CONCLUSION
Quel rôle important que celui du commissaire de police, en matière judiciaire !
Sans aucun doute, il est à l’heure actuelle l'officier de police auxiliaire le plus précieux, pour les Parquets et les cabinets d’Instruction.
En contact permanent avec le public, il doit, de ce fait, tenir compte des mœurs, des usages, des traditions ; en un mot, il doit agir avec tact et doigté.
Que les jeunes dans la carrière, nous permettent ici un conseil : Si la répression des crimes et des délits doit être menée énergiquement, en revanche, on doit se montrer tolérant pour les contraventions qui offensent très rarement la morale et ne lèsent jamais les intérêts vitaux de la Société.
Les lois, les règlements, sont un corset de fer rigide ; intégralement appliqués, ils rendraient impossible toute vie sociale.
Mais, si le commissaire de police est surtout un soldat, dont le poste de combat contre l'armée du crime, se trouve en première ligne, il peut également, sans trahir son devoir, jouer un rôle préventif non moins utile et, cela, pour le plus grand bien de la paix publique.
Comment?
Par ses interventions officieuses.
Que de petits procès évités, que d’affaires délicates, productives de scandales, ne sont-elles pas résolues par cet humble magistrat, sans procédure, sans publicité !
Que de jeunes gens ramenés au travail, que de jeunes filles sorties du chemin du vice, que de parents rendus plus soucieux de leurs devoirs, après une intervention opportnne du commissaire de police.
Que de larmes de repentir ont coulé dans son cabinet ! Que de confessions poignantes n’a t-il pas entendues !
Ce rôle de conciliation et de dévouement, ce rôle de bonté, il peut, il doit le remplir,
LD
RE na
Lyon, le 14 mars 1922. Lyon, le 15 mars 1922. | Vu : Le Président du Jury, Vu : Le Doyen, | PIERRE GARRAUD. L. JOSSERAND.