NET ER
b2 LE ROLE MARITIME DU CONSUL EN TEMPS DE GUERRE
ce qui est pour eux une obligation dans les. voyages de long cours, lorsqu’ ils sont destinés pour nos colonies, en est aussi lorsqu'ils abordent dans un port étranger, qui se trouve être la résidence d’un Consul, que partout, comme dans un port
français, ils sont loyalement tenus d'observer ce que les or-
donnances et les règlements leur prescrivent du moins en tout ce qui n’est pas contraire aux lois et aux usages des pays où ils se trouvent ; que, par conséquent, ils ne doivent dans aucun cas, réclamer en leur faveur ces mêmes lois et usages lorsqu'ils sont opposés aux nôtres et prétendre d'en faire un appui contre leurs consuls qui ne peuvent avoir d'autre but que de faciliter leurs opérations et. de les diriger pour le plus"grand avantage de leurs larmateurs’et pour celui de notre Commerce et de notre Navigation en général. - Ç
Pour me bofner à l'arrondissement consulaire confié à mes soins, lequel comprend l'ancienne Louisiane, maintenant que les relations commerciales de la France avec les Etats-qui composent l'Union américaine, et particulièrement. avec celui-ci s'accroissent sensiblement tous les jours, il est de la plus haute importance que nos marins s’attachent à seconder de tout leur pouvoir les intentions paternelles du Roi et les vues patriotiques de la Chambre des Représentants qui, malgré l'exigence des circonstances et la pénurie du Trésor, ont fait tous les sacrifices nécessaires pour assurer à nos bâtiments de commerce un avantage considérable sur ceux des étrangers, particulièrement des américains, par la différence notable entre les droits établis à l'importation sur bâtiments français et ceux de même nature sur bâtiments étrangers. °
Nos marins ne peuvent, en effet, ignorer qu ia ont, dans les Américains, des rivaux aussi actifs qu'industrieux, qu’une longue habitude de la-mer et de tout ce qui tient à la Marine leur a donné jusqu’à présent un avantage réel sur nous. Ils employent moins de monde et, en général, leurs bâtiments de
. Commerce, plus fins et meilleurs voiliers que les nôtres, ont des
traversées plus courtes, d’où il suit qu'ils naviguent à moins de
ne
ri
SN
frais et beaucoup plus promptement que nous. Aussi, quoique une grande partie des négocians de cette place importante soient français d'origine, et même de sentiments à cela près des opinions politiques du moment, l'intérêt personnel, plus fort chez les hommes en général, et en particulier chez le négociant, que toute autre affection, les porte, le plus souvént, à donner la préférence pour le fret aux bâtimens américains, malgré les avantages que leur présente l'importation de leurs denrées par navires français.
‘ À cet égard, le commerce français réclame, et peut-être conviendrait-il de lui accorder de plus amples faveurs en encourageant notre Marine marchande, pour ainsi dire renais-
|. sante, par de nouvelles et plus fortes restrictions sur celle des
Etrangers dans nos ports. Mais, d'un autre côté, si notre commerce maritime a besoin d’être protégé et encouragé par le Gouvernement, pour qu'il puisse soutenir la concurrence avec les Américains et les autres nations commerçantes, il est à crain-
‘dre, et nous devons tâcher d'éviter, que nos armateurs et nos
marins ne se fient plus sur cette protection, pour le succès de leurs entreprises et l'avancement de leurs affaires, que sur leurs
propres efforts, les uns pour améliorer et simplifier tant la * construction que l'armement de leurs navires, les autres pour .se perfectionner, par une pratique assidue, dans toutes les con-
noiïssances qui leur sont nécessaires. I] y va non seulement de
. 1 A LR ) .
l'intérêt et de la prospérité de notre Commerce, mais encore
de la sûreté future, de la gloire et de la puissance de l'Etat.
En effet, des Capitaines zélés, actifs et intelligents pourront seuls former de bons matelots et c’est dans sa Marine Marchande que la France doit un jour et quand il en sera besoin, pui: ser ses principales ressources pour la Marine Militaire.
J ai l'honneur...
Signé : GUILLERMIN.