniches.
Pour la manutention des colis lourds, DUNKERQUE a un outillage et une main-d'œuvre particulièrement spécialisée, un exemple suffira : le > mai dernier, le S/S Enseigne Marie-Saint-Germain reçoit entre 7 h. 30 et 18 heures un chargement de 8 grands wagons à bogies pesant chacun 41 tonnes, le navire partait le lendemain à midi, toute sa pontée arrimée et fixée par chantiers boulonnés, tirants et câbles.
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CHPITRE III